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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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z 6 r HISTOIRE DE I/EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. IV.

A D J C. lieues à la ronde, & les gens de la campagne avoient enlevé toutes le»j22í pierres ôc les autres choses qui pouvoient servir aux afiiegeans ; de sortsrfríenghîz c l lltí * es Mogols eurent beaucoup de difficultés, à surmonter, A peineKhan, avoient-ils commencé à battre la place, qu’ii arriva deux Courriers, dont

— » l’un apportoit la nouvelle de la défaite des troupes Mogoles par Jaìa'.o'd-

din . & l’autre celle de la révolte de Merat. Le Grand-Khan redoubla se»efforts contre Bamiyan, & après avoir envoyé des troupes contre Jalak'd-din & vers Herat, il fit élever une montagne de terre devant la ville, àJ’endroit où il vouloit faire fa principale attaque ; on bâtit aussi par l'onordre des tours de bois, dont la hauteur égaloit celle des murailles de laplace, fur lesquelles il fit placer ses machines, & que l'on couvroit de.peaux fraîches pour les garantir des feux des assièges: chaque jour ontuoit nombre de vaches & de chevaux pour y fournir.

Savigou’ Les machines de la ville ne laissèrent pas de renverser un grand nombrercufeclé- de celles des Mongols : & comme la résistance des habitans fut opiniâtre,

faf*' à cause que les murs de la ville étoient fort bons, les assiég-eans manquè-

rent enfin de pierres & de feux, Ils surent donc obligés de discontinuerles attaques, jusqu' à ce qu’ils eussent fait venir des cailloux, des meules,L d’autres choses propres à battre les murailles & à être lancées. Quandils recommencèrent leurs attaques les assiégés firent des sorties fi furieuses,qu’ils renverierent des escadrons entiers, & ruinèrent des tours & des ma-chines; & il est constant que íijenghiz Khan avoiteu une armée moins nom-breuse, il auroit été obligé de lever le siégé. Ce qui augmenta son cha-grin, c’est qu’en entrant dans fa tente au retour d une attaque qui n’avoitpas réussi, un Courrier lui apporta la nouvelle qu eKâtûku son Général avoitété battu par Jalaìdddìn. Le Grand-Khan en fureur jura de s’tn vengerfur la ville de Bamiyan-, mais cet emportement coûta la vie à un de ses pe-tits-fils, qui s’expofant pour lui plaire aux plus grands périls, fut tué d’uncoup de fléché. L’Empereur qui l’aimoit tendrement, parcequ’il décou-vroit en lui toutes les marques d’un grand courage, ne put s’empêcher demêlc-r ses larmes avec celles de la mere d u jeune Prince, qui paroissoiccomme hors du sens {a).

T.lle est jsenghiz Khan , â qui cet accident fit fouhaitter plus vivement que ja-prìse íst mais d’être bientôt maître de la place, prodigua ]’or& l’argent pour encou-ruitìée. ra ger ses soldats ; qui.donnant jour & nuit assaut fur assaut ruinèrent enfinles murailles de la ville en beaucoup d’endroits, & fe rendirent maîtresde Bamiyan , les plus braves Officiers & soldats de la garnison ayant ététués en la défendant. La mere du jeune Prince qui avoit été tué y en-tra avec les troupes Mogoles, & plus digne du nom de furie que de fem-me elle fit égorger tous les habitans, fans t n épargner un seul; elle or-donna encore qu’on fendît le ventre aux femmes grosses, de peur qu’il nerestât un enfant de cette malheureuse ville. H fallut même pour assouvirla rage de ce monstre ait r ré de sang, que les bêtes eussent le même fortque les hommes & les femmes, & elle fie périr tous les êtres vivans: en-fin

(d) Nìstavi iu Jalal. Mirkbond, FadleUab , ap. De La Croix , p. 352-397.