A. D. J. C.1221 .Le régnéde Jeng-hiz K lien.
Siégé daHerat,qui est pri-se & épar -gnée.
Z62 HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. IV.quarante-mille personnes ; ce qui paroît incroyable, à moins que l'on nesuppose que les autres lieux étoient extrêmement peuplés, & qu’on n’y com-prenne ceux qui périrent à la ruine de Tût , ville à douze lieues au NorddeNisabûr, qui fut prise & détruite dans le même tems ; mais peu detems après ces deux villes furent, rebâties, oc sortirent de leurs ruines plusbelles que jamais. On a conduit à la premiere par des canaux les plus bel-les eaux du monde, qu’on a découvertes dans les montagnes voisines, oùl’on trouve aussi les plus belles Turquoises. Tits ou Tbûs,oii le célébré Astro-nome NaJJro , (ldin, surnommé AI Tuji, étoit né, devint une des plus belles &des plus célébrés villes de FEmpire de Perse. IsmaèíSûfi, premier Roi de laMaison dosSiíjìs ,fo fit entourer de fortes murailles fortifiées de trois-censtours, & lui donna le nom de Mashhad, ou le Lieu du Martyre, en mé-moire de flmam Ridha ou Riza, qui y avoit été tué. Dans la fuite ShahAbbas I. pour empêcher que l’argent ne sortît de ses Etats, par des pélé-<rinages en d’autres Pays , ordonna à ses sujets d’aller faire leurs dévotionsau tombeau de cet Imam, & plusieurs Rois de Perse font enterrés dansce lieu.
Quand Tuli eut achevé les sieges de .Nisabùr & de Tûs, il mena sonarmée.devant Herat, fur le faux avis qu’on lui avoit donné que Jalalo'd-din s’y étoit retiré. Ce Prince avoit pris le chemin de Bojì, dans le 5 é-jestan ; il n’avoit garde d’aller à Herat, où corn,man doit un Seigneur nom-mé Malel^Shamso ddin Mohammed, qui avoit surpris cette-ville en l’absen-ce de l’Emir Malek, oncle du Sultan. II avoit en cela suivi l'exemple dela plupart des autres Gouverneurs, qui pendant les troubles de i’Empires’étoient érigés en petits Souverains ; deforce que ces Usurpateurs avoientdépouillé Jalaìo'ààìn de presque tous ses Etats. Tuli arriva à Herat endouze jours , & envoya sommer le Gouverneur de le rendre ; mais Sham-so'dàìn, qui avoit armé près de cent-mille hommes pour la défense de laplace, au lieu d’obéir, fit tuer l’Envoyé. Ensuite il fit une furieuse sor-tie sur les Mogols, ce qu’il continua de faire pendant sept jours consécu-tifs, avec tant de carnage de part & d’autre, que Je sang couloir de touscôtés comme par ruisseaux. Tuli perdit pendant ce tems-là plus de dix-sept-cens Officiers, fans compter les simples soldats; mais'le huitièmejour, après un long & opiniâtre combat, Malek Sbamso'ddin fut mortelle-ment blessé d’un coup de fléché, ce qui ayant fait perdre courage aux as-siégés, ils se retireront en confusion dans la ville, où les Mogols entrerentpêle-mêle avec eux. Tuli, qui étoit à leur tète, ôta son casque en criantaux habitans de se rendre (*) , qu’il étoit le fils de Jengbiz Khan , & qu’illeur promettoit qu’ils seroient bien traités, & qu’ils ne payeroient que lamoitié du tribut qu’ils avoient payé au Sultan Jalalddim. Les habitansaccepterent ces propositions, mais les soldats n’ayant pas voulu y enten-dre ,
(*) C’cst ce que rapporte Ahu'ìghazi Khan-, mais De La Croix dit que les habitansayant perdu leur Gouverneur, envoyerent demander à capituler, & cachèrent la mort deShamso'ddin à Tuli, qui condescendit à raccommodement à cause de la bravoure du Gou-verneur, dont il ignoroit la mort.