i 7 4 HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Ciiap. IV.Sbction Cappadoce, ayant appris Jes cruautés des Romains, vint à la tête de1V ^ vingt-quatre-mille hommes assiéger cette ville. Filocaìe , qui étoit rusé,de Saysan n a y ant: p'âs des forces suffisantes pour tenir la campagne, défendit auxIls. Sultan habitans d’ouvrir les portes, de paroîcre au haut des murailles, ni de fai-Roum. re le moindre bruit. Hajsan ayant été trois jours devant la place, fansavoir vu paroître personne, il crut que les assiégés n’avoient ni assez deforce m assez de courage pour faire des sorties. Ayant donc divisé sonarmée, il en envoya dix-mille hommes à Kelbiane , une autre partie versSmyrne , & une troisième vers Cliara & Pergame , avec ordre de ravagerle Pays, & lui-même suivit avec une autre partie. Filocaìe n’eut pas plu-tôt vu les Turcs ainsi divises, qu’il les envoya attaquer les uns après lesautres. Ses troupes défirent les deux premiers détachemens, & en tuerentun grand nombre ; mais ils ne purent atteindre les autres, qui avoienttrop d’avance fur eux.
Saysan Quelque tems après Amlr Saysan partit d'Orient pour ravager Philadel-fait la phi e A j es villes maritimes. L’Empereur , en ayant eu avis, envoya unP MX ‘ petit corps de troupes par le Scamandre à Endromit & à Thracejton , atten-[iio 3.] dre ses ordres. Gauras commandoit alors à Philadelphie avec une forte gar-nison , & Monajìras à Pergame. L’armée que le Sultan de Khorasan en-voyoit, s’avançoit en deux Corps, l’un traversa le Mont Sina, & l’autreentra dans l’Asie Mineure. Gauras se mit en campagne pour attaquer lesecond, & l’ayant rencontré près de Kelbiane il le mit en déroute. Quandle Sultan (*) qui les avoit envoyés apprit la nouvelle de leur défaite , ilenvoya des Ambassadeurs à l’Empereurj ce Prince, après leur avoir fait plu-sieurs questions touchant le Sultan leur Maître (f), conclut la paix avec eux.Nouvelle II y avoit peu qu 'Alexis goûtoit la douceur du repos , qu’il fut troubléirruption par une nouvelle irruption de cinquante-mille Turcs, venus d’Anatolie &des Turcs, même du Khorasan. L’Empereur passa le Détroit qui sépare Constat!tino-[nop.] pl e de DamaliSy aujourd’hui Scatari-> & quoiqu’il-eût la goutte, il montasur un chariot, qu’il conduisit lui-même. Le troisième jour il arriva à Ai-gyle , où il s’embarqua pour Civitot (f). A peine y fut-il arrivé, qu’il ap-prit que les Chefs des ennemis avoient partagé leurs troupes en plusieursCorps , que les uns dévoient faire le dégât aux environs de Nicée , queMonolique devoit ravager les cotes de la Mer , que d’autres avoient déjaruiné le Pays autour de Pruse,_d’Apolloniade & de Lopadion, & qu’ils a-voient emporté la ville de Cyzique d’assaut , fans que le Gouverneur eûtfait la moindre résistance. Que les deux principaux Sultans Iíontogme &Amir Mahomet étoient allés à Poemanene par le Pays des Lentkns , avec une
mul-
(*) Dans le titre du Ch. 5 du Liv. XIV. à!Anne Comnene , il est appellé Sultan Sayfan tmais il n’étoit pas Sultan du Khorasan ; & immédiatement auparavant elle lui donne lsiìmple titre d’Amir.
(t) L’Historien ne dit rien de ce qui regarde ce Prince, & ne le nomme pas feulement.
Ou Civieo ,c’étoit le port de Nicée ,avec un château qui commandoit la ville; il enest Couvent fait mention dans les Hiítoriens des Croilades, mais ils n’en marquent pas lasituation; il étoit peut-être ptès de Khtus, Kius ou Kio, à présent Jemltk, sur le Golphedé Moudanie, ou Montante.