HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. V. 375rent à cultiver des jardins, & à nourrir des troupeaux, comme s’ils avoient A.D.J.C. 'compté de fixer leur séjour dans ce Pays-là. Mais comme ce climat étoit 1722.fort différent de celui auquel ils étoient accoutumés, dès que i’air brûlant Le reg " ede ces contrées se fit sentir, ils tomberent presque tous malades ; uy grand ^'î eilgWznombre mourut, & la plupart des autres demeureront fi foibles & fi lan-guissans, qu’ils n’étoientpas en état de servir. Ces maladies garantirent pource tems-là de l’invasion des Mongols le Fars ou Pars, qui est la Perse pro-prement dite , & cette partie du Khuzestan , qui appartenoit à KayaJ'o’d-din frere de Jaialoddin , & où il y avoit des villes fortes. Jagataï rétablitses troupes, en les faisant changer plusieurs fois de lieu ; & trouvant queles esclaves qu’ils avoient leur étoient à charge , ils les fit presque tous é-gorger. Ensuite il donna le Gouvernement des Pays conquis à un de sesLieutenans, & prit suivant les ordres de son pere le chemin de Balkh oùétoit le rendez-vous général (a).
Après la prise de Kandahar, Jenghìz Khan décampa, & continua de Le Khanmarcher vers le Gihon ou Amu. 11 paíìa le reste de l’été dans un lieu retourne àcharmant au midi de ce fleuve, où il s’mforma des antiquités de Balkh BokhariU& en particulier de Zeridesht Bekram ou Zoroajtre, le célébré Auteur de làReligion des Adorateurs du Feu. II y reput aussi des Lettres du Khan deTangut , qui lui faisoit des soumissions, & lui offroit d’êcre son tributaires’il vouloir lui pardonner le passé. On lui répondit qu’on acceptoit ses of-fres, pour Tempêcher de former de nouvelles entreprises. II tut aussi ré-solu qu’on passeroit l’Amu, pour intimider tous ceux qui auroient quelqueenvie de remuer. Le Khan manda donc à ses Généraux de partir inces-samment des lieux où ils étoient pour le suivre, & en attendant se rendità Bokhara. Ce fut-là qu. il eut une conversation avec les Savans fur la Re- Hégireligion Mahométane; ils lui dirent quelle consistoic en cinq articles princi 620. J.C.paux. r. A croire un leul Dieu, Créateur de toutes choses, qui n’a pointd’egal. 2. A donner aux Pauvres le quarantième denier de son revenu oude ce que l’on peut gagner. 3. A prier cinq fois par jour. 4. A jeûnerpendant un mois de Tannée. 5. A faire Je pèlerinage du J erople de.Ja Mec-que pour y adorer Dieu. Jenghìz Khan leur dit qu’ii croyoit auffi le pre-mier article , qu’il approuvoit les trois fui vans, mais qu’il ne goûtoit pasle dernier, parcs que tout TUnivers est la Maison de Dieu, & qu’il trou-voit ridicule qu’on prétendît qu’un lieu peut être plus propre que j’autrepour adorer Dieu. Les Docteurs Mahométans furent un peu lcandalifésde ses sentimens fur ce dernier article, puiiqu’ii soutenoit qu’on n’avoit pasbesoin de Temples. _ ^
1 Jenghìz Khan passa 1 hiver à Bokhara, & se rendit ensuite à Samarcan- Hubbé Nde , où il passa la plus grande partie de 1 année ; & ayant résolu de tenir Suida pas-une Diette générale Tannée suivante à Tonkai , il envoya ordre aux Prin -finparces, aux Gouverneurs & aux Généraux de s’y rendre. Hubbé & Suida eu _ Derbcnd,rent ordre de revenir par Derbend, c’est-à-dire par les Portes Caspiennes •iis entrèrent donc dans le bhirwan , & s’emparerent de. Shamakie la Capì’-
taie,
(a) Fadlallab, Nifavi, ap. De LaCroix, p. 424-434. Mu’lghazt Khan, p. ZrL-AZv.
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