Buch 
17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
Seite
355
JPEG-Download
 

HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. IV. 355

bétes qui restoient : il leur accorda cette grâce . & renvoya les troupes A.D. J.C.dans leurs quartiers, après que cette chaise eut duré quatre mois. I221 -

Vers la fin de Mars Jenghiz Khan se mit en marche, fit passer l’Amu àion armée , & la ccnduiíit vers la ville de Balkh avec tçute la diligence Khan.possible (<2); il avoit conçu une grande haine pour cette ville, parcequ’el- — ■ ■ ■■ - -

le avoit donné retraite au Sultan Jalaloidin , qui de-là inquiétois les Mo- ‘‘ £gois avec ses troupes , pendant que Je Grand-Khan étoit occupé à Ja con- aquête de la grande Bukharie. Les Habitans, n’ayant pas envie de courirles risques d’un íiege , prirent la résolution de se rendre. Les grands Sei-gneurs du Pays, qui s’y étoient retirés, alîerent au devant d e Jenghiz Khanavec les'Officiers de la ville, & lui firent leurs fournissons accompagnéesd’une infinité de riches présens ; mais il les rejetta, & dit que des gens quiavoient comme eux auffi-bien reçu son ennemi, ne pouvoient avoir pourlui une amitié sincere. II parla des troupes qu'ils avoient levées pour Jd'laldddin, des sommes qu’ils lui avoient fournies pour payer son armée, en-suite il leur fit des reproches : „ Ne devriez-vous pas rougir de honte,

„ leur dit-il y d’avoir fi peu d’amour pour votre Prince naturel, & fi peu„ d’aversion pour les Tyrans qui l’ont mis aux fers?Eft-ce ainsi que vous„ devez traiter ceux qui après avoir dépouillé de ses Etats Omaddàdìn ,

„ votre Souverain, l’ont fait cruellement mourir avec son fils ? "

Cependant l’armée des Mongols s’avançoit vers la ville, & comme les Sa prise.habitans savoient qu’on étoit convenu d’ouvrir les portes, ils.laissèrent en-trer l’avant-garde fans obstacle. Ils eurent immédiatement après ordre de«'assembler dans la campagne ; on mit à part tous les jeunes gens quiétoient propres à l’esclavage, & l’on coupa Ja tête à la plupart des au-tres (*) ; ensuite la ville fut pillée, & les murailles abattues. L’armée Mo-gole s’enrichit dans cette occasion, parceque Balkh avoit toujours été unlieu de grand commerce. D’ailleurs elle étoit pleine de monumens, d’ou-vrages exquis, & de tout ce qui peut servir d’ornement à une grande vil-le, parcequ’elle avoit été le séjour de plusieurs gens illustres en toutessortes d’Arts. Les Places publiques y étoient vastes & régulières, les Ca-ravanscrais ou Hôtelleries, les Mosquées & les Colleges magnifiques. Ony comptoit douze-cens Mosquées, fans les petites Chapelles, & deux-censBains publics (f) pour les Marchands du dehors & les autres étrangers.

Baìkh est à huit lieues du Gihon ou Amu, & à quatre lieues des monta- Dtscrip -gnes dans une plaine très-fertile, plantée de Cannes de sucre & de Citron- tiondccet.niers. Ses fauxbourgs font arrosés par une riviere nommée Dahak , qui tese jette dans l’Amu environ à douze lieues de Ja ville. Elle est encore àprésent une des Capitales des Uzbecs, qui habitent la grande Bukharie,quoiqu’elle soit proprement une ville du Khorasan.

Après

(a) De La Croix, p. 352 & fuiv.

(*) Suivant Abu'kbazì Khan , Balkh fut emportée d’assaut fans beaucoup de peine, &tous les habitans furent passés au fil de l’épée.

Ct I C’est ce que dit Abulghazi Khan, mais De La Croix, fans parler du nombre desMosquées, dit quil y avoit douze-cens Bains.

Yy 2