z 6 r HISTOIRE DE I/EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. IV.
A D J C. lieues à la ronde, & les gens de la campagne avoient enlevé toutes le»j22í pierres ôc les autres choses qui pouvoient servir aux afiiegeans ; de sortsrfríenghîz c l lltí * es Mogols eurent beaucoup de difficultés, à surmonter, A peineKhan, avoient-ils commencé à battre la place, qu’ii arriva deux Courriers, dont
— » l’un apportoit la nouvelle de la défaite des troupes Mogoles par Jaìa'.o'd-
din . & l’autre celle de la révolte de Merat. Le Grand-Khan redoubla se»efforts contre Bamiyan, & après avoir envoyé des troupes contre Jalak'd-din & vers Herat, il fit élever une montagne de terre devant la ville, àJ’endroit où il vouloit faire fa principale attaque ; on bâtit aussi par l'onordre des tours de bois, dont la hauteur égaloit celle des murailles de laplace, fur lesquelles il fit placer ses machines, & que l'on couvroit de.peaux fraîches pour les garantir des feux des assièges: chaque jour ontuoit nombre de vaches & de chevaux pour y fournir.
Savigou’ Les machines de la ville ne laissèrent pas de renverser un grand nombrercufeclé- de celles des Mongols : & comme la résistance des habitans fut opiniâtre,
faf*' à cause que les murs de la ville étoient fort bons, les assiég-eans manquè-
rent enfin de pierres & de feux, Ils surent donc obligés de discontinuerles attaques, jusqu' à ce qu’ils eussent fait venir des cailloux, des meules,L d’autres choses propres à battre les murailles & à être lancées. Quandils recommencèrent leurs attaques les assiégés firent des sorties fi furieuses,qu’ils renverierent des escadrons entiers, & ruinèrent des tours & des ma-chines; & il est constant que íijenghiz Khan avoiteu une armée moins nom-breuse, il auroit été obligé de lever le siégé. Ce qui augmenta son cha-grin, c’est qu’en entrant dans fa tente au retour d une attaque qui n’avoitpas réussi, un Courrier lui apporta la nouvelle qu eKâtûku son Général avoitété battu par Jalaìdddìn. Le Grand-Khan en fureur jura de s’tn vengerfur la ville de Bamiyan-, mais cet emportement coûta la vie à un de ses pe-tits-fils, qui s’expofant pour lui plaire aux plus grands périls, fut tué d’uncoup de fléché. L’Empereur qui l’aimoit tendrement, parcequ’il décou-vroit en lui toutes les marques d’un grand courage, ne put s’empêcher demêlc-r ses larmes avec celles de la mere d u jeune Prince, qui paroissoiccomme hors du sens {a).
T.lle est jsenghiz Khan , â qui cet accident fit fouhaitter plus vivement que ja-prìse íst mais d’être bientôt maître de la place, prodigua ]’or& l’argent pour encou-ruitìée. ra ger ses soldats ; qui.donnant jour & nuit assaut fur assaut ruinèrent enfinles murailles de la ville en beaucoup d’endroits, & fe rendirent maîtresde Bamiyan , les plus braves Officiers & soldats de la garnison ayant ététués en la défendant. La mere du jeune Prince qui avoit été tué y en-tra avec les troupes Mogoles, & plus digne du nom de furie que de fem-me elle fit égorger tous les habitans, fans t n épargner un seul; elle or-donna encore qu’on fendît le ventre aux femmes grosses, de peur qu’il nerestât un enfant de cette malheureuse ville. H fallut même pour assouvirla rage de ce monstre ait r ré de sang, que les bêtes eussent le même fortque les hommes & les femmes, & elle fie périr tous les êtres vivans: en-fin
(d) Nìstavi iu Jalal. Mirkbond, FadleUab , ap. De La Croix , p. 352-397.