HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chai*. IV. 169cade que les Turcs leur avoient dressée proche d’un lieu nommé Dragon, Sectiou& furent taillés en pieces. Le nombre de ceux qui périrent de part & j^n-vned’autre fut si grand, que leurs corps ayant été portés en un endroit y fi- *xilj Ar-rent une montagne. , slanl.//.
Les autres Princes Croisés étant arrivés peu après, ils traverseront le SultandeDétroit & passerent à Civitot , à f exception de Boëmond, qui marcha par Roum ‘la Bithynie vers Nicée, que les Confédérés investirent. Le Sultan en- p r en-voya quelques troupes pour harceler les Chrétiens, mais elles furent mi- nm Ni-ses en fuite, & le lendemain le Sultan lui-même fut défait. Ce Prince , cée.considérant la multitude des ennemis qui l’attaquoient, manda aux habi-tans de Nicée de pourvoir â leur fureté, comme ils le jugeroient à pro-pos. L’Empereur Alexis , qui étoit campé à Me/ampele , proche de laville de Pelecans , parcequ’il ne fe foucioit pas de fe joindre aux Francs, -. _ -
qu’il regardoit comme des gens fans foi , ayant appris que le Sultan faifoitentrer dans la ville des hommes & des vivres par le Lac (*), il leur con-seilla de l'attaquer de ce côté-là ; pour cet effet il ramassa quantité de ba-teaux, tels que le Lac, qui n’est pas fort profond, les pourroit porter,
& les ayant fait conduire du côté qui est opposé à l’Ile de Chio, il lesremplit de soldats commandés par Butumite.
Les Commandarís des Turcs furent si consternés à cette vue, & par un Défaite du.assaut général que les Francs donnerent en même tems, qu’ils rendirent . Sultan 'la ville à Butumite, fur la promesse qu’il leur fit d’une amnistie générale,
& de.grands honneurs pour la sœur & la femme du Sultan , que l’on difoitêtre fille de Tzakas. Ce Général envoya par la voye du Lac la garnisonà l’Empereur.
Immédiatement après , farinée des Croisés marcha vers Antioche enSyrie, l’Empereur y joignit un corps de troupes, commandé par Tacite;
& au bout de deux jours ils arrivèrent en un endroit nommé Leuca', oùils trouvèrent à propos de fe séparer, & de laisser prendre les devants à.
Boëmond, comme il le fouhaittoit. Les Turcs le découvrirent dans la tcpj,plaine de Dorylée, le chargèrent rudement, & lui tuer en t quarante deses plus vaillans hommes, & ayant été lui-même dangereusement blessé,il fut obligé de revenir joindre f armée. Comme ils marchoient ensuitepar bandes, ils rencontrèrent proche d’un lieu nommé Ebraik le SultanTanisman (f) & Hajsan, qui menoit seul quatrevingt-mille hommes. Lecombat fut fort opiniâtre, mais Boëmond s’étant apperçu que les Turcs fai-foient paroître plus de vigueur que leurs ennemis, fondit comme un lion,avec f aile droite qu’il commandoit, fur le Sultan Kliajìlan , ou Kil j Ar -Jlan (|), & obligea les Turcs à tourner le dos. Les Francs rencontrè-rent
(*) Qui est entre Nicée & le Golphe de Moudanie ou Cianique des Anciens, dans le-quel il se déchargé par le moyen d’une riviere.
(t) Les Historiens Grecs donnent souvent le nom de Sultan, sans distinction, à tousles Généraux, aussi bien qu’aux freres des Sultans.
(f) Les Historiens Latins des Croisades font Soliman Sultan de Nicée en ce teins-ii;mais nous avons déja prouvé par les Grecs & les Orientaux, qu’il étoit mort quelquesannées auparavant.
Tome XVII, Y