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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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A.D.J.C.-ii7d-' l,e reins

/fr'Jenghiz

Khan.

Couragehéroïque(TuneFemme,

Fortunede VangKhan.

Ce/l lePrêtreJeaa.

278 HISTOIRE DE L'EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Ciiap.I.

Kátûki , veuve de Mergâs, vivement irritée de !a trahison de Naour,feignit cependant de n'avoir du ressentiment que contre le Roi de Kurga,& fit dire à Naour , après quinze mois de veuvage, qu’eliesouhaitoitavecpassion de faire la débauche avec lui, & que s’il avoit encore'quelque res-te de cet amour qu’il lui avoit témoigné avant son mariage avec Mer-gûs, elle ne refuseroit pas de lepoufer. Naour donna dans le piege. LaDame partit avec des chariots chargés d’outres de peaux de bœuf remplisde Kammez ou Kimis, cent Moutons & dix Cavales. Le Khan reçut laPrincesse avec de grandes démonstrations de joie , & ayant bu copieuse-ment de la liqueur qu’elle avoit apporté il s’enyvra: elle donna alors le si-gnal à ses gens, qui ouvrirent les grandes outres, il en sortit à l’instant deshommes armés, qui fe jetteront fur Naour, qu’elle avoit déja poignardé,& le taillèrent en pieces avec tous ses domestiques. Elle fe retira ensuitesans obstacle , & une action si hardie lui acquit l'estime de tous les Prin-ces de son tems.

Mergûs Khan laissa deux fils de cette Princesse, Koja Boyruk & Gûrk-han . Le premier laissa plusieurs enfans, dont l’ainé fut Togrul (*), qui dèsl’âge de dix ans accompagna son pere à la guerre , & fe trouva à l’expé*dition où son ayeul fut pris par Naour ; il eut même beaucoup de peine àfe sauver. Comme il avoit plus de mérite que fes frétés, il succéda à sonpere, ce qui leur fit concevoir de la haine pour lui (f). II eut ensuite defréquens démêlés avec fes frétés & fes cousins , & en fit mourir quel-ques-uns. Cette cruauté excita son oncle Gûrkhan à lui faire la guerre.Vang Khan fut vaincu & dépouillé de fes Etats j il eut recours à Pisoukapere de Temujin, & par le secours qu’il en reçut il chassa son oncle Gûrk-han , le poursuivit jufqu’au Pays de Kashin , & íè rétablit fur le Trône (a).

Ce fut ce même Vang Khan , ou Ung Khan comme on écrit ordinaire-ment , qui fit tant de bruit dans le Monde Chrétien , vers la fin du dou-zième siecle fous le nom & la qualité de Prêtre Jean d’Asie , que les Nef-toriens lui donnèrent les premiers. 11 y a encore quatre Lettres, q u'on ditqu’il écrivit au Pape Alexandre III. à Louis VII. Roi de France, à l’Em-pereur de Constantinople, & au Roi de Portugal. On a en François unecopie de celle qui fut écrite au Roi de France , qui commence par cesmots: ,, Prêtre Jean, par la grâce de Dieu, Roi tout-puissant fur tous’„ les Rois Chrétiens, salut &ç”. U y vante fes grandes richesses, la vasteétendue de fes Etats ; i! y parle de soixante-dix Rois qui le fervent; ilexaggere les tributs qu’il exige d’un Roi d 'Israël, de qui dépendent plu-sieurs Comtes, Ducs & Princes Juifs. II invite le Roi de France à le ve-

(«) FaMallah, ap. De la Croix, p. 26-30.

mr

(E II est nommé dans Ahu'lghazi KhanTayrel, peut-être par quelque méprise. Les Tra-ducteurs de cet Historien rappellent aussi Aunak , corruption de Vang, & disept que scs-freres s'appelloient Jakakara ou Erkakaïa, Baytimur , Nuiriitfay , & Jukambu que d’au-tres nomment Hakemki.

(t) On dit,que ce qui augmenta leur haine, c’est que I’Empereur de la Chine, ou plu-tôt du Iíitay, lui donna le titre d 'Ung Khan. Mais, suivant l’Hiftoire Chinoise, ce futèòxi% la suite, du tems de Temujin, comme on le dira dans un moment, '