Buch 
17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
Seite
219
JPEG-Download
 

HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chai-. IV. 219

dans ce Pays-là. Mais Berwanah ('), qui favorisoit Bendokdar & haïslòit Sectionle Roi d’Arménie, leur ayanc persuadé que l’avis étoit faux,ils n’y eurent ^' eaucun égard ; deíorce que les Egyptiens les surprirent dans un teins où ( i c gayils étoient si yvres, qu’ils furent hors d’état de monter à cheval ; & com- Khostoume par leur Tasa (f) ou Loix , il leur est défendu de fuir avant que d’a- IU.X//I.voir fait face à l’ennemi, ils donnerent bataille aux Egyptiens, tous les ^àr/sgrands Officiers Mogols, avec la plupart de leurs gens, & deux-mille oum :_.Gorj ou Géorgiens, de trois-mille qu’ils avoient,y périrent. Les Egyptiensperdirent auilì beaucoup de monde. Berwanah , fur la nouvelle de ce quis’étoit passé,se sauva dans un chateau pour se mettre en sûreté. Aprés savictoire, Bendokdar campa dans un lieu nommé Kaykobad, proche de Cé-sarée, où il demeura quinze jours fans faire le moindre dégât, & ne pre-nant rien fans le payer; il n’entra même qu’une feule fois dans la ville,disant qu’il n’étoit pas venu pour ruiner le Pays, mais pour le délivrer del’efclavage dans lequel il géimssoit fous le Sultan.

Auffi-tôc qu 'Abaka Khan (j) fut instruit de ce malheur , il assembla des II se retiretroupes & marcha vers le Pays de Roum ; mais Bendokdar , qui favoit bien " Vappn*qu’il ne pouvoic fe mesurer avec lui, s’étoit retiré en Syrie avant son ar A durivée. Berwanah alla au devant du Khan , qui le reçu t fans lui témoigner "à-le moindre ressentiment, & l’amena avec lui à son retour au Ték, c’est-à-dire au camp , fous prétexte de délibérer avec ce Ministre fur le nom-bre de troupes qu’il faudroit laisser à la garde du Pays contre les Egyp-tiens. Lorfqu’il fut arrivé au camp le Khan fit un grand festin, où il eutfoin de bien faire boire du lait de cavale (f) à Berwanah , car ce Princene buvoit point de vin. A la longue Berwanah étant forci pour un be-soin, Abaka fit signe à quelques gens apostés qui le suivirent, & le taillè-rent en pieces (§) : telle fut la fin de ce Traître, auquel Bendokdar ne sur-véquit pas long-tems , car il mourut à Emesse , en s’en retournant en E-gypte; les uns disent que ce fut dune blessure qu’il avoir reçue dans la

ba-

(*) Berwanah est la prononciation Arabe, & Pervmeh ou Parvana > comme écrit tìay-ton , la Persane. Cet Historien dit que Parvana étoit Commandant des Tartares en Tur-quie (1), c’est le nom qu’il donne aux Etats Seljucides de l’Asie Mineure; mais ce Com-mandant étoit un Officier Civil & non Militaire.

(t) Ou Tassa, ce font les Loix Militaires & Civiles faites par Genghizcan, qui, dit on,ne fit que les renouveller, ayant déja été établies par Ogûz Khan.

(D ll Khan est un titre ou surnom que prit Hûlakû , dont les defcendans furent ap»peìlés par cette raison llkhaniens. II semble savoir pris à l’exemple de Tutuena ilkhan,qui fut le premier qui le prit, & pour montrer qu’il descendoìt de ce Héros. Ce titre estdifférent de celui d Tlak ou Ikk Khan, que prirent les Princes Turcs, qui possédoient lePays d'Ilak , arrosé au midi par le Sihon, dont la Capitale étoit Tonkat, ou selon d’autrcsNobakht. v.’ D'flerhelot p. 4I8. art. Hak.

(f) C’est la liqueur dont les Tartares usent principalement, on l’appelle Kumis, elle estforte & agréable.

1 ( 5 ) tìay/ott dit qu’il fut coupé en deux, selon la coutume des Tartares ; que le Khanordonna qu’on mêlât de fa chair avec îes mets qu’on scrvoic fur fa table, & que lui &ses Officiers en mangèrent. C’est un des contes de tiayton,

(1) Htjnn de Tataris C. 34»

Ee 2