HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv.IV. Chap. IV. 353
de la ville , qui étoìt du dernier parti , alla au devant de Hubbè avec les A. D. J.C.principaux de fa Secte, & lui offrit la place de la part de tous les Shefái - 1221.tes ; ils lui remirent deux des portes par lesquelles les Mogols entrerent ^dans la ville. Comme l’autre parti s’étoit fortifié, il fit quelque résistance,plutôt par la haine qu’il avoit pour les Shafaïtcs , que pour les Mogols mê- ,,mes. Mais tìulbé les força, & poussé par la mauvaise opinion que ] e Ca-di lui avoit donnée des Sectateurs á’Abu Hans ab , il les fit presque tousmourir;ce qui réjouit sans-doute les charitables Shafaïtcs. II ne resta doncgueres que la moitié des habitans de Rcy en vie.
Hubbé & Suida séjournèrent quelque tems à Rcy , à cause de la beauté Prise dede la ville, qui étoit une des quatre plus considérables de l’Irak; les trois Kom.autres sont Ramadan , Kom & Ispahan . Auffi-tôt que la saison permit de semettre en campagne, ils se séparèrent. Hubbè marcha vers Hamadan , &
Suida vers Kazwin. Le premier devant passer par la ville de Kom , éloi-gnée de Rey de vingt lieues, somma les habitans de sc rendre; mais quoi-qu’ils n’obéissent pas , ils firent si peu de résistance, qu’ils pouvoient mé-riter la grâce qu’on accordoit aux places qui ouvraient leurs portes. Maisles Députés des Shafaïtes, qui avoient une: haine implacable pour les Ha-nifites, qu'ils appelloient Rafezis , c’est-à-dire hérétiques , dirent à Hubbè■Névian , qu’ils accompagnoient toujours , parcequ’il avoit de la confianceen eux , que le Peuple de Kom étoit sort séditieux; & qu’il ne falloit pass’en étonner , puisqu’il suivoit la doctrine à'/Jbu Hanifah : enfin ils l’ani-merent tellement contre les habitans de la ville, que le Général Mogolsous prétexte d’un-ordre mal observé les fit presque tous tuer ou meneren esclavage.
Hubbé marcha peu de jours après vers Hamadan; il se prépara à en faire Hamadanle siégé, & il avoit déja tout ce qui étoit nécessaire pour la forcer, lors- fan laque tout à coup il fit la paix avec Majeâo'ddin, qui y commandoit. Toute fàl’armée en fut d’autant plus surprise, que les habitans avoient fait paraîtreplus de fierté que d’autres à qui l’on n’avoit point pardonné, ik qu’ilsavoient même fait quelque insulte aux Mogols. Les ennemis du Généraldisoient qu’il s’étoit laissé corrompre, & ses amis soutenoient qu’il n’avoitfait que suivre les ordres de Jcnghiz Khan. Hamadan (*) est à cinq lieuesde Kom; c’est une grande ville fort peuplée, & qui a été souvent le sé-jour des Rois ; elle avoit encore de fortes murailles & un bon château,mais tout cela est présentement ruiné, & sa beauté ne consiste plus quedans ses jardins & ses fontaines, dont les sources, qu’on fait monter aunombre de mille, sont dans la montagne d ’Jltvend, qui n’en est pas fortéloignée.
De Hamadan Hubbé mena ses troupes en d’autres endroits de l’írak, & Hutrcsen très- peu de tems il se rendit maître de Dineivar ou Daynûr, Súvan , Places ré-Holwan , Nahawend , & de plusieurs autres villes de cette Province,& par dmtes '
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(*) C’est VEmatba du Vieux Testament, & VEcbatane des Grecs, quoique la plupartdes Géographes prétendent que c’est Tamis. Abuljcda dit que ceít Ecl/atane } OC le 110UÎde Hamadan a quelque affinité avec celui ilEmatba ou Amatba •
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