HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chap. II. 125
& le Khorasan. Hujseyn étoit entré dans cette derniere Province, à la Sectiontête dune grosse armée, pour en faire la conquête: Sanjar marcha à lui, VIII.le défit, & le fit prisonnier avec Ali Cheteri , son Général. Comme Ali Saiíjarétoit né sujet de Sanjar, & qu’il avoit été autrefois comblé de ses bien- vi. Sultanfaits, il fut puni de mort à cause de son ingratitude. Mais le Sultan ren- Seljucidevova peu après Hujseyn dans le Pays de Gaur, pour le gouverner fous son áe ‘’ lran -autorité. -
L’an 548 de lTIégire, le Sultan se porta contre son inclination à vou- £«Tur-loir châtier les Turcomans, qui refusoient de payer le tribut ordinaire de romansmoutons (*) auquel ils étoient obligés:il fut défait avec toute son armée, tJnprìjm-& fait prisonnier par cette canaille au grand déshonneur de toute la mai- mer.son de Seljûk , qui étoit íi fort révérée par toutes les Nations Turques (f).
Les Turcomans ne sachant que faire de la personne d’un si grand Prince,le plaçoient pendant le jour sur un Trône, & l’enfermoient la nuit dansune cage de fer. Ce Prince passa quatre années dans cette captivité,c’est-à-dire jusqu a saturée 551 , de J. C. 115Ô, que la Sultane TarkanKhatûn, qui gouvernoit ses Etats pendant son absence, étant morte, ilrésolut de se délivrer des mains des Turcomans.
Pour exécuter ce projet il se servit de s Emir Elias, un de ses confi- n ft ft-i-dens, qui lia une intelligence secrette avec l’Emir Ahmed Komaj, Gouver- ve par unneur de Termed, qui fit tenir des bateaux prêts fur le Gihon, pour pas- ft rata £$-fer le Sultan quand il arriveroit fur le bord en chassant. Le stratagème me ‘réussit parfaitement; le Gouverneur reçut & traita magnifiquement le Sul-tan dans son château , & ayant assemblé le plus de troupes qu’il put , ilconduisit ce Prince à Maru , Capitale du Khorasan , où Sanjar faisoit or-dinairement son séjour. Le Sultan trouva cette ville, & tout le Pays paroù il passa , dans un si triste état, par les incursions des Turcomans pen-~dant son absence, qu’il tomba dans une noire mélancholie,& ensuite dansune maladie (j) dont il mourut en 552 , 1157 de J. C. (a).
Suivant le Lebîarlkh, il étoit âgé de íbixante-douze ans, dont il en avoit Sa Mort.régné soixante-deux, y compris les vingt années qu’il avoit régné dans le
Ivho-
(«) Khonclemir, ubi íup. p. 756.
(») La cause de cette guerre est rapportée d’une façon un peu différente dans le Lehta•rikb. Cet Historien dit que les Gazes ou Turcomans, ayant passé le Gihon, fur .la findu régné de Sanjar , fe trouvèrent réduits à une grande mifere ; que cependant le Sultanrésolut de marcher contre eux, mais qu’ils demanderent la paix de la maniéré la plushumble, chaque famille offrant une piece d’argent; que le Sultan en fut content; maisque les Grands de fa Cour, ayant empêché la conclusion du Traité, on attaqua les Tur-comans.
(f) Dans l’articie á'Atsiz , Mr. D'IIerbelot met cet événement au commencement durégné de Sanjar, mais il ne paroît pas fur quelle autorité; car quoiqu’ìl cite Khondemir ,c'est en bloc avec les autres Auteurs à la fin de l’articie, & non fur le fait particulier,comme il le pratique ailleurs. II dit là que pendant la captivité du Sultan, dtsœ. gou-verna l’Etat, copjointement avec Mabmûd „ neveu de Sanjar.
(•10 Suivant le Nigbiarisian (1) & Abulsarage , il fut attaqué d’une colique, accompa-gnée d’un cours de ventre & de vomisiemens.
(O D'Hiríelot, p. 757, p. 2.JÍ,