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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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346 HISTOIRE-DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. IV.

A D.J.C. dans le Khorafan , & fe rendit à Nisabûr. Ce fut-là que Jalaloddin, quiirai. avoir pris ie titre de Sultan , donna ses ordres pour aílèmbier une armée pL i e { eg 'rh' ma ’ lS a y ant a Ppns que les ennemis étoìent en marche pour y venir , il enKhan". iortit au bout d’un mois pour les éviter : il eut le malheur de rencontrer

--- deux de leurs Partis ; il défit le premier , le second qui étoit plus nom-

breux Penveloppa ; il leur échappa à-ia-vérité, mais deux de ses.freresqui ì’accompagnoient, & presque tous ses gens furent tués. Nous le quit-terons pour quelque tems, afin de voir ce qui se passoit au siégé de la Ca-pitale du Karazm (a).

Invasion Les Karazmiens surpris à rapproche imprévue des Princes Mogols, seélu Ka- réunirent pour lëur commune sûreté , & donneront la conduite des affai-

razm. res : d un Seigneur du Pays, nommé Himar Takìn (*), parent de la Reine.

Comme ce Seigneur n’avoit aucune nouvelle de la marche des Mogols, 6cq u'il les croyoit encore bien éloignés de fa place, il avoir permis aux ha-bitans de faire paître leur bétail dans les prairies voisines , ce qui donnaoccasion à Pavant-garde des Mogols d’en enlever la plus grande partie àson arrivée. A cette vue ceux de la ville firent une sortie avec dix-mille•hommes, & ayant atteint auprès d’un grand jardin, appartenant à la vil-le, les ennemis qui se retiroient au petit pas, ils les attaquèrent vivement.Mais les Mongols , qui a voient mis de bonnes troupes en embuscade desdeux côtés de ce jardin, voyant les ennemis assez engagés pour ne pou-voir plus reculer, les chargèrent si brusquement en tête & en queue,qu’àpeine il s’en sauva cent hommes : ils poussèrent même en cette occasionjusqu’aux fauxbourgs de la ville , pasierent au fil de l’épée tout ce qui feprésenta devant eux , & y mirent le feu après les avoir pillés. Le lende-main toute l’armée des Mongols arriva devant la ville, & l’assiégea dansles formes.

Slegede la. Comme on n’avoit point d’armée à craindre qui pût venir au secours de

Capitale. Ja place, on ne fit ni tranchée, ni lignes. Quand tout fut prêt pour Pat-raque , les Princes envoyerent sommer le Gouverneur de se rendre, & luifirent savoir, qu’en cas de refus on ne lui servit aucun quartier. Cettemenace n’ayant point ébranlé Himar Takìn , les Mongols firent une attaquegénérale que les Karazmiens soutinrent avec beaucoup de valeur 'Les fem-mes mêmes firent le devoir de loldats ; elles ne fe contentoient pas d'af-filier ceux qui défiendoient les murailles,mais elles montoient à cheval,&fe mêloient parmi les troupes qui faisoient des sorties. Les Mongols, quoi-que toujours repoussés , continuèrent à faire de fréquentes attaques , jus-qu’à ce que les pierres leur manquèrent, desorte qu’ils furent obligés debattre la ville avec de gros troncs de meuriers , qu’ils faisoient scier pours’en servir.

Qifise dé - Les Princes, croyant que cette place feroit aussi aisée à prendre que lesfend ví- autres, avoient voulu ménager le tems, & s’épargner la peine de comblergourcuse- j es

í>mt ‘ (a) De la Croix , p. 305-312. Abu’lghazi Khan, p. 279.

(*) Abu'lghazi Khan le nomme Kamar, & lui donne trois Collègues, Mogul, Hajib &Firudini Chéri, mais selon lui Kamar avoic ie commandement en chef.