Section
IX.
Azzo’d
dia X//.
avec R.oc-no’ddin.
Maliti-
2i + HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Ciiap. IV.tuant trois-cens de ses gens , & avec le reste il se sauva par Claudiya (*)du côté d’Amide , où il suc tué par le Seigneur de Mayaferkin. Âzzo'ddinnomma en sa place un certain Ali Bahadr , homme hardi & intrépide, que'sultan'de les hahitans de Malatiyah reçurent par crainte: il leur rendit cependant unRoutn grand service , car il purgea le Pays des AI Jazi , Tribu de Turcomans ,qui dans leurs courses avoient coutume de massacrer les habitans, & d’em-mener leurs enfans. Ali Bahadr les défit, & fit leur Général Jutabeg prisonnier.
Cependant Bayeju No-wayn s’avança avec ses troupes, & obligea les châ-teaux qui s’étoient rendus , à reconnoître Rocndddìn. II se rendit aprèsà Abolostayn ou Ablostayn , 1 'Ablajta du Géographe de Nubie , dont ilmassacra environ six-mille habitans, & emmena les femmes & les enfansen captivité.
Quand il approcha de Malatiyah , Ali Bahadr fe sauva à Kakhtah , & 'yahí fiu- j eS habitans ayant été au devant de lui avec des présens , se soumirent àmit ' Rocnoddin , qui leur donna pour Commandant un de ses Esclaves, nomméFakro'ddin Ayyas. Mais aussi tôt que Bayeju eut passé les frontières du Paysde Roum, Sc pris la route de l’Irak, Ali Bahadr revint ; & comme on re-fusa de le recevoir, il assiégea la ville. Les vivres devenant rares à la fin,quelques gens du commun ouvrirent une des portes, par laquelle Ali &ses Turcomans entrerent. Quand il eut ainsi recouvré Malatiyah, il fitmettre en prison le Gouverneur que le Sultan Rocndddìn avoit établi, &ílen coûta la vie à quelques-uns des principaux, qui lui avoient été contraires.
Dans le même teins la famine fut si grande dans le district de cette vil-le, qu’on mangea les chats, les chiens & le cuir, faute d’autre nourriture:un ami de l’Historien vit dans un village une troupe de femmes, qui cou-poient des morceaux de chair d’un cadavre qui étoit devant elles, & lesmangeoient après les avoir fait bouillir ; une autre femme fit cuire son en-fant mort, s’imaginant qu’il valoir mieux qu’elie s’en nourrît que les vers:en un mot, quoiqu'^/r Làiir fe fût rendu maître de la ville, il ne put tenircontre les horreurs de la famine, & se retira auprès d’Azzo'dàin.
L’an de l’Hégire 657, de J. C. 1259, Hûlakû manda /izzdddin & Roc-ndddin son frere, qui obéirent à ses ordres, desorte qu’il sortit au devantd’eux, & témoigna être fort satisfait de leur venue. II partagea l’Empireentre eux , & donna à Azzdidin tout le Pays qui s’étend depuis Césaréejusqu’aux frontières de la Grande Arménie, & à Rocnoddin celui qui s’é-tend depuis Aksera jusqu’à la mer, qui confinoic aux terres des Francs. Ilfe mit ensuite en marche pour la Syrie, & quand il fut arrivé sur les bordsde l’Euphrate , les deux freres prirent congé de lui, & retournèrent joyeu-sement dans leurs Etats (a).
Voilà tout ce que l’on trouve dans Abulfarage fur cescdeuxSultans, quiregnerent ensemble ou alternativement: il s’étend néanmoins plus fur cequi les regarde que fur aucun de leurs prédécesseurs ; mais les HistoriensGrecs suppléent à son silence, & commencent précisément là où il finit.
Quoi-
(a) Abulfarag. p. ZZ2 L suiv.
(*) L’ancienne Claudìopolis fur l’Euphrare, au dessous de Malatiyah.
Horriblefaminedans cequartier-là.
Partagede f Em-pire,