148 HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II; Chap, IV.
Section Roum, c’est-à-dire des Romains , ou pour mieux dire des Grecs, dont les' ' I. _ Empereurs , en qualité de successeurs des Empereurs Romains', Conserve-rent le titre de Romains, quoiqu’ils eussent transféré le siégé de FËmpIre'menti .c âe Rome à Constantinople, & qu’ils fussent dans un sens propre les Sou-1 (les Selju- verains des Grecs, qui étoient d’ailleurs la feule des deux nations qui leurcidçs Je. Tut soumise, l’ítalie & les Provinces d’Oceident leur ayant été enlevéesRoúm. il y avoit longtems.
^—r“ IL ne faut pourtant pas s’imaginer fur le nom, que cette Dynastie de
de fcurcL Sultans portoit, qu’ils fussent maîtres de tout l’Empire Romain ou de toucminafion. le Pays des Romains; nullement: c’étoit-là une gloire réservée aux Otho-mans, qui sortirent des ruines des Seljucides, & succédèrent à leurs Etats,qui lé bornoient en général à l’Aste Mineure , ou plutôt à une partie dece Pays, fous le régné de tous les Sultans de cette branche des Seljucides,fi l’on en excepte deux ou trois, qui porterent leurs conquêtes au-delà deces bornes à l'Orient & au Midi, ce qui n’empêcha pas ces Pays de fairetoujours partie de la Monarchie Romaine.
Les Arabes, qui étoient la Puissance la plus formidable avant les Turcs,avoient enlevé aux Empereurs Romains tout ce qu’ils possédoient en Afri-que &en Aile,à l’exception de l’Aste Mineure;dont les parties orientalesdu côté de l’Euphrate avoient été cependant entre leurs mains pendantTefpace de plus de cent cinquante ans: mais quelque tems avant que lesSeljitcktes. parussent, les Empereurs avoient repris fur les Arabes la plu-part des villes qu’ils tenoient dans-ce Pays ,• à la réserve dune partie dela Grande Arménie: ces Princes ne conservèrent pas cependant longtemsce qu’ils avoient reconquis, les Seljucides s’en étant bientôt emparés.
Asie Mi- L’AJìe Mineure, que les Grecs modernes nomment communément Ana-neure.Sontolé ou Anatolie , & d’autres de même que les Turcs par corruption Na-étendue, tolie, estime grande Péninsule dans l’Occident de l’Aste. Elle est bor-née au Nord par -le Pont Euxin-& la Propontide, au Couchant par !'Ar-chipel , au Midi par r la Mer Méditerranée, & par la Syrie-, & au Le-vant par le* Pays des Lazt ou K-tirti , & par l Euphrate. Elle est en-tre les 3 6 & 42 degrés de Latitude, & les 44 & 58 degrés de Longitu-de 1 à compter de l isse de Fer ; elle a de longueur de l’Occident à l’O-rient six-cens-quarante milles,& du Midi au Nord trois-cens-foixante mil-
Décaden-ce de lapuijfanceeies. Ara-bes.
les de-largeur.
Pi;o-~ Dans le tems que les 1 ures Seljucides commencerent à envahir l’Astevihcés ^ Mineure, elle étoit divisée à peu près, comme anciennement,en douze
ì grapdes ^rô.yincéstoutes maritimes, à T exception de quatre; & qui,en.commençant par les plus Orientales, font le tour la Péninsule dansTordre suivant: L t Pont, h Raphia gonie & la Bithynie, le long du Pont' u j : jEuxin; h-My/ie dans laquelle est l 'Eolie; \’Jonie& la Carie sons baignées.'.par T Archipel : la Lycie , qui comprend la Mylie , la Pifidie, qui com*- - —- prend la Ramphilìe' Sc- la Cilicle 'sdnç surssu-Méditerranée : }és quatre Pro-' -" v vin ces intérieures font la Lydie , la Phrygie, qui comprend la Lycaonie ScVìfailtiè /'la Cappadóccl qui comprend TArtiiènìe mineure Sc la Càtaonìe; &,ir J ‘àG.ilatie. ‘Les trois premieres s’étendent vers T Orient, dans le meme
parai-