iS2 HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chap. IV.Section railles inutilement, il fie dresser fur une hauteur, qui commandoit la place,v - des machines avec lesquelles on lança de grosses pierres, qui ruinaient lesíseMassûd uaLisons, ce qui obligea les habitans à se rendre; il laissa deux-mille hom-ÏF Sultan en garnison dans la ville, & s’en retourna à Constantinople avecde Rouin. quantité de prisonniers.
“—— II déclara bientôt après la guerre à Léon. Roi de la petite Arménie (*)
11 attaque - - ~
/'Armé-nie.
[1130.]
Et laSyrie.[1132.]
qui s’étoit emparé de plusieurs places & ail égeoit Séleucie. L’Empereurgagna fans combat les Pas d’Arménie, & non content de s’être emparédes villes d’Adano & de Tarse, il entreprit la conquête de tout le Royau-me, & emporta quantité de Forts par composition ou d’affaut, entre au-tres Boka, situé fur un roc escarpé. II alla ensuite assiéger Anazarba , villefort peuplée, assise aussi sur un roc fort escarpé, & entourée de fortes mu-railles. Après avoir battu la premiere muraille, & être entré par les brè-ches, il y eut beaucoup de sang répandu à la seconde; les principaux Ar-méniens s’étant réfugiés dans cette ville, firent une vigoureuse résistance,cependant la ville fut enfin prise.
II marcha ensuite en Syrie, où il prit Pise sur l’Euphrate, Serep, Ka-ferda & Istrie; mais il fut obligé de lever le siégé de Sezer (f) , & revintà Antioche. En s’en retournant il marcha en ordre de bataille, & envoyaune partie de Ion armée ravager les environs de Cogni, pour se vengerdes courses que les Turcs avoient fait fur ses terres pendant son absence (a).II défait Très peu de tems après l’Empereur passa en Asie pour chasser les Turcs/«Turcs q U i faisoient le dégât fur les rives du Sangare, & après les avoir dissipés,en pin. g ’ avan ç a vers r Arménie, pour arrêter leurs courses dans cette Province,fions. ' & pour réprimer l’insolence de Constantin Gauras , qui s’étoit emparé de[1135.] Trébisonde, & y avoit établi une domination tyrannique. Mohammed ,dont nous avons parlé ci-dessus, commandoit alors à Césarée, & ayant ré-duit lTbérie, & une partie de la Mésopotamie,' il avoit amassé d’immen-ses richesses. II se glorifiait de descendre de l’ancienne race des yhsacïdes ,& de la nouvelle famille des Tanifmans , les plus grands ennemis que lesRomains eussent en ce tems-là dans fOrient. L’Empereur souffrit degrandes incommodités dans le Pays des ennemis, par la rigueur du froid& la disette de vivres, desorte qu’il y perdit presque tous les chevaux del'armée. Les Turcs profitèrent de l’occasion, mais ayant été à la fin re-poussés, l’Empereur retourna à Néocésarée, que les Turcs appellent Nik-sari, autour de laquelle il se donna plusieurs petits combats; cependant ilne s’en rendit pas maître, en grande partie par la mauvaise conduite deJean Comnene , fils de son frere Isaac j ce jeune Prince, mécontent de ceque son oncle lui avoit commandé de donner un de ses chevaux à un Ita-lien , passa du côté des Turcs, embrassa le Mahométisme, & épousa, dit-on,la fille de Mafut à Cogni.
1138.
(a) Idem , Ch. V. & VI.
La
C*) Elle comprenois la partie orientale de la Cilicie, qui confine â la Syrie, & peut-être quelque partie de la Cappadoce.
(f) Ou plutôt Sbaizar, que la plupart des Historiens des Croisades nomment Céfarée.