HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. IL Chap. IV. iSrq u il étoit le quatrième: c'est ce qui s'accorde avec le calcul de l’Auteurdu Nigbiaríjìan, qui compte quinze Sultans, contre le sentiment généraldes Historiens Persans ; ces Historiens mettent le commencement du régnéde Majsud, comme troisième Sultan, en l’année 500 de l'Hégire, de J. C.
Iio6 : mais s’il étoit le quatrième, il faut placer le commencement de sonrégné plus bas; & en supposant qu il succéda à son frere Saysan , après sa-voir fait mourir, suivant le témoignage à'Anne Comnene , il aura commen-cé à regner lan de J. C. inó , de l’Hégire 513.
■ D'Herbelot ne nous fournit rien d’après les Auteurs Orientaux, que lafeule circonstance marquée ci-dessus, qui ne sert qu’à contredire le Sys-tème qu’il a adopté, & à appuyer le nôtre. Abulfarage ne rapporte austique deux faits touchant Majsùil; mais les Historiens Byzantins suppléentencore ici à ce qui nous manque d’ailleurs, & nous y trouvons bien desMatériaux pour l’Histoire de ce régné.
, L’Empereur Jean Comnene , qui avoir succédé à Alexis , voyant que lesTurcs (’*), au lieu d’entretenir les Traités faits avec son pere, saccageoientplusieurs villes de Phrygie aux environs du Méandre, marcha contre eux& les défit, prit la ville de Laodicée & la ferma de murailles; après quoiil revint à Constantinople, où il ne demeura pas longtems: il en repartitpour réduire fous son obéissance Sozopolis en Phrygie. Mais parce qu’elleétoit défendue par une forte garnison, & par les précipices dont elle étoitenvironnée, il ordonna à quelques troupes de se tenir à une certaine dis-tance òí de tirer de loin sur les habitans. II les attira par-là en rase cam-pagne comme l’Empereur s’y attendoit, & pendant qu’ils pourfuivoientles Romains, qui faifoient semblant de fuir, ils furent coupés par des trou-pes qui étoient en embuscade; par cette ruse la ville tomba entre les mainsde l’Empereur. U réduisit ensuite un Fort, nommé la tête de l’Epervier,(k diverses autres petites places, dont les Turcs s'éroient emparés (a).
Quelque tems après il entra en Paphlagonie, & fe rendit maître deCastamone; mais étant retourné à Constantinople, Tanisman , 'Pure deCaopadoce, dont on a parlé fous le régné précédent, reprit cette ville &passa la garnison au fil de l’épée. L’Empereur en ayant eu avis, marchade nouveau de ce côté là, mais quand il fut arrivé devant la place, iltrouva Tanìstnan mort, & que Mohammed, qui étoit brouillé avec Masût ,Gouverneur de Cogni (f), en étoit maître. II s’allia alors avec Ma fût,A ayant reçu de lui du renfort, il marcha contre Mohammed ; mais cedernier engagea le Sultan à rappelier ses troupes, desorte que l’Empereurfut obligé de ne se servir que de ses forces. 11 ne laissa pas de reprendreCastamone, & d’assiéger Gangres, puissante ville du Pont, qui avoit étéprise un peu auparavant par les ennemis. En ayant battu d’abord les mu
rail-
(<7) Nicetas, Hist. de Jean Comnene Ch. III.
, ^ , ci Per r„ & généralement il leur donne
(*) Nicetas, que nous suivons, les no renient de Perse tomber sur l’Empire,
ce nom, soit parce que les Turcs vinrent origuv
soit qu’U crût qu’ils en venoient encore. -, /-; ouverneur ,
G) Ici Ma/Ut . ou Majsud , qui étoit Sultan, est qualifié Gouverneur.
z 3
Section -
V.
Lc régnéíîfMaíTûd,IF. Su 1 1 ande Rourn.
L'Empe-reur ferend maî-tre de So»zopolis.
1120. -
Ej de Cas-tamone.
Et deGangres.