HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. V* 3 0
C H A P I T R E V.
Conquêtes dans slran, depuis la bataille de f indus, jusqu'au retour de Jenghíz
Khan en Tartarie.
T A bataille de l’índus coûta à Jenghiz Khan vingt-mille hommes, & de- A.D.J.C.
puis qu’il avoir mis le siégé devant Talkhan , il n’en avoir perdu pas I222 -moins de deux-cens-mille. U ne laissa pas de donner avis de ses heureux ‘s e {ssX [zsuccès aux Gouverneurs des Provinces, & particulièrement à Habbé & à Khan.
Suida, qui avoient alors achevé de conquérir l’Irak Persienne; il leur or- ---
donna en même tems d’entrer dans 1 ’Azerbejan, l’ancienne Médie Atropa-tienne, au printems de fan 619 de l’Hégire. Ç)uand il reçurent cet ordreils étoient en quartier d’hyver à Senovarende, ville de cette Province qu’iis ne .avoient emportée d’assaut ; ils écrivirent d’abord pour faire venir un r en- H( w efort de troupes du Khorasan. Ces troupes ne furent pas plutôt en marche, 6l s j. c.qu’elles rencontrèrent & défirent trois ou quatre-mille chevaux Karaz- 1224.miens, fous les ordres de Takin , qui se sauva à Jorjan dans le Tabarestan,ou Aynnnjé Khan , dont nous avons parlé, s’étoit retiré. L’Officier quicommandoit les Mongols les poursuivit, & les trouva tous deux rangés enbataille entre Jorjan ôc Aftarabad; il les attaqua, & après un rude com-bat les mit en déroute. Aynanjé Kban s’enfuit auprès de Kayaso’ddin , fretsdu Sultan Jalaloddin, qui étoit maître du Kbuzestan, & il mourut peuaprès. Cette action se passa au commencement de farinée 1222.
Les deux Généraux ayant reçu le renfort qu’ils attendoient, marche- Ardebilrent du côté d 'Ardebil ou Ardevil, ville forte & marchande à deux lieues & Taurísde la montagne de Savelane, qui après quelque résistance se rendit à dis.crétion. Les Mongols tuèrent la plupart des habitans, & après avoir pilléla ville la brûlèrent. Elle a été rebâtie depuis, & elle est à présent une desplus belles du Royaume de Perse. D’Ardebil les Généraux Mongols serendirent à Tabriz ou Tauris, Capitale de l’Azerbéjan. Le Gouverneur,qui avoit du courage, rejetta toutes les propositions qu’iis lui firent. IIles fatigua par une infinité de sorties, & les attira souvent dans des em-buscades. Mais ayant été à la fin obligé de combattre en rase campagne,il fut battu; il se sauva pourtant dans la ville, oú il auroit pu tenir long-tems encore, si les habitans ne l’eussent obligé de proposer auparavant laPaix aux Généraux Mongols, qui y consentirent aisément dans la craintequ’ils avoient que les Géorgiens, qui passoient pour les plus vaillans Peu-ples de l’Asie, ne se déclarassent pour les habitans de Tauris. Ayant ap-pris ensuite qu’ilyavoit quelques troubles à Iípahan , ils retournèrent dansl’Irak; mais celui qui en étoit fauteur ayant été tué par ceux de son partimême, ils ne firent souffrir aucun châtiment à la ville.
Les Géorgiens, craignant d’être attaqués à leur tour par les Mogols,ré- i e % Géor-folurent de les prévenir; & quoiqu’on fut au cœur de 1 hiver, ils entre- gíe-ns fontre nt dans l’Azerbejan pour aller chercher les troupes que les deux Géné ta guerretaux y avoient laissées; mais y en-ayant trouvé plus qu’ils ne croyoient, Vsj 0 'Tome XVII. A a a ils ‘ '