HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. IV. 345Hale des deux branches de ì'Amu , qui quitta il y a environ un fìecle son A. D. J C»ancien lit, & fe jette à présent dans le Lac aux Aigles, Lé Pays de Ka- I22 J*r azur, qui donnoic son nom à toutes les Provinces de l’Empire de SultanMohammed & de ses prédécesseurs, étoit plein d’habiles gens, qui culti- Khanf* 3 ' 2
Voient la Philosophie ík les autres Sciences, la Poésie y fleurit encore; & --L«.
il y a peu d'Orientaux plus polis que ceux-là. Ils s'applî^uent fort à laMusique, ou plutôt ils font naturellement Musiciens ;& c’est de leurs en-fans qu’on a coutume de dire dans le Levant, qu’ils ne pleurent qu'en Musique.
Les Princes Mogols eurent ordre de s’avancer, fans s’arrêter, vers la GrandCapitale du Karazm, & de l’affiéger pour que la prise de cette ville essra- pouvoir deyât les autres, & pour réduire ainsi le Pays tout d’un coup. Ils avaient ^Eanfait de grands préparatifs pour cette expédition , s’attendant à une Khatôn.vigoureule résistance, parceque c’étoit la Capitale de l’Empire de Karazm, Hégire .& que la Reine Mere Turkhan líhatûn y avait toujours fait fa résidence 618. J. C.depuis la mort du Roi Takash son mari. Cette Princesse étoit fille d’un Roi ia21.Turc, nommé Hankashi (*) , qui étant mort fans enfans mâles, ses sujetsfe soumirent à l’obéissance de Mohammed , qui par - là étendit assez loinles bornes de son Empire chez les Turcs de la Grande Tartarie. Turkhan .
Khatûn avait un esprit supérieur, & écrivait très-bien. Par ces considéra-tions elle avait une autorité presque absolue dans les Etats de son fils. El-le prenait la qualité de Protectrice de la Foi & du Monde, & de Reine desFemmes. Elle protégeait les faibles contre les puissans ; administrait iajustice avec une grande impartialité, examinant les affaires avec tant d’at-tendon, que ses jugemens étaient toujours équitables. Elle étoit auffi très-charitable envers les Pauvres : mais ces grandes qualités étoient terniespar fa cruauté , & quand à rapproche des Mogols elle résolut de quitterle Royaume , elle fit mourir jusqu a douze enfans de Souverains, quelletenoit prisonniers, parmi lesquels fe trouva un fils de Togrol le dernier desSeljucides d’iran, que Takash son mari avoit fait périr. Elle fit ensuitetuer Omar Khan , qui la conduisoit au château d'Eìak dan s le Mazanderan.
Elle haïssait Jaìaldddìn , & avoit même engagé Mohammed son fils à le dés-hériter , en faveur de son frere Kothbo'ddin , qu’elle aimoit. Dès qu'elleapprit que le Sultan avoit an Mille j’Acte qui déclarait ce dernier son suc-cesseur , elle fe mit peu en peine de fortifier le Pays de Karazm ; elle fedétermina même à l’abandonner , dès qu’elle apprit que les Mogols s’eaapprochaient.
Son départ causa de grands désordres dans la Capitale. Quelques Sei Malheursgneurs prirent le gouvernement en main au nom de Jalalo’ddin ; mais vers ílí \ L la-ie tems qu’il y arriva, les personnes les plus considérables de l’Etat con- ^’ân.fpirerent contre lui en faveur de Kothbo'ddin. II résolut de fe retirer dansle Khorafan, & partit suivi feulement de trois-cens chevaux, de fept-mil-1e qui s’étoient rangés auprès de lui à ion arrivée. II ne laissa pas avec cepetit nombre de défaire scpt-cens Mogols, qui l’attaquerent près de Nesa
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(*) C’étoit probablement le Khan des Kangulis ou Kantíh, qui occupoient les partiesorientales du Turquestan, vers Kasbgar.
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