HISTOIRE CENERALE DES TURCS. Liv. II. Chap. IV. 175multitude innombrable de femmes 6c d’enfans (*) à qui ils avoient sauvé Sectionla vie: que Monolique ayant passé le fleuve Barene, qui tire sa source de la 1V *montagne à’ibibe , comme le Scamandre , l’Angilocomete , l’Ampele & ^ sáyfanplusieurs autres , étoit tourné du côté de Paréon , & qu’il avoir passé par jjj. 5 h umAvido, Endromit & par Cliara, avec un grand nombre d’efclaves, fans y de Roum.répandre de sang. , _ 11
Alexis chargea Camytze, Gouverneur de Nicée, de suivre les Turcs avec Bs fontcinq-cens hommes,'pour les observer, sans en venir aux mains avec eus.
Camytze rencontra tous les Sultans (f) , & oubliant ses ordres il les char-gea rudement. Les Turcs, qui avoient ouï parler de la marche de l’Ern-pereur, crurent que c’étoit lui qui venoit fondre fur eux avec toutes sesforces, & prirent la fuite ; mais ayant appris par un prisonnier qu’ils s’é-toient trompés, ils se rallièrent, & ayant trouvé Camytze , qui partageoitle butin, au lieu de le mettre dans Poemanene, ils f attaquèrent à la poin-te du jour ; tous ses soldats tournèrent le dos, à la réserve des Scythes, desFrançois & de quelques Romains , qui combattirent fort vaillamment ;mais la plupart ayant été tués, & son cheval blessé, il s’appuya contreUn chêne , où il se défendit avec son poignard contre tous ceux qui ve-noient l’attaquer , tuant les uns & blessant les autres. Les Turcs surprisd’une fl rare valeur, & souhaitant de lui sauver la vi z, Amir Mohammed mitpied à terre, écarta ceux qui se battoient contre lui, & lui dit, Don-nez-moi la main & préférez la vie à la mort. Camytze , ne pouvant résisterseul à une fl grande multitude, donna la main à Mohammed , qui le fit liersur un cheval de peur qu’il ne s’enfuît.
L’Empereur s’étanc douté du chemin que prendroient les Turcs, en prit Et défaitun autre , & ayant passe par Nicée & au travers de Malagna & de Basi- /wAlexis,lique, qui font deux passages fort étroits du Mont Olympe, il se rendit àAletine & de-là à A croque pour devancer les ennemis. II apprit-là qu’ilsetoient campes sans une vallée pleine de roseaux, où ils croyoienc n’avoirrien à craindre ôí pouvoir le mépriser impunément. II fondit sur euxavec toutes ses forces, en tua un grand nombre, & fit beaucoup de pri-sonniers. Les autres tâchèrent de fe sauver en se cachant sous les roseaux ;
& comme ses soldats ne pouvoienc les approcher à cause de fhumidité duterrain & de l’épaisseur des cannes, Alexis y fit mettre le feu par un bout;
& les Turcs s’enfuyant pour éviter les flammes tomberent entre les mainsdes Romains, qui en firent passer une partie au fil de l’épée, «St emmenè-rent les autres.
Amir Mohammed, ayant été joint par les Turcomans & par quelques au- AmirMo-sses Peuples de l’Aíie Mineure, parut dans le mêmetems pour combattre hammed1 Empereur ; & quoiqu'âÊ s’ouvrît un passage par la défaite de ceux bam ‘-flu’il poursuivoit , cela n’empêcha pas Mohammed d’arriver à l’amere-garde, conduite par Ampelas & Tziparelc , qui coururent à toute bride fur... les
r i r r ^Presailles jes cruautés exercées par les Grecs.
. ,V \ Gomme s’il y avoir alors plusieurs Sultans dans l’Aíìe Mineure. Mais nous avons. lîT/ qKé qne , les Grecs ne distinguent point entre Sultan & Anúr ; souvent ils met-tent mal-à-propos l’un p 0U r l’autre.