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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. IV. 345Hale des deux branches de ì'Amu , qui quitta il y a environ un fìecle son A. D. J C»ancien lit, & fe jette à présent dans le Lac aux Aigles, Lé Pays de Ka- I22 J*r azur, qui donnoic son nom à toutes les Provinces de l’Empire de SultanMohammed & de ses prédécesseurs, étoit plein d’habiles gens, qui culti- Khanf* 3 ' 2

Voient la Philosophie ík les autres Sciences, la Poésie y fleurit encore; & --L«.

il y a peu d'Orientaux plus polis que ceux-là. Ils s'applî^uent fort à laMusique, ou plutôt ils font naturellement Musiciens ;& c’est de leurs en-fans qu’on a coutume de dire dans le Levant, qu’ils ne pleurent qu'en Musique.

Les Princes Mogols eurent ordre de s’avancer, fans s’arrêter, vers la GrandCapitale du Karazm, & de l’affiéger pour que la prise de cette ville essra- pouvoir deyât les autres, & pour réduire ainsi le Pays tout d’un coup. Ils avaient ^Eanfait de grands préparatifs pour cette expédition , s’attendant à une Khatôn.vigoureule résistance, parceque c’étoit la Capitale de l’Empire de Karazm, Hégire .& que la Reine Mere Turkhan líhatûn y avait toujours fait fa résidence 618. J. C.depuis la mort du Roi Takash son mari. Cette Princesse étoit fille d’un Roi ia21.Turc, nommé Hankashi (*) , qui étant mort fans enfans mâles, ses sujetsfe soumirent à l’obéissance de Mohammed , qui par - là étendit assez loinles bornes de son Empire chez les Turcs de la Grande Tartarie. Turkhan .

Khatûn avait un esprit supérieur, & écrivait très-bien. Par ces considéra-tions elle avait une autorité presque absolue dans les Etats de son fils. El-le prenait la qualité de Protectrice de la Foi & du Monde, & de Reine desFemmes. Elle protégeait les faibles contre les puissans ; administrait iajustice avec une grande impartialité, examinant les affaires avec tant d’at-tendon, que ses jugemens étaient toujours équitables. Elle étoit auffi très-charitable envers les Pauvres : mais ces grandes qualités étoient terniespar fa cruauté , & quand à rapproche des Mogols elle résolut de quitterle Royaume , elle fit mourir jusqu a douze enfans de Souverains, quelletenoit prisonniers, parmi lesquels fe trouva un fils de Togrol le dernier desSeljucides d’iran, que Takash son mari avoit fait périr. Elle fit ensuitetuer Omar Khan , qui la conduisoit au château d'Eìak dan s le Mazanderan.

Elle haïssait Jaìaldddìn , & avoit même engagé Mohammed son fils à le dés-hériter , en faveur de son frere Kothbo'ddin , qu’elle aimoit. Dès qu'elleapprit que le Sultan avoit an Mille j’Acte qui déclarait ce dernier son suc-cesseur , elle fe mit peu en peine de fortifier le Pays de Karazm ; elle fedétermina même à l’abandonner , dès qu’elle apprit que les Mogols s’eaapprochaient.

Son départ causa de grands désordres dans la Capitale. Quelques Sei Malheursgneurs prirent le gouvernement en main au nom de Jalalo’ddin ; mais vers ílí \ L la-ie tems qu’il y arriva, les personnes les plus considérables de l’Etat con- ^’ân.fpirerent contre lui en faveur de Kothbo'ddin. II résolut de fe retirer dansle Khorafan, & partit suivi feulement de trois-cens chevaux, de fept-mil-1e qui s’étoient rangés auprès de lui à ion arrivée. II ne laissa pas avec cepetit nombre de défaire scpt-cens Mogols, qui l’attaquerent près de Nesa

dans

(*) C’étoit probablement le Khan des Kangulis ou Kantíh, qui occupoient les partiesorientales du Turquestan, vers Kasbgar.

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