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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. IV. 317ïes fossés ; mais iìs virent que c’étoit une nécessité : comme la riviere lesreniplissoit d’eau , cela ye pouvoit s’exécuter qu’en détournant le coursdu fleuve par un canal. Le flege avoic déja duré sept mois, quand lesMongols commenceront ce travail avec trois-mille hommes ; fl ecoit déjafort avancé, lorsque les assiégés firent pendant la nuit une sortie,& tai *ler en t presque tous les travailleurs en pieces. On ne 1 ailla pas cependantd’achever enfin le canal, & l’on saigna la riviere qui y prit son cours, de-sorte qu’on eut bientôt comblé le fossé de terre , de paille & de fascines,nonobstant tout ce que les assiégés purent faire pour l’empêcher ('*). Cefut alors que les Princes firent redoubler les batteries, & l’on fit des brè-ches considérables ; les Mongols donnèrent ensuite un assaut général &plantèrent leurs étendards fur la muraille ; mais les assiégés firent de stgrands estons qu’iis les arrachèrent, repoussèrent les ennemis, & réparè-rent même les breches.

Ce mauvais succès mit la mésintelligence entre Juji & Jagatdi , ils sereprochèrent mutuellement qu’ils s’étoient épargnés en plusieurs occasions,& que cela étoit cause de la durée du siégé. Pendant cette division on n’a-git que soiblement: Jenghiz Khan, qui en fut informé, ordonna aux deuxPrinces de remettre le commandement à Oélaì. Les choses changèrentalors de face ; quoique les assiégés ne combattissent pas moins vaillammentqu’ils avoient fait, leurs sorties ne furent pas aussi heureuses. D’autrecôté les Mongols ayant fait de nouvelles breches, se rendirent maîtres desmurailles, & arborèrent leurs enseignes fur les tours de la ville, tandis queles assiégés, hors d’éiat de les pouvoir arracher, fe retirerent dans les lieuxqu’ils avoient fortifiés dans la ville ; il y en eut à la longue plusieurs depris , de même que la Citadelle ; le Gouverneur ne laissa pas de rejettertoutes les propositions qu 'Octai lui fit faire de se rendre , pareequ’on neparloit point de laisser la liberté aux habitans.

Les Mongols, irrités de ce refus,mirent le feu aux maisons de tous cô-tés, & un nombre infini de personnes & d’immenfes richesses périrentdans les flammes. Cependant, comme ils perdoient beaucoup par-là, ilscesserent de jetter des feux, & ne s’attacherent plus qu a attaquer les di-vers quartiers de la ville. Les assiégés étoìent retranchés de maniéréqu’un quartier secourait l’âutre, & quand l’un étoit forcé ils trouvoientdans les autres un asile assuré. Les attaques continuèrent jour & nuit, <kla fatigue fut extrême de part & d’autre. A la fin le brave Hïmar Takinfut tué d’un coup de fléché; ce qui 11’empêcha pas le reste des habitansde sc défendre jufqu’à !a derniere extrémité ; & lorfqu’ils s’apperçurentqu’ils alloient succomber, ils mirent eux-mêmes le feu aux maisons quifestoient dans la ville, pour frustrer leurs ennemis du butin fur lequel ilscomptoient. Les Mogols pour s’en venger firent main basse fur tous lesKaruzmiens qu’ils rencontrèrent, & ils cuerent jufqu’à cent-mille person-nes;

(*) Selon Abu'lghazi Khan , le dessein des Mogols en détournant la riviere étoit decouper l’eau à la ville; mais ils ne réussirent pas, les trois-mille Mogols, employés à cetravail, ayant été tous taillés en pieces.

A. D. J. C.1221 .Le régnéM? JenghizKhan.

Horrible

ramage.

Xx 2