A D. J.C.
UíJì- "fie régnad'- JenghizKhan.
Il épousala fille deVangKhan.
Rhlulìinnde$ 'I'arta-rcs.
2S0 HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. T.tre hôte d’honneurs , l’appellant toujours son fils , & i’élevant ail-dessusdes Pnnces memes de Ion sang; ìl augmenta ìe nombre des Officiers quile iervoient, &,lui confia le commandement de ses années dans la guerrequ’il avoit contre le Khan de Tendûk. Temujin fit -éclatter son couragedans cette guerre, & fit aussi éprouver fa valeur a quelques Khans Mogolsqui refusoient de payer le tribut ordinaire à Vang Khan. Tous ces heu-reux succès, & la faveur du Monarque, lui suscitèrent des ennemis à laCour, parmi des gens qui d’abord, à l’exemple de leur Maître, s’étoientempressés à lui plaire (a).
Une autre circonstance augmenta la haine de ses ennemis. La PrincesseIVijûlûjine, fille du Grand-Khan, charmée de la valeur & de la personnedu jeune Prince Mogol, conçut de l’afîection pour lui, & méprisa la re-cherche de Jemuka,YL\va.n de la Tribu de Jaserat (*),qui la saison deman-der avec beaucoup d’instances. Vang Khan la donna à Temujin, & je-muka jura de se venger; il trouva sans peine nombre de gens, rongés com-me lui d’envie, disposés à seconder sa fureur. Mais le crédit du PrinceMogol auprès du Grand-Khan, qui l’avoit fait son premier Ministre, sesamis & ses services rendirent long-tems leurs projets inutiles. Mais VangKhan, à qui il ne manquoit que de la fermete dans ses sendmens, lelaissa surprendre dans la fuite à la calomnie {b).
Voilà ce que rapportent les Historiens Persans, mais les Historiens Chi-nois ne parlent point de Temujin comme réduit à implorer la protectiondu Khan des Kéraïtes: au contraire ils le représentent comme vivant enbonne intelligence avec ce Prince, mais indépendant de lui, & très-biendans ses affaires ; mêrue depuis la défaite de Jamuka & de Taychot avecJe secours de fa mere, tems auquel il paroi t avoir réduit les tribus révol-tées fous son obéissance.
L’Histoire de la Chine nous apprend qu’après ce tems-là, vraisembla-blement vers celui où l’on dit qu’il le retira à Karakorom, la Horde desTatars, qui campoient ordinairement Je long de l’Onon (f), se révoltacontre l’Empereur du Kitay. Ce Monarque ordonna aux Princes ses tri-butaires C 4 -) de s’assembler près de la rivìere d’Onon, & de marcher contreeux. Tuli, ou Togrul , Seigneur des Kéraïtes ou Ke-lye & Temujin se distin-guèrent dans cette occasion ; le premier obtint le titre de Vang ou TVang(§),
qui
(») Abulsarag. ap. eund. p. 34-37. (£) Abulkayr, ap. eund. p. 37, 38.
(*) Nommée Joygberat dans Ahulghazi Khan. De la Croix met ceci en l’année 571 del’Hégire, 1175 de J. C.
(f) Ou Wa-war, c’est le Saghalìan Uìa ou Amur.
(j) 11 parolt par-là que les Kéraïtes & les Mogols étoient tributaires de l’Empereur duKitay. Et si l’on fait attention à ce que De la Croix dit si souvent d’après les AuteursOrientaux des Mogols & des autres Tribus qui habitaient dans le Karakitay, on n’enpeut douter; puisque le Karakitay faisoit partie de l’Empire de Kitay, & signifie le Kitaynoir, pour le distinguer de l’autre partie, qui étoit cultivée & habitée principalementpar les Chinois,
(§) Fadlaliab & les autres Auteurs dont De la Croix s’est servi, ne marquent point àquelle occasion il reçut ce titre.