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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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244 HISTOIRE DES MOGOLS ET DES TARTARES

Section Peking. Cette extraordinaire élévation fait que la grande Tartarie paroítiii. très-froide en comparaison des autres Pays qui font à la même Latitude.

Les Pays q £s per f onnes dignes de foi, qui avoient-voyagé dans le Pays, assurèrentShs l’Auteur , qu’au milieu même de l’Jfité le vent de Nord -Est y est si per-

çant , qu’on est obligé de se couvrir soigneusement la nuit, & que dansle mois a’Août il gele souvent pendant un seule nuit assez fort pour don-ner de la glace de l’épaisseur d’un écu, & quelquefois de deux. Et mêmedans quelque endroit du Pays des Mongols que l’on creuse -en Eté à qua-tre ou cinq pieds de profondeur, on trouve des mottes de terre tout à-faitgelées, & même des tas de glaçons ; ce que le P. Verbiest attribue au sal-pêtre dont la terre est remplie. ,

Grand'’ * C’est encore à la hauteur des terres qu’il faut attribuer ce grand nombrefertilité, de Déserts qui se trouvent dans la grande Tartarie, mais ils ne font pour-tant pas aussi affreux que les Européens se simaginent. Si l’on exceptecelui de líobi & un petit nombre d’autres, qui font fort sablonneux, tousles autres ont d’excellens pâturages; l’herbe y est abondante, & s’éleveiufqu’à la ceinture; & si le Pays ne manquoit d’eau elle croîtroic jusqu’àla hauteur d’un homme, mais la sécheresse nuit bientôt à ses racines &lafait périr. Et comme l’herbe feche étouffe celle qui renaît, les habitansy mettent le feu au Printems, & la flamme embrase quelquefois centlieues. La nouvelle herbe croît ensuite avec tant de force, qu’en moinsde quinze jours elle s’éleve à la hauteur d’un demi pied, ce qui fait assezconnoître la fertilité du terroir. Aussi les parties du Pays qui ont as-sez d’eau fuffiroient pour la subsistance d’un nombre d’habitans quatrefois plus grand, si elles étoient bien cultivées. Mais il n’y a que les Tar-tares Mahométans qui cultivent leurs terres (*) ; les Eluths & la plupartdes Mongols n’ ont pas l'usage de l’Agriculture, & ne subsistent que deleurs troupeaux (f); c’est ce qui fait qu’ils ne peuvent avoir d’habita-tions fixes, étant obligés de changer de camp à chaque saison. Cepen-dant , malgré sa fertilité, la grande Tartarie n’a pas un seui Bois de hautefutaye, ni presque aucune autre espece d’arbres, excepté en quelques en-droits vers les frontières. Tout le bois qu’on trouve dans l’intérieur duPays consiste en quelques buissons, qui n’ontqu’une pique de hauteur, & quifont même très-rares (a).

Résidence- Le Khan des Eluths habite toujours fous des tentes, quoiqu’il possède«k - Khan. la petite Bukharie & ses dépendances , où il y a quantité de villes; ce-pendant, lorsque ses affaires rappellent dans ce Pays, il choisit pour fa ré-sidence

(«) Hifî. des Pbyag. T. IX. p. iS.

L es Missionnaires assurent que les terres de la Tartarie , depuis le Pays des Matvchéous ou Tartarie Orientale, à l’Oueíì jusqu’à la Mer Caspienne, ne sont pas , à parleren général, de nature à être cultivées, & celles d sKorcbtn, O.han & Nayman, font lesmoins bonnes. Du Halde T. IV. p. 22.

(t) On ne trouve point de Plantes dans leur Pays ; quand les Missionnaires leur de-ïiiandoient, pourquoi ils ne cultivoient pas au moins quelques pçtits jardins, ils repon-doient que les herbes font pour les animaux , & l» cbair des animaux pour les hommes . ùuHalde , ubi sup. x. ZS-