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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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viii.

Le régnéde Mo-hammedV. sultanSeljucidedel’lrm.

LeViftr

trompé.

Exemplede ferme-té.

Rare gé-nérosité.

120 HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chap. II.

Mohammed avoit pour Visir Dhia al Molk , fils du fameux Nezam aïMolk , assassiné fous le régné de Malek Shah: ce Ministre fe brouilla avecAlao'ddaivlat Prince de Hamadan, qui prenoit le titre de Saïd ou Seïd (*),qui fignifie Seigneur , & est consacre à ceux qui sont de la race de Maho-met. Cherchant à se venger de ce Prince, Dhia al Molk proposa au Sul-tan , que s’il vouloir lui permettre de faire rendre compte à Alao''ddawìat,il feroit porter cinq-cens-mille écus d’or dans le Trésor Royal. Le Sultanlui accorda fa demande. Le Seid avoit des amis à la Cour , qui l’averti-rent promptement de ce qui se tramoit contre lui. Cette nouvelle le fit par-tir en diligence, & il se rendit à Ispahan sans que le Viíir en eût lamoindre connoissance: ayant trouvé moyen de se jetter aux pieds du Sul-tan , il lui représenta l’injujìice qu il alloit commettre , en abandonnant unPrince de la maison de son Prophète entre les mains d'un infidèle & d’un héré-tique , tel quêtait le Vifir. II ajouta que fi c était l’argent que ce Ministre luiavoit offert, qui lui avoit f ait prêter ï oreille à ses injustes propositions, il s’en -gageoit à lui donner huit-cens-mille écus d'or, c’est-à-dire trois-cens-mille de plusque le Vifir envieux n’avoit offert , pourvu que le Sultan lui fît remettre Dhiaal Molk entre les mains , b qu il lui fût permis de lui faire rendre un compteaufst exaïï b auffi rigoureux qu’ïl voudrait.

Cette proposition ayant été acceptée par le Sultan (*), le Seid s’en re-tourna chez lui, accompagné d’un Officier, chargé de recevoir l’argentqu ií avoit promis. Etant arrivés à Hamadan, l’Officier s’attendoit que leSeid lui feroit de grands honneurs, & le logeroit dans le Palais ; maison lui fit savoir qu’il n’avoit qu a chercher un logement dans l’Hôtelle-rie publique, & y vivre à ses dépens, en attendant qu’on eût levé lasomme promise, oc qu’on le feroit avertir quand elle feroit prête. L’Offi-cier offensé de ce traitement commença par des plaintes, & en vint en-suite aux menaces ; mais le Seid, prenant un ton d’autorité, lui dit : fi vousn'êtes sage, je vous ferai pendre J'ur le champ à la porte de votre logis, £? jen'aurai qu'h ajouter cent-mille écus à la somme que je me fuis engagé à donnerau Sultan , dont il pourra acheter mille esclaves, dont le moindre vaudra mieuxque vous. L’Officier, qui étoit effectivement un des esclaves du Sultan,entendant Je Sdid parler d’un ton si ferme, prit le parti d’attendre pa-tiemment quarante jours dans le Caravansera, & Alao'ddin trouva danscet espace de tems la somme promise, sans emprunter à gros iiitérêt, &fans aliéner aucun de ses effets.

Quand la somme eut été portée au Trésor Royal, on livra le Visir auSeid pour en faire ce qu’il lui plairoit; mais ce Prince donna dans cetteoccasion l’exemple de la vertu la plus noble, & Ja plus rare parmi leshommes : au lieu de fe venger de son ennemi, ou au moins de lui fairepayer la somme qu’il avoit été obligé de donner au Sultan, ii ]e traitaavec tant d’honnêteté & de générosité qu’il le rendit son meilleur ami;

. fui-

(*) Ou Seyd: c’est de-là que les Espagnols ont fait Jeur Cid.

(|) Cette sorte de trafic s’est souvent pratiqué de notre teins par le samenx Muley L'ïïiaëlt Empereur de Maroc.