l68 HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Ciia?. IV.
Section Aussi-tôt que Tzakas fut de retour à Smyrne , il fit bâtir des barques,III. des galères à deux & à trois rangs de rames ,& d’autres vaisseaux légers
U régné p r0 p res à aller en course, dans le dessein de courir les mers. L’Empereurf ÏÏ r envoya une puissante Flotte fous les ordres de Dalafine pour le combat.II Sultan tre , & écrivit en même tems au Sultan (Iíilj Arflan fils de Soltman) pourde koum. l’anìmer contre son gendre , en le lui dépeignant comme un homme qui
■-afpiroit à l’Empire. Le Sultan marcha d’abord avec ses troupes, & arri-
J/ÍL va à Avido, que Tzakas affiégeoìt, presque aulìi-tôt que DahjTenc. Com-L Sultan, me la Flotte de Tzakas n’étoit pas encore équippée , i! n avoit point devaisseaux, & ne pouvant rélister en méme tems à TEmpereur & au Sul-tan il résolut d’aller trouver le dernier, ne sachant point combien il étoicaigri contre lui. Le Sultan le reçut avec de grands témoignages d’ami-t\é le fit dîner avec lui selon sa coutume ; mais dès qu’il vit qu’il avoirtrop bu , il tira son cpée , & lui en donna un coup dans le côté , dont iltomba mort à terre (a).
Soin de A peine l’Empereur étoit-i] delivre de cet ennemi, qu’il se vit obligé deïllmpe- marcher contre les Comanes , qui continuoient à faire des courses fur sesreurpour te ‘ reá • les Turcs profitèrent cependant de cette occasion pour ravager iamettre ia ^ 'le. Quand la guerre fut finie Alexis pensa à mettre à couvert le Paysìnllíreu. renfermé entre le Sangare & la Côte de la Mer, qui s’étend vers un lieunommé Célé , parceque ce Pays étoit continuellement exposé aux coursesdes Turcs. II trouva un fossé fort profond, que TEmpereur Amfia.se avoirfait creuser autrefois , pour faire écouler l’eau du marêts Baanom. Alexiscommanda de nettoyer ce canal & de le creuser bien avant ; mais parce-qu’il apprehendoit que par succession de tems il ne devînt guéable, il éle-va fur le bord une Citadelle extrêmement forte, qui fut appellée la Cssa-dclle de fer , & fervoit de défense à la ville de Nicoméde.
C ro isés. L’Empereur ne s’étoit presque pas encore reposé de cette fatigue, lors-Leuvî que Pierre YHermite , Auteur de la Croisade ou Guerre Sainte, arriva àcruautés. Constantinople avec quatre-vingt-mille hommes, pour recouvrer JérusalemA de T C sor les Turcs. L’Empereur lui conseilla d’actendre Codifrui de Bouillon &ioo(5. ' les autres Princes croisés; mais Pierre plein de présomption passa la mer,& sc campa proche d’une petite ville nommée Hélénopolis. II y avoìt aveclui dix-mille Normans, qui firent une incursion juíqu’à Nicée, & commi-rent les plus horribles cruautés;la garnison de cette ville fit une sortie sureux , & les obligea de se retirer ; lis se rendirent ensuite maîtres de Xeri-gorde; mais le Sultan y envoya Elkan (*) avec quelques troupes, qui la reprit.Juiïementì ° Comme ce Général savoit que les François étoient fort avares, il sepunis. ‘ servit d’une ruse pour les perdre. II leur dressa d’abord une embuscade,& ensuite envoya deux hommes fort adroits à f armée de Pierre , pour ypublier que les "Normans s’étoient rendus maîtres de Nicée, & qu’ils ysaisissent un butin inestimable : le bruit ne suc pas plutôt répandu , que lessoldats coururent tous vers Nicée en désordre, tomberent dans Tenseuse
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(a) Ann. Comnen. L. IX. Ch. I & 3.
(*) C’cst vraisemblablement le même Elkar.e dont il a été parlé ci-dcííus. j