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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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354 HISTOIRE DE L/EMPIRE DES MOGOLS. Liv.IV.Chap. IV.

A.V. J.C. ces conquêtes il amassa de grandes richesses. A l’égard de Suida Bahader ,i 22 i. q a i étoìt allé assiéger Kazmn , située entre Rey & Abher fur les confinsMeírhi à Ghìlan & du Mazanderan, il l’emporta d’assaut, & fie massacrer cin-Iíhan5 12 quante- mille personnes tant dans cette ville que dans le Deylem & autres——i— Pays circonvoisins. Toutes ces expéditions furent faites l’an de 1’Hégue6x8 («)-

Grande Cependant Jenghiz Khan , après la prise de Termed, pour tenir ses sol-chasse à dats en action pendant i'hiver, ordonna une grande chasse dans les plai-Termed. nes de cette ville. Les Veneurs ayant tracé 1 enceinte que les Mogolsappellent Nerkè, les Officiers y conduisirent leurs troupes, & les postèrenten cercle. Les instrumens de guerre s etant fait entendre, les soldats s’a-vaucerent tous à la fois, & toujours vers le centre, en poussant devanteux les bêtes qui se trou voient dans l’intérieur du cercle; mais il leur étoitdéfendu de tuer ou de blesser aucun animal, quelque violence qu’il voulûtfaire. On campoit toutes les.nuits, & tout ce qui se pratique à la guerreétoit ponctuellement observé. La marche continua pendant plusieurs se-maines; le cercle commençant à s’étrécir, les bêtes,qui se sentoient pres-sées, l'e jettoient dans les montagnes & dans les bois, d'où elles furentbientôt délogées, parce que les chasseurs ouvroient les tanières & les ter-riers avec des beches ou des hoyaux, on se servoit même de furets pourles faire sortir de leurs retraites. Le terrain ordinaire leur manquant peuà peu, les diverses especes se mêlèrent les unes avec les autres; il y eutdes animaux qui devinrent furieux, qui s’éiançoient fur les plus foibles, &les déchiroient; ce ne fut même qu’avec beaucoup de peine que les sol-dats les chassèrent en avant à force de cris. Enfin , quand les troupes fu-rent parvenues au cercle intérieur nommé Jerk, qui ne renfermoit qu’unpetit espace où l'on pouvoit voir tous les animaux ensemble, on fit bat-tre les tambours, les timbales, & jouer toutes sortes d’instrumens ; tousces sons joints aux cris & aux huées des chasseurs & des soldats cauferentune si grande frayeur à ces animaux, qu’ils en perdirent toute leur.féro-cité. Les Lions & les Tigres s'adoucirent, les Ours & les Sangliers, sem-blables aux bêtes les plus timides, paroissoient abbattus & consternés.

Le Grand-Khan, accompagné de íes fils & de fes principaux Officiers,entra le premier dans le Jerk, tenant son épée nue & son arc, & com-mença lui-même le carnage en frappant les bêtes les plus féroces, dontquelques-unes entrerent en fureur & voulurent défendre leur vie. 11 feretira ensuite sur une éminence , saisit fur un Trône qu’on lui avoìt pré-paré , & de là il obier volt l’attaoue, dans laquelle personne ne s’épargna,quelque risque qu’il y eût à courir. Quand les Princes & les Seigneurs eu-rent donné assez de preuves de leur courage & de leur adresse , les jeu-nes gens de l’armée entrerent dans le Jerk, & firent un grand carnagedes animaux. Les petits fils de Jenghiz Khan , luivis de plusieurs jeunesSeigneurs de leur âge , fe présentèrent ensuite devant le Trône , & parune petite harangue prierenc l’Empereur de donner la vie & la liberté aux

O) Fadlaïïab, ap. De la Croix, p. 347-357-