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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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ZZ2 HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOG OLSLiv. IV. Chap. IIÍ.

A-D J.C. e n faisant de grands magazins de provisions. Les Mongols commencerenC1220. j e £ e p. e par l’approche de leurs béliers & de leurs autres machines, &úk Jenghiz tentèrent de combler le toile ( ) ; lis en vinrent a bout âpres bien desKhan? difficultés, & pour lors ils purent faire agir leurs machines avec plus de

. . succès. Mais les assiégés fassoient de fréquentes sorties, & tantôt brû-

loient, tantôt endommageoient leurs machines, deforte que pendant plu-sieurs mois les Mongols n’avancerent gueres. Cela fit pencher les Prin-ces à affamer la ville; mais comme il fallut consulter là-dessus leur pere,& qu'il ne leur fit point d’autre réponíè, sinon qu ils combattissent, ses or-dres furent exécutés avec une ardeur si infatigable,qu’en moins d’un moisles assiégés virent leurs tours renversées, leurs machines brisées, & leursmurailles percées; & ils furent réduits à se défendre dans leurs secondesfortifications, qui n’étoient pas à-la-vérité moins bonnes que les premieres.Elle cjì Après que le siégé eut duré cinq mois ì Karaja Hajib, voyant Tétât défeffptf 6 - péré des choses, dit à Gayer Khan qu’il étoit tems de penser à capituler,vu qu’il étoit impossible de défendre la place encore long-tems; & que sil’on retardoit, il étoit à craindre que les ennemis ne voulussent entendreà aucun accord. Mais le Gouverneur, qui favoit très-bien qu’il étoitPunique cause de la guerre & qu’iljn’avoit aucun quartier à espérer, re-jetta absolument cette proposition , résolu de se défendre jusqu’à la der-niere extrémité. Comme il avoit de l’esprit, il inspira aux assiégés tantd’horreur pour les Mongols, parcequ'ils étoient idolâtres, qu’il fit entrerles habitans & la garnison dans son sentiment. Hajib , voyant qu’il s’étoitrendu suspect par cette démarche, fit ouvrir dans la nuit, de l’aveu desOfficiers qui fer voient sous lui, la porte qui s’appelloit Dcrvafi Sûfi , dontla garde lui étoit confiée,& se retira avec les dix-mille hommes qu’il com-mandoit dans le camp des Mongols: mais les Princes, qui avoient pourmaxime, qu’un homme qui étoit capable de trahir son Maître légitime,ne se feroit aucun scrupule de les trahir de-même dans l’occasion, le firenttuer avec tous ses gens (f), après quoi ils entrerent dans la ville par lamême porte par où Hajib venoit d’en sortir.

De même Le Gouverneur, voyant la ville prise,(-}-), se retira avec vingt-millequekCbâ» hommes dans le château, tout le reste de la garnison fut chassé hors de lateau ' ville & passé au fil de l’épée. Gayer Khan se trouvant trop à l’étroit dans lechâteau avec tant de monde,fit de fréquentes sorties furies ennemis,parlesquelles il les incommoda extrêmement ; mais les Princes redoublant leursefforts à mesure que la défense des assiégés devenoit plus opiniâtre, em-

por-

(*) De La Croix rapporte d’après Abulkayr , que Jenghiz Khau vint à la priere desdeux Princes reconnoître la place, & qu’après avoir donné ses conseils fur la maniéré de l’atta-quer, il partit pour la Grande Bukharie; & cela fe pourroit fort bien, puisqu’en allantà Zarnnk, la premiere ville qu’il assiégea, il dut passer près d’Otrar.

(t) Suivant De La Croix on ne tua que le Général,ies Officiers & quelques soldats, &tout le reste fut fait efclavc.

(f) De La Croix dit qu ils entrerent par une breche, & que ce fut avant qu’ils fus-sent maîtres de la ville, parceque les assiégés avoient fortifié tout ce qui pouvoit Pâtre, àque l’on avoit fait des retranchemens dans les rues étroites.