HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. I. 295en état de combattre, & qu’au contraire scs troupes n’étant point sati-A.D.J.C.guées remporteroient aisément ìa victoire. . 1204.
Pendant qu’il se berçoit de ces vaines imaginations, les Mogols quiétoient bien pourvus de tout s’approcherent de son camp. Mais quand Khan 5 Zses Officiers lui rapportèrent combien les ennemis étoient formidables, il ■■ - — -commença à se repentir de n’avoir point suivi le conseil de Jemuka: ce h.«Nay-Khan n’en témoigna pas le moindre chagrin,& n’en parut pas moins zpour la cause commune (a). Lorsque les armées furent en présence & i cur Khanrangées en bataille, le Prince Juji à un de ses oncles commenceront le est tué.combat & chargèrent avec beaucoup de vigueur; mais Kashluk, fils deTayyan Khan , soutint le choc fans plier. Les deux jeunes Princes, quela gloire animoic également, firent tous leurs efforts pour montrer qu’ilsne vouloient se céder ni en adresse, ni en valeur: la résistance mutuelledes deux avant-gardes engagea peu à peu les autres corps, & les deux ar-mées en vinrent à une action générale. Le combat dura depuis le leverjusqu’au coucher du Soleil, & fut aussi sanglant qu’opiniâtre; mais à lafin les Mogols rompirent les Naymans, les mirent en fuite, & en firent unhorrible carnage. ,Tayyan Khan fit le devoir d’un grand Général, maisayant été blesté au commencement de la bataille, il mourut peu après deses blessures. Kashluk son fils (*) & 7 lUtabcy (j) se sauvèrent avec tousceux qui purent échapper des mains des Mogols. Jemuka , pouffé par fahaine particulière pour le Grand-Khan , se signala par mille actions héroï-ques; mais son ardeur 1 emporta trop loin , il fui fait prisonnier, & on luitrancha la tête après la bataille (j) , comme étant le principal auteur detous les derniers troubles.
Après une si belle victoire le Royaume du vaincu devint Ja proie du £«Nay-vainqueur, qui soumit à son obéistance une grande étendue de Pays. il mans re ~se retira ensuite à Karakorom, où pendant tout l’Hiver sa Cour fut plei- dum 'ne d’Ambassadeurs, dont les uns étoient envoyés pour le féliciter de favictoire, & les autres pour lui demander fa protection, ou pour lui fairedes soumissions de la part de leurs Maîtres. Presque toutes les TribusCalmuques (§) ,du côté de i’Oricnt, íe rangèrent sous fa domination ; maisdu côté du Nord, quelques Khans, qui étoient jaloux de leur indépen-
dan,
(a) De La Croix, p. 88-91. Abulghazì Khan, p. 198.
(*') Suivant PHisloire Chinoise il étoit fils de Boyrak frere de Tayyan-
(t) /ìhiilqhaii Khan le nomme Tobin Rvjjhi. & dit qu’il se retira auprès de Boyrak ,autre Khan des Naymans & frere ainé de Tayyan.
( 1 ) II ne paroît point par Abulghaz-i Khan , p. 206, qu'il se soit trouvé à la bataille,mais après ia mort de Tayyan Khan , il revint dans fa Tribu; ceux qui la composoiect le^gardant comme Punique auteur de la guerre, le menereot pieds À poings liés à Cben-Khiz Khan, pour lors leur Souverain, qui le íìt mourir en lui faisant arracher les membreshun après l’autre.
(S) 11 semble qu’on entend par-lè les Tribus qui étoient encore Païennes, ou qui n’é-tolent pas encore Mahométanes dans le tems que nos Historiens écrivoient. De Liste,dans fa Carte pour l’Hitloire de Jengbiz Khan, les place au Nord de le riviere Saghalianou Amur dans le Karakitay , OÙ il n'v eut jamais de Karakitay. Mais cette Carte estremplie de fautes grossières.