HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chap. IV. 161
ratice se rendit maître de Sinope, où il avoir appris qu'il y avoir de gran-des richesses (a).
On ne peuc recueillir de l’Historien Grec la date précise de cet événe-ment , mais il faut que ce soit entre les années 1081 & 1084 : car nousapprenons d 'libn Amid , Historien Oriental, qu’Antioche étoit en la puis-sance de Soliman fils de Kotolmish , l’an de THégire 477, de J. C. 1084.Cet Historien le dit en parlant de la mort de Sharfó’ddawlat , filg de Ko-rays , Seigneur d’Alep & de Mosul, qui, s’étant avancé avec son arméepour conquérir Antioche fur Soliman , fut mis en déroute & tué (b).Nous sommes redevables au même Auteur de la date précise de la mortde Soliman , qui arriva Tannée suivante. Car Sultan Tajo’ddawlat, Souve-rain de Damas , ayant appris le malheur de Sharfo'ddawlat , marcha à latête de ses troupes, Tan 478 de THégire, 1085 de J. C. accompagné duTurcoman Ortok, pour attaquer Soliman Prince d'Antioche; il se donnaplusieurs combats entre eux fous les murs d’Antioche, dans le dernier des-quels Soliman fut tué, & son armée mise en déroute (c).
Anne Commue confirme ce fait ,quoiqu’elle rapporte la mort de ce Prin-ce un peu différemment. Elle dit que Tutuse, c’efl ainsi que les Grecs ap-pellent Tatash , surnommé Tajo ddawlat , frere du grand Sultan (*) , quipossédoit la Mésopotamie avec les villes de Jérusalem, d’Alep & de Bag-dad (f) , brûlant d’envie de réduire la ville d’Antioche sous fa puissance,s’avança avec son armée contre Soliman ; les troupes de celui-ci furent mi-ses en fuite, & n’ayant pu les rallier, il se retira lui-même. Les Officiersdu parti contraire lui vinrent dire que son oncle Tutuse le demandoit , ils’excufa d’abord d’y aller , sachant qu’il avoit tout à craindre s’il tomboitentre les mains de son ennemi ; & comme on le pressoir, & qu’il crai-gnit qu’on ne lui fît violence, il tira son épée & se Tenfonça dans le corps.Ceux de ses soldats, qui étoient échappés de la bataille, prirent parti par-mi les troupes de Tutuse (d). Voilà la mort de Soliman , avec toutes sescirconstances, positivement attestée par deux Historiens, dont l’un estOriental.
Soliman étant mort en Tannée qu 'Elm Amid marque, doit avoir régnéonze ans ; mais la date de fa mort, & celle que nous avons affignée pourle commencement de son régné , sont contredites par d’autres Historiensd’Orìent & d’Occident. D’Herbelot assure que Khondemir , & presque tousles Historiens Orientaux qu’il a consultés , s'accordent à mettre la mortde ce Sultan en Tannée 500 de THégire ou 1106 de J. C. (e) , ce qui estvingt ou vingt & un ans plus tard, & qu’ils lui donnent vingt ans de ré-gné, en fixant le commencement en 480. C’elt là une grande différence,& d’autant moins aisée à concilier, que Khondemir fait commencer son ré-gné
(a) Ibìd. L. VI. Ch. 7. {d) Ann. Comnen. in Alex. L. VI. Ch. 7.
G) Ebn Amid, Hist. Saracen. p. 352. (O D'Herbclot , p. 822. art. Soliman ben
G) Ibid. p. 353. Coutoulmhb. & p. 801. art. Selgiukian.
G) II étoit frere de Malek Shah , troisième Sultan de l’Iran.
U) C’est peut-être une méprise, pour Damas.
Tome XI/IL. X
SlíCTIOK
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Le rognede Soli-man , LSultan deRoum.
II est tuédans unebataille .
Te m s defa mort,rapportédifférem-ment.