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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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352 HISTOIRE DE L’EMFIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Cha?. IV.

A.D. J C.de le leur persuader, c’est qu’on n’euc pas sitôt rendu la place, qu’il toiti*I22í - ba tant de pluie, que toutes les rues surent inondées.

«Ht-nfhiz Comme Hubbé Nèvian n’ìgnoroit pas à quelle extrémité la place étoitKhans ^ réduite , il ne voulut rien accorder à la Reine que la vie. D'abord que——— les Mogols furent entrés dans la place, ils se saisirent de tous les trésorsJ,f Ii r ine i de cette Princesse, & la traitant en captive, ils l’envoyerent à JengbizprisumTf Khan fous bonne & sûre garde, avec ses femmes, ses petits- enfans, &re, & sa tous les Seigneurs qui s’étoient retirés avec elle dans la Forteresse. Lacruauté haine qu’eile portoit à son pecit- fils Jaìaloddïn , fut la cause de sa perte. An-punie. p eu à faire des vœux pour l’heureux succès de ses armes, elle ne fit que

Jui souhaiter toutes sortes de malheurs. Quelques jours avant le siégé dela place, elle trouva une occasion de se retirer sûrement auprès de cePrince, mais elle n’en voulut pas profiter; & inflexible à tout ce qn’onput lui dire, elle protesta que shumiliation & les traitemens les plus ri-goureux de la part des Mogols lui seroient plus doux, que toutes les mar-ques d’amitié qu’elle pourroit recevoir d u fils à'/Jyje ah, son ennemie mor-telle. Tels étoient les sentimens de cette implacable Reine, mais ellefut traitée comme fa méchanceté & son humeur cruelle le méritoient.Jcnghiz Khan la faifoit quelquefois venir en fa présence quand il étoit àtable , & lui jettoit comme â un chien des morceaux des mets dont ilavoit mangé. On fit mourir les petits-enfans de son fils avant qu’elle ar-rivât à la Cour, & on ne lui laissa que le plus jeune pour lui servir deconsolation, & encore ne le lui laissa -1 - on pas longtems. Un jour, com-me elle le peignoit elle-même , on vint Fenlever d’entre ses bras. Elleavoua que la douleur qu’elle en avoit, étoit la plus vive qu’elle eût jamaissentie. Pour les Princesses fes arriere-petites-fiíles , elles ne furent pas simalheureuses; car non seulement on leur sauva la vie, mais on les mariamême avec les premiers Seigneurs Mogols; & le Prince Tushï on Jujiépousa Khan Sultane , qui avoit déja été mariée avec Osman Khan, Princede Samarcande. Voilà quelle fut la destinée de cette grande Reine, quifut menée comme en triomphe quelques années après (*), dans les mêmesPays où elle avoit commandé.

Prîsedii Après que Hubbé Névian eut quitte la Forteresse à'Ilal, il alla droit à

Ray ou Re y, l’ancienne Ragau ou Rages , où Suida & les deux autresCommandans Mogols le vinrent trouver en revenant du Khorasan, dontiîs avoient soumis la partie septentrionale & l’occidentale, àTexceprionde Nisabûr, qui suivant la capitulation que les deux Généraux lui avoientaccordée, demeura tranquille jusqu’au tems que Jalaldddin s’y réfugia.

La ville de Rey étoit en état de faire une vigoureuse défense, mais ellene coûta gueres aux Mogols, à cause de la division qui y régnait parmiles habitans fur la Religion. Ils étoient partagés en deux Factions; l’unesuivait la doctrine d’Jbu Hanifah, & l’autre celle de Shafey (f). Le Cadi

de

(*) Ahu’lghazî Khan rapporte que Jcnghiz Khan la fit mourir avec tous fes petits-en-fans, aussitôt qu’ils furent arrivés dans son camp(f) Deux des quatre Docteurs, qui font les Cbefs des quatre Sectes Orthodoxes parmi. les Mahométans.