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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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HsSTOIRE DE L’EMPIRË DES MODOLS. Liv. IV! Chap. III. 329

bitans de Zarnuk sortirent en foule de la ville avec beaucoup de présens,pour se soumettre à l’obéissance de Jenghiz Khan , qui les reçut fort gra-cieusement, donna à leur ville le nom de Kûtlûk Balek , & permit auxvieux de s’en retourner.

De-là le Khan marcha vers la ville de Nûr, ayant pour guide un habi-tant de Zarnuk , qui conduisit son armée par un chemin détourné, qu’ona depuis appelle le chemin du Grand-Khan. Nûr étoit située entre tìok-hara & Samarcande: le nom de Nûr, qui signifie lumière, avoit été don-né à cette ville, parcequ’elle renfermoit plusieurs lieux dont la saintetéattiroit de toutes parts une grande foule de Peuple. Les habitans, aprèsavoir été sommés plusieurs fois de se rendre, prirent enfin le parti d’ou-vrir leurs portes ; mais Jenghiz Khan , pour les punir d’avoir osé formerseulement la pensée de lui résister, leur accorda seulement les bestiaux ôcles vivres dont ils avoient besoin pour leur subsistance, & donna tout lereste en pillage à ses troupes. D’autres prétendent que le Gouverneur,soit par lâcheté, soit qu’il se fut laissé corrompre, persuada aux habitans dese rendre,& qu’ils ne furent obligés que de fournir des vivres aux troupesdel’Empereur, & de lui payer annuellement quinze-cens écus d’or,qu’ilspayoient auparavant à Sultan Mohammed.

Le Khan ne s’arréta point, parcequ’il souhaittoit d'arriver à Bokhara leplutôt possible, à cause que cette ville étoit comme le centre des Etatsdu Sultan, & qu’il savoit que ce Princes’y étoit retiré avec la plus grandepartie de ses richesses. Mais Mohammed ne jugea pas à propos de l’atten-dre ; il laissa vingt-miile hommes pour la défense de la place , & sc retirasecrettement avec ce qu’il avoit de plus précieux à Samarcande. De fausseslettres qui tomberent entre ses mains contribuèrent fort à fa fuite; on luimandoic que les meilleurs Officiers quittoient son service; ces Lettres ayantété répandues parmi ses troupes, y causerent du désordre. Elles étoientl’ouvrage d’un de ses Officiers, nommé Bedro'ddìn, qui voulant se vengerde ce que le Sultan avoit fait mourir son pere, son oncle & ses freres,lesavoit écrites de la Cour de Jenghiz Khan, où il s’étoit retiré. L’EmpereurMogol lui avoit permis de sc servir de cet artifice, après avoir appris qu’ily avoit de la mésintelligence entre le Sultan & fa Mere , & que plusieursCapitaines l’avoient abandonné pour suivre cette Princesse. Jenghiz Khanenvoya même offrir son appui à la Reine, &un établissement dans tel en-droit de ses Etats qui lui plairoit; mais elle ne voulut pas se fier auxpromesses d’un Prince idolâtre.

La ville de Bokhara est à une journée ail Nord du Gihon ou Jmu , Asituée très-avantageusement pour le Commerce & dans un très-beau Pays ;outre les murailles qui étoient fortes, la ville avoit une autre enceintede douze lieues, qui renfermoit non seulement les fauxbourgs, mais en-core plusieurs maisons de plaisance, & un grand nombre de belles Fer-mes, qu’arrofoit la petite rivière de Sogde, dont l’ancienne Sogdiane tiroitson nom. Les Arts & les Sciences y fleurissaient autant que dans aucunbeu du Monde, & les Etudians s’y rendoient de toutes parts; on dit queBukhar signifie en Langue Mongole un homme savant. Parmi les habilesTome XVII. T C gens

A. D. j.C.

1218.Le ’Cgnert'í’pnghi-:Khan.

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