Á.D.J.C.
1221 .
Le régné.
tic JenghizKhan.
Masar serend.
I.es ïiabì•tans mas-sacrés.
358 HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. IV.
appris en chemin que Masar aï Mulk avoit augmenté ses forces dans la vil-le jusqu à quatrevingt-mille hommes, il n'osa passer outre, & lui envoyadeux Officiers avec une Lettre, qui portoit, que n’étanc pas en état de teniriong-tems contre les Mongols, il le sommoit de lui remettre la ville, pat*ceque les Généraux Mongols favoient envoyé avec des troupes pour cela :mais Masar , audieu d’entendre à cette sommation, fit tuer les deux Offi-ciers. Cette nouvelle s’étant répandue parmi les troupes Mogoles, quiétoient fous le commandement de Bukha, elles l'assommèrent & rebrous-sèrent chemin.
Masar , ayant appris la mort de Bukha al Mulk, en tut tant de joie,qu’ìl donna un magnifique festin à ce sujet aux principaux habitans deMara ; mais cette joie ne dura gueres; car le Commandant de la villeà'Jmáya (*), qui étoit un Chef des Turcomans,vint le ttouver le lende-main, pour lui annoncer que les Mongols étoient en marche vers la villede Maru avec une puissante armée. C’étoit l'uli lui-même,qui après avoirachevé de soumettre le Kborasan venoit en personne rendre une visite à laville de Maru; il arriva devant la place le premier de Moharram de l’an6x8 de l’Hegìre, c’est-à-dire le 24 Février 1221. Les habitans essayerencd’abord de le tenir éloigné de leur ville par une vigoureuse sortie, maisayant perdu en moins d’une heure de teins plus de mille des leurs, ils seretirerent un peu consternés. Le siégé ayant duré plus de trois semaines,Tuli, qui commençoit à s’impatienter, fit mettre toute son armée sousles armes, la partagea en deux-cens-troupes, se plaça à la tête de tous ceuxqui étoient armés de boucliers, & se prépara à l’assaut ; mais dans le mo-ment qu’il alloit le donner, Masar al Mulk. demanda à capituler. Tel estle récit á'Jbiilghazi Khan (f). Mais De La Croix raconte fur l’autorìtéde Mirkhond, que Mejir, ou Masar , fatigua les assiégeans par de fréquen-tes sorties, dans lune desquelles il tailla en pieces plus de mille hommesdes meilleures troupes de la Maison du Grand-Khan. Tuli, poux se vengerde cette perte, fit donner un assaut général : les assiégés le soutinrent avecune vigueur étonnante, & les Mogols furent repoussés avec perte pen-dant vingt-deux jours. Mais comme les assiégés se trouvoient alors fortaffoiblis, Mejir sentant bien qu’il ne pourroit tenir long-tems, prit le partide se soumettre.
Le Gouverneur & un autre Seigneur ayant persuadé ceux de leur fac-tion , envoyerent de grands présens à Tuli en lui offrant la ville. Le Prin-ce Mogol les traita mieux encore qu’ils n’espéroient ; car il leur donna dessauvegardes pour leurs biens & pour quatre-cens de leurs amis, à condi-tion qu’ils lui donneroient un état de tous les gens riches de la ville. Tuli,après qu’il se fut emparé du Trésor & de tout ce qu’il pouvoit y avoir
d’e r -
(*) Ville sur îe fleuve Amu à trois ou'quatre Journées au Nord de Maru.
(t) 11 paroît un peu extraordinaire que ce Gouverneur n’ait pas fait une plus vigoureu-se résistance, s’il est vrai, comme Àktlghazi Khan le rapporte, qu’il avoit augmenté sesforces jusqu’á quatrevingt-mille hommes. Je foupçonnerois fort que notre Hiíìorien-Roín’a pas eu des mémoires bien justes, d’autant plus que les Auteurs que Dc La Croix asuivis ne parlent point de ces nombreuses forces. R n m. d u Tu a d.