HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv. 1 V.Chav .11 311
Vol, étant arrivé à P'acheu (*) sous la conduite d'un Général fans expé- A. D. J.C.rience, fut entièrement défait ; la frayeur fit prendre la fuite anx autres ^215.Généraux, & toutes les. provisions devinrent la proie des ennemis (a); L u{ eg .’Z
Les deux Généraux qui commandoient dans Yenking, étoient Wan-yen Khan. é
Chang* wbey (fj óc Mo-nyen Ch'm-chong. Le premier. désespérant d’ëtre -—.
secouru, & de pouvoir résister à fennemi, proposa à 1 autre de mourir Mort depour la Patrie. Mo nycn , qui commando-1 les .troupes en chef, ] e refusa; Wan ' yeu ’Wan • yen se retira furieux, & fit part à un Mandarin de la résolutionqu'fi aVoit prise. Le premier jour du cinquième mois il écrivit un Mé-moire pour f Empereur, dans lequel il s’expîiquojt fur les affaires du Gou-vernement, & faisoit ì’énumérarion des crimes d’un mauvais Ministre,dont ce Prince se servoit, nommé Kaoki, qui avoit tué Hújaku. II finis-soit en se reconnoiffant digne de mort, pour n’avoir pu sauver la Ville im-périale (j). Ensuite d'nn air tranquille il fit venir tous ses domestiques, &îeur distribua tout ce qu’ii poisédoit. Après quoi ayant fait remplir unecoupe de poison, il écrivit encore quelques mots, & pria le Mandarinqui étoit avec lui, de sortir de son appartement, & se hâtant d’avaler lepoison il mourut avant que son ami eût le tems de s’éloigner.
Le soir du même jour, les femmes de l’Empereur, apprenant que Mo- Prise denyen se difpofoit à sortir de la ville, vinrent iui déclarer qu’elles vonloient ^ o?/,/,partir avec lui. II feignit d’y consentir, mais à condition qu’il iroit de- àVan t pour leur montrer le chemin. Ces Dames le crurent, & retournèrentau Palais; mais il se hata de partir, pour éviter rembarras d’être chargéd’elles. Les Mongols étant alors entrés dans Ja ville, un grand nombred’habitans & de Mandarins périrent dans le désordre; une troupe de sol-dats mit le feu au Palais, & l’incendie dura un mois. Jenghiz Khan , quiétoit alors à Wanchew en Tartarie, fit féliciter le Général Mitigan, & luienvoya ordre de faire incessamment porter en Tartarie les foies, l’or &l’argent qui étoient dans ie Trésor Impérial. Mo-nyen étant arrivé àPa-oiing-fu dans le Pecheli, dit à ceux qui i’avoient suivi, que jamaisils ne seroient arrivés s’il s’étoit chargé de conduire les Dames du Palais.
Loríqu’il fut arrivé à Pyen-hjang , où étoit 1 Empereur, ce Prince, quoi-qu’extrêmement affligé (î) de la perte de fa Capitale, ne lui en fit pas lemoindre reproche, <Sí le revêtit même d’une grande Charge; mais fortpeu de tems après il le fit mourir, fous prétexte qu il avoit eu de mauvaisdesseins. D’autre côté le Monarque fut si satisfait du Mémoire de Chang -%hey ì qu’il l’honora du titre de Vang ou de Roi.
Mingan avoit eu ordre de Jenghiz Khan de chercher un Mandarin de la .hvasm
Ra- du Ho-
(a) Gauhìl, p. 25-27. nan ’
(*) A trente-neuf degrés trois minutes de Latitude, & de Longitude o.
Ct) C’étoit un Prince dn sang, le nom de la Famille Impériale des Xin étoit PFan-yen.
ï\) C’étoit un faux patriotisme de se tuer lui-même dans cette occasion. i! auroit dû&ire tous ses efforts pour sauver la ville, & mourir en la défendant, s’il n’avoit pu l’ein-FêeKer de tomber entre les mains des ennemis.
Ct) Les Historiens Orientaux disent qu’il s’empoisonna .après la perte de Khan-balik.