Buch 
17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
Seite
368
JPEG-Download
 

z63 HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. IV.

A.D. J.C. bouche. & se tournant vers ses enfans il s’écria. „ Ce seroic d’un tel pereii-ut. ,, que tout fils devroit souhaiter d’être né t*) Qui peut affronter le péril’Tvn dont ce Prince vient d’échapper, peut s'ex poser à mille autres, 6cKhans 112 » l’horame sage, qui saura pour ennemi, sera toujours fur ses gardes”.

-‘—, Mehcmed Kijsavi , Auteur de l’Hiítoire de Jalalo'ddin , rapporte que le

lisait Sultan, pénétré des cris des personnes de fa famille, qui le prioient de lesmyr fa délivrer je la servitude des Mongols, commanda qu’on les noyât, & quejaimlle. ^ ordre fût exécuté fur le champ. Mais d’autres Historiens, qui ontfait un affez long détail de ce qui se passa dans cette journée, assurent queJcnghiz Khan après le passage de ce Prince fit venir en fa présence se8Temmes ,& tous ses Enfans, que l’on tua par son ordre les mâles, du nom-bre desquels fut le fils ainé du Sultan âgé de huit ans. Ensuite il fit reti-rer de la riviere par des plongeurs tout for & l’argent que Jalalo'ddin yavoit fait jetter.

Ses ex - ' Auffi-tôt que ce Prince fut arrivé heureusement dans les Indes , il mon-fMtsaux t a f U r un arbre pour y passer la nuit, & se mettre cn sûreté contre les bê-Indes. tes féroces. Le lendemain, comme i! marchoit avec inquiétude le long dufleuve, & qu’il regardoit s’il ne paroissoit aucun de ses gens, il apperçut unetroupe de soldats ar ec quelques Officiers, parmi lesquels il y avoit trois deses confidens. Après la premiere déroute de farinée ils a voient trouvé unbateau, & avoient navigé toute la nuit avec beaucoup de péril à cause desécueils & de la violence du courant. Peu après il vit venir à lui trois-censchevaux, qui lui dirent qu’il y en avoit encore quatre-mille, qui s’étoientsauvés à la nage à deux lieues de-là. Le Sultan les alla promptement cher-cher, & promit de pourvoir à leurs besoins. Dans le même tems un Offi-cier de fa Maison , nommé Jamalarrazad , qui ne s’étoit pas trouvé à labatai'le , ayant su que son Maître & plusieurs de ses gens s’étoient sau-vés, se bazarda à charger un fort grand bateau d’armes, de vivres, d’ar-gont& d’étosses pour les soldats, & traversa le fleuve pour aller joindre leSultan. Jalalo’ddin , pour reconncître un aussi grand service, le fit Grand-Maîcre de sa Maison, & le surnomma Eftiaro'ddìn, c’est-à-dire t élite ou lagloire de la Foi. Depuis ce tems-là tout succéda heureusement au Sultan,j! donna plusieurs batailles dans l’Indostan, & y fut d’abord victorieux;ilfit des conquêtes & des alliances. Mais a la 6n ses prospérités excitèrentla jalousie des Princes Indiens, qui se liguèrent contre lui, L l’obligerent àrepasser l’Indus. D’autres Historiens disent que son retour en Perse futvolontaire, pour tâcher de recouvrer une partie de ses Etats dans l’ab-sence de Jenghiz Khan. Mais nous k quitterons à présent, pour revenirà ce Conquérant (a).

CHA-

(/?) Fadlaïïah, Nijfavi, Marakeshy , ap. De La Croix, p. 402-4:2.

(*) Ou, comme dit Abu'lgbatà Khan , quV« pouvait nommer heureux à jufte tiíre ie Perequi avoit un tel fils.