Buch 
17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
Seite
245
JPEG-Download
 

DEPUIS JEIÏGHIZ KHAN. Liv. III. Chap. I. 245

sidence la ville de Tarkien ou Tarkan , qui en est la Capitale, il a demeuré Sectionil y a quelques années aux environs des rivières (Ella & de Tekis, pour m.âtre plus à portée d’observer les mouvemens à' /Jyuki Khan son cousin» &ceux des Tartares Mahométans & des Mongols, entre lesquels les Eluths

se trouvent situés. On assure que c est quelque chose de fore curieux que - -

son camp; il est distribué en plusieurs quartiers, places & rues, toutcomme une ville, n’ayant pas moins d’une bonne lieue de tour, & pou-vant à chaque instant mettre jusqu’à quinze-mille chevaux en campagne.

Le quartier du Khan est au milieu du Camp, ses tentes font faites de Ki-taìka, forte de toile forte ; & comme elles font fort élevées & de toutessortes de couleurs vives, elles forment un spectacle très-agréable; en Hiveron couvre ces tentes de feutre, ce qui les rend impénétrables aux injuresde la saison. Les femmes du Khan font logées dans de petites maisons debois, qu’on peut démonter dans un moment, & charger fur des chariotslorfqu’il s’agic de décamper (d).

Quoique suivant la relation des Missionnaires qui ont parcouru la farta- / UoiuJan •rie Chinoise, on ne trouve point de Plantes dans ce Pays, on assure ce- ce de Rim-pendant qu’aux environs de la rivíere EOrkhon & de celle de Selinga du bào.côté de Selinghinskoy, on trouve abondamment de la Rhubarbe, & que toutce que la Russie en fournit aux Pays étrangers vient des environs de cette, ville; ce district en fournit une si grande quantité, que le Trésor de laSibérie en vend jusqu’à vingt-cinq-mille livres à la fois ( b ).

On trouve dans le Pays des Eluths la plupart des mêmes Animaux qu’on AnimalVolt dans ceux des Mongols & des Kalkas, à la réserve d’un seul que Ben- nommétink nomme Glouton, qui est fort commun dans le Pays des Eluths. C’est Glouton -une bête carnacicre pas si haute qu’un Loup, & qui est particulière auxmontagnes de J’Aíìe Septentrionale: il a le poil fort & long, d’un noir bruntrès-beau sur-tout sur le dos. II y a peu d’animaux aussi dangereux; ilgrimpe fur les arbres, & guette de-là le gibier qui peut venir à palier,

& loríqu’il voit f occasion favorable il s’élance fur le dos de l’animal quipasse, & fait si bien s’y cramponner avec ses griffes, en commençant da-bord par lui manger un grand trou dans le dos, que le pauvre animal aprèsavoir fait en vain tous les efforts possibles, tombe ensin par terre de dou-leur & de foiblesse, & devient la proie de son ennemi. II ne faut pasmoins de trois bons chiens pour attaquer le Glouton, quelque petit qu'iisoit, & encore les maltraite-t-il souvent d’une étrange maniéré. Les Russiens font grand cas de fa peau, & l’employent ordinairement à des man-chons & à des bordures de bonnets (f). Nous laissons au jugement duLecteur, si c’est le Chulon , qui fe trouve dans le Pays des Mongols, aussibien que 1 ’Jrckhara , dont parle Abiìlghazì Khan , parce que le Glouton faitaussi de semblables sentiers fur les Montagnes & dans les Forêts (d).

II. Les Eluths Koshoti possedent tout le Royaume de Tangut, & font Eluthssujets du Dalay Lama , qui est le Souverain Pontife du Tibet : il les gou- Koshoti.

verne

I («) Bbulghazi Khan , p. 81, 86. (0 Ahiél^hazì î 2 * uot. (a).

G) Ibìd. p. 185. U) Ibid. p. 72.

H h 3