A.D.J.C.
1203.
Le régné
/!e JenghizKhan.
294 HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Lìv. IV. Chap.I.
pas confondre ces Tata avec les Tatars; les Chinois donnent le premierde ces noms tantôt à tous les Peuples en général qui habitent au - delà dela grande muraille, & tantôt à de certaines Hordes particulières dont quel-ques-unes s’appeìloient Tata aquatiques (*), qui occupoient le Pays quiest au Nord de la Corée; & les autres portoient le nom de Tata blancs ,ce font ceux dont il s’agit ici. Alakus leur Chef étoit de la race des an-ciens Princes Turcs (f), & comme il estimoit beaucoup Tcmujln , il ar-rêta l’Envoyé de Tayyan Khan , & avertit le Prince Mogol de ce qui sepaíToit. Son frere Kanchekin pressa Temujin de faire au-plutôt une actionde vigueur : ce Prince monta à cheval, & suivi de l’élite de ses troupesil marcha à la montagne de Hanghay (-[) , où Tayyan campoit avec sesNaymans; & quoiqu’ils fussent en plus grand nombre que les Mogols, ilsfurent défaits & leur Khan fut tué; plusieurs Hordes qui jusques-là n'a-voient osé se déclarer, se déclarèrent alors en faveur du vainqueur. Cécise passa i’an de J. C. 1204, & l’année suivante Temujin alla faite des cour-ses fur les terres du Roi de Hya (a).
Les Historiens de s Occident de l’Asie nous apprennent au sujet de cet-te nouvelle victoire , qu ’yJlnnkus ayant envoyé à Temujin la Lettre deTayyan Khan, qui contenoit toutes les particularités de la Confédération *& les noms des Khans rapportés ci-dessus ; le Prince Mogol assembla sonConseil, auquel il voulut que Juji , autrement Tushi , son fils aîné, assistât;il n’eut pas plutôt exposé les desseins des Confédérés, que la guerre futrésolue (4). L’armée s’assembia au commencement de Tannée (§); peuaprès Temujin se mit en marche, & s’avança jufqu’à la rìviere á’Altay,nommée aujourd’hui Siba suivant '■ Bentink. il fut surpris de ne point voirde troupes pour lui en disputer le passage, puisqu’i! auroit eu beaucoup àsouffrir, pour peu qu’il y.eût trouvé de résistance. Jemuka auroit voulu-que Tayyan Khan eût été au devant de l’ennemi au-lieu de l’aitendre, par-ccqu’en prévenant les Mogols il les empêcheroit de ravager le Pays, &qu’en éloignant ses soldats de leur patrie il leur ôteroit J’envie de pren-dre h fuite. Mais le Khan des Naymans, au-lieu de profiter de cet avis,se flatta que plus les Mogols feroient de chemin, & moins ils scroient
en
(a) Gauhil , p. 10, ir.
(*) Ou Sni Tata. Rrthni'juis fait mention des Su Mongols , ou Mongols aquatiques.[Ce n’est pas Rubru/}uis,m2Ìs Carpin. Voy. en Tartarie Ch. V. R » m d u T h ab.]
(f) Que les Chinois nomment Tu-t/ue. 11 s habitoient au Nord-Ouest de Turf an, & serendirent redoutables aux Chinois mêmes dans le sixième siécle, comme on l’a dit.
(j) C’est le nom d’une grande chaîne de montagnes, dont la plus occidentale est à !»hauteur de 50 deg. de Latit. & de près de 17 deg. de Longit. Ouest. La principale desmontagnes de Hatig-bay est à 46 degr. 50 min. de Latit. & à 14 degr. 38 min. de Longit.Ouest. Gaubil.
(f) /lhu'lgbazi Khan rapporte que les Chefs des Tribus dirent qu’iis n’étoient pas enétat d’entreprendre. quelque chose avant que leurs chevaux, trop fatigués encore de !»derniere expédition, fussent un peu reposés; mais que Daritlây Oljigan ou Bulay , onclepaternel de Jenghiz Khan, offrit de fournir des chevaux à toute l’armée; ce qui leva I»difficulté.
íjy t te La Croix place cet événement en l’année 600 de l’Hégire, 1203 de J. C.