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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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3 2(5 HISTOIRE DE L’EMPIRB DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. III.

4.D.J.C. poursuivi sa marche à grandes journées jufqu’à ce qu’il fût arrivé sur leSfrontières du Turquestan, il tourna vers la riviere de Kablï, pour couperi/jenghiz la retraite à Juji. Mais étant arrivé entre cette riviere & le Kamzi, ilKhan. trouva un grand nombre de gens fraîchement tués, & il apprit d’un fol-dat fort blessé, qu’ils avoient été défaits la veille par les Mongols. Surces nouvelles le Sultan fit tant de diligence qu’il les atteignit le lendemainmatin. Les Généraux, qui accompagnoienc Jnji, furent d'avis de se re-tirer en bon ordre, vu que le Khan ne leur avoit pas ordonné de se battreavec toute l’armée du Sultan, & qu’ils n’étoient pas assez forts pour en-treprendre une action de cette conséquence; ils ajoutèrent, qu’en suppo-sant que le Sultan voulût les poursuivre, il ne pouvoit le faire que par depetits détachemens, contre lesquels ils pourroient aisément se défendre,fans bazarder autant que dans une action générale. Le Prince seul fut d’unavis contraire: „ Que diront, repliqua-t-il, mon père & mes freres si je„ reviens & que j’aye pris la fuite à la vue des ennemis? il vaut mieux de,, toute maniéré que nous tenions ferme , & que nous nous battions cou-„ rageusement, que de nous faire tuer en fuyant. Vous avez fait votre devoir„ en m’avertissant du péril où nous sommes, je m’en vais faire le mien„ en tâchant de vous en tirer avec honneur”. Ensuite , ayant rangé sestroupes en ordre de bataille, il les mena gayement à la charge. Dans lefort de la mêlée Juji perça en personne deux ou trois fois les rangs desennemis, & ayant rencontré Sultan Mohammed, il lui porta divers coupsde sabre, que le Sultan para de son bouclier. Les Mongols animés parJ’exemple de leur Prince firent des merveilles dans cette journée, désertéque nonobstant leur grande supériorité les ennemis étoient fur le point deprendre la fuite,si !e Sultan,voyant que fou exemple ne fuffisoit pas pourranimer le courage de ses gens, ne leur eût crié de faire ferme au moinspour quelques momens, puiíque la nuit alloit incessamment finir le combat:ils obéirent, & lui sauvèrent la honte de voir fuir toute son armée devantla moindre partie dè celle de Mongols.

Détail Jujiy qui crut pouvoir être content de l’honneur qu’i! avoit acquis dansplus tir- cette journée, fit allumer de grands feux en plusieurs endroits de sonconstanciê cam p ? <A f e retira sans bruit. Le lendemain les ennemis croyant qu’il les‘tres Au' attendoit encore fur le champ de bataille, s’avancerent pour recommen-teim. eer le combats mais voyant qu’il étoit décampé, ils se retirerent pareille-ment de leur côté. Le Prince,ayant rejoint son pere avec les troupes qu’ilcommandoit, fut reçu avec joie, & comblé de préfens, pour lui marquercombien fa conduite dans cette occasion donnoit de satisfaction. Tel estle récit d 'Abu'lghazì Khan (a). Mais suivant De La Croix Jenghiz Khaníe trouvalui-même à cette bataille, A toute son armée y combattit. Sul-tan Mohammed, dit-il, ne doutant point que l’Empereur Mogol n’en vou-lût à Otrar, tant à cause de la scene sanglante qui s’y étoit passée, qu’àcause qu’elle lui ouvroit un passage dans le cœur du Royaume de Karazm,mena fou armée de ce côté - là. II trouva les Mogols dans un lieu nom-mé

0 ») Alu'lghazì liban , p. 249-253.