A.D.J.C.-ii7d-' l,e reins
/fr'Jenghiz
Khan.
Couragehéroïque(TuneFemme,
Fortunede VangKhan.
Ce/l lePrêtreJeaa.
278 HISTOIRE DE L'EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Ciiap.I.
Kátûki , veuve de Mergâs, vivement irritée de !a trahison de Naour,feignit cependant de n'avoir du ressentiment que contre le Roi de Kurga,& fit dire à Naour , après quinze mois de veuvage, qu’eliesouhaitoitavecpassion de faire la débauche avec lui, & que s’il avoit encore'quelque res-te de cet amour qu’il lui avoit témoigné avant son mariage avec Mer-gûs, elle ne refuseroit pas de lepoufer. Naour donna dans le piege. LaDame partit avec des chariots chargés d’outres de peaux de bœuf remplisde Kammez ou Kimis, cent Moutons & dix Cavales. Le Khan reçut laPrincesse avec de grandes démonstrations de joie , & ayant bu copieuse-ment de la liqueur qu’elle avoit apporté il s’enyvra: elle donna alors le si-gnal à ses gens, qui ouvrirent les grandes outres, il en sortit à l’instant deshommes armés, qui fe jetteront fur Naour, qu’elle avoit déja poignardé,& le taillèrent en pieces avec tous ses domestiques. Elle fe retira ensuitesans obstacle , & une action si hardie lui acquit l'estime de tous les Prin-ces de son tems.
Mergûs Khan laissa deux fils de cette Princesse, Koja Boyruk & Gûrk-han . Le premier laissa plusieurs enfans, dont l’ainé fut Togrul (*), qui dèsl’âge de dix ans accompagna son pere à la guerre , & fe trouva à l’expé*dition où son ayeul fut pris par Naour ; il eut même beaucoup de peine àfe sauver. Comme il avoit plus de mérite que fes frétés, il succéda à sonpere, ce qui leur fit concevoir de la haine pour lui (f). II eut ensuite defréquens démêlés avec fes frétés & fes cousins , & en fit mourir quel-ques-uns. Cette cruauté excita son oncle Gûrkhan à lui faire la guerre.Vang Khan fut vaincu & dépouillé de fes Etats j il eut recours à Pisoukapere de Temujin, & par le secours qu’il en reçut il chassa son oncle Gûrk-han , le poursuivit jufqu’au Pays de Kashin , & íè rétablit fur le Trône (a).
Ce fut ce même Vang Khan , ou Ung Khan comme on écrit ordinaire-ment , qui fit tant de bruit dans le Monde Chrétien , vers la fin du dou-zième siecle fous le nom & la qualité de Prêtre Jean d’Asie , que les Nef-toriens lui donnèrent les premiers. 11 y a encore quatre Lettres, q u'on ditqu’il écrivit au Pape Alexandre III. à Louis VII. Roi de France, à l’Em-pereur de Constantinople, & au Roi de Portugal. On a en François unecopie de celle qui fut écrite au Roi de France , qui commence par cesmots: ,, Prêtre Jean, par la grâce de Dieu, Roi tout-puissant fur tous’„ les Rois Chrétiens, salut &ç”. U y vante fes grandes richesses, la vasteétendue de fes Etats ; i! y parle de soixante-dix Rois qui le fervent; ilexaggere les tributs qu’il exige d’un Roi d 'Israël, de qui dépendent plu-sieurs Comtes, Ducs & Princes Juifs. II invite le Roi de France à le ve-
(«) FaMallah, ap. De la Croix, p. 26-30.
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(E II est nommé dans Ahu'lghazi KhanTayrel, peut-être par quelque méprise. Les Tra-ducteurs de cet Historien rappellent aussi Aunak , corruption de Vang, & disept que scs-freres s'appelloient Jakakara ou Erkakaïa, Baytimur , Nuiriitfay , & Jukambu que d’au-tres nomment Hakemki.
(t) On dit,que ce qui augmenta leur haine, c’est que I’Empereur de la Chine, ou plu-tôt du Iíitay, lui donna le titre d 'Ung Khan. Mais, suivant l’Hiftoire Chinoise, ce futèòxi% la suite, du tems de Temujin, comme on le dira dans un moment, '