346 HISTOIRE-DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. IV.
A D.J.C. dans le Khorafan , & fe rendit à Nisabûr. Ce fut-là que Jalaloddin, quiirai. avoir pris ie titre de Sultan , donna ses ordres pour aílèmbier une armée pL i e { eg 'rh' ma ’ lS a y ant a Ppns que les ennemis étoìent en marche pour y venir , il enKhan". iortit au bout d’un mois pour les éviter : il eut le malheur de rencontrer
--- deux de leurs Partis ; il défit le premier , le second qui étoit plus nom-
breux Penveloppa ; il leur échappa à-ia-vérité, mais deux de ses.freresqui ì’accompagnoient, & presque tous ses gens furent tués. Nous le quit-terons pour quelque tems, afin de voir ce qui se passoit au siégé de la Ca-pitale du Karazm (a).
Invasion Les Karazmiens surpris à rapproche imprévue des Princes Mogols, seélu Ka- réunirent pour lëur commune sûreté , & donneront la conduite des affai-
razm. res : d un Seigneur du Pays, nommé Himar Takìn (*), parent de la Reine.
Comme ce Seigneur n’avoit aucune nouvelle de la marche des Mogols, 6cq u'il les croyoit encore bien éloignés de fa place, il avoir permis aux ha-bitans de faire paître leur bétail dans les prairies voisines , ce qui donnaoccasion à Pavant-garde des Mogols d’en enlever la plus grande partie àson arrivée. A cette vue ceux de la ville firent une sortie avec dix-mille•hommes, & ayant atteint auprès d’un grand jardin, appartenant à la vil-le, les ennemis qui se retiroient au petit pas, ils les attaquèrent vivement.Mais les Mongols , qui a voient mis de bonnes troupes en embuscade desdeux côtés de ce jardin, voyant les ennemis assez engagés pour ne pou-voir plus reculer, les chargèrent si brusquement en tête & en queue,qu’àpeine il s’en sauva cent hommes : ils poussèrent même en cette occasionjusqu’aux fauxbourgs de la ville , pasierent au fil de l’épée tout ce qui feprésenta devant eux , & y mirent le feu après les avoir pillés. Le lende-main toute l’armée des Mongols arriva devant la ville, & l’assiégea dansles formes.
Slegede la. Comme on n’avoit point d’armée à craindre qui pût venir au secours de
Capitale. Ja place, on ne fit ni tranchée, ni lignes. Quand tout fut prêt pour Pat-raque , les Princes envoyerent sommer le Gouverneur de se rendre, & luifirent savoir, qu’en cas de refus on ne lui servit aucun quartier. Cettemenace n’ayant point ébranlé Himar Takìn , les Mongols firent une attaquegénérale que les Karazmiens soutinrent avec beaucoup de valeur 'Les fem-mes mêmes firent le devoir de loldats ; elles ne fe contentoient pas d'af-filier ceux qui défiendoient les murailles,mais elles montoient à cheval,&fe mêloient parmi les troupes qui faisoient des sorties. Les Mongols, quoi-que toujours repoussés , continuèrent à faire de fréquentes attaques , jus-qu’à ce que les pierres leur manquèrent, desorte qu’ils furent obligés debattre la ville avec de gros troncs de meuriers , qu’ils faisoient scier pours’en servir.
Qifise dé - Les Princes, croyant que cette place feroit aussi aisée à prendre que lesfend ví- autres, avoient voulu ménager le tems, & s’épargner la peine de comblergourcuse- j es
í>mt ‘ (a) De la Croix , p. 305-312. Abu’lghazi Khan, p. 279.
(*) Abu'lghazi Khan le nomme Kamar, & lui donne trois Collègues, Mogul, Hajib &Firudini Chéri, mais selon lui Kamar avoic ie commandement en chef.