3 2$ HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv.IV. Csaî.ULa.d.J.C. Pendant cette espece de suspension d’armes, le Sultan n’osant risquerI21 ^ ^ une seconde bataille, dont la perte auroit causé la ruine de son Empire?■ífefenghiz résolut de distribuer son armée dans les places les plus considérables (*) : iìKhan. ne retint auprès de lui qu’un camp volant, pour donner ordre aux affaires
— -- les plus pressantes. II confia tout le reste de íes troupes au Prince Jala-
Le Sultan , qui n’approuvoit pas cette conduite, & qui malgré lui se retira
tí’lenghiz vers le Khorasan, où il grossit son armée de toutes les troupes qu’il put
K h aii ramasser. 11 est certain qu en divisant ainsi ses forces le Sultan de Ka-
avance, razm céda la victoire à son ennemi. Tel est le récit de De La Croix .
D’autre côté, suivant Abulghazi Khan ,Jeng!nz Khan se mit en campagnepour entrer dans la Grande Bukharie ; dans fa route il fut joint par ArflanKhan des Ivarliks, par Idikut Khan des Igûrs ou Oygûrs, par Saknak Sou-verain d’Amahk ou Almalig. 11 marcha d’abord du côté de la ville d’O-trar, mais ayant appris que Sultan Mohammed lui laissoit champ libre, &qu’il avoit distribué son armée dans les places fortes, il détacha ses deuxfils Ugadaï ou Qctaï & Jagataì avec un bon corps de troupes pour allermettre le fiege devant Otrar , & son fils Jaji avec un autre corps versNajan (f). 11 fit aussi marcher deux de ses Généraux nommés Alan (j) No-yau ou Nevian & Suktu Buka avec cinquante mille-hommes (p) du côté deFarnakant ou Fenakant & de Khojende ; & il continua en personne sa mar-che avec le gros de son armée, accompagné de son fils Taylaì, ou Tnli,vers la Grande Bukharie (h).
PeMtm l u premiere ville que Jenghiz Khan trouva fur son passage sut Z ar-nuiù ntík (§) i'ous les murailles de laquelle il vint se camper avec de fi effroya-bles cris de la part de ses soldats, que les habitans tout épouvantés ferme-rent leurs portes. Mais le Khan leur envoya un de ses Officiers, nomméliajib, pour leur représenter que le meilleur parti qu’ils pou voient pren-dre étoit de se rendre, de démolir leur château, & d’envoyer au campde f Empereur Mogol tous les jeunes gens capables de porter les armes,pour servir sous lui : ces remontrances produisirent leur effet, & les ha-bitans
(s) De La Croix, p. 203. Abu'lghazi ruban, p. 257, 258.
(*) Abu'lghazi Khan dit, qu’après avoir distribué ses troupes dans les garnisons, il s’enretourna à fa résidence ordinaire, & se livra entièrement à la débauche, qui le porta à di-vers excès. Entre autres il fit massacrer un Sheikh, qui passoit pour un homme saint,parccqu’il le soupçonnoit d’un commerce scandaleux avec sa mere Turkban Khâtun. Ce-pendant quand il eut cuvé son vin, il en eut beaucoup de regret, & envoya un grandbassin rempli d’or & de bijoux à un autre Sheikh, pour obtenir l’absolution de son crime.
(t) Les Auteurs que De La Croix a suivis nomment Junizu lieu de Najan , ou Nadfatìiainsi que porte la traduction á’ Aíu’lgbazi Kban.
(j.) C'est le même que d’aurres appellent Elak ou Alak Nevian.
( 4 ) De la Croix dit, fur le témoignage de Fa/llallab , qu 'Oâaï & Jagataï avoient deux-cens-mille hommes, que Tmln, qui marcha du côté de Kapcbak, en avoit cent-mille, & qu’#-lak Nevian lui íervoit de Lieutenant-Général; que plusieurs autres Capitaines Mogols al-lèrent dans leTurquestan &end’autresPays vers l’Orient ; que cependant il reíloit encoreà Jenghiz Khan plus de deux-cens-mille hommes, avec lesquels, accompagné du Prince Tuttiil marcha vers tíokhara & Samanande pour assiéger ces deux villes. _ ,
. (§) Située au Sud du Sihon ou Sir dans la Grande Bukharie, à quelques lieues au Miâ>cf Otrar;'