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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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374 HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. V.

A.D.J.C. taie, qu’ils traitèrent d’abord avec rigueur, à cause de la résistance qu’iîs'L * 2 Y avoient trouvée j mais ensuite ils prirent le parti de ménager le Pays Ade Jenghiz ^ es souples, pour obtenir du Roi la liberté du passage par Derbend. MaisKhan. ce Prince, craignant qu’ils n’eussent dessein de se saisir de cet importantK poste, & de le chasser de ses Etats , leur refusa leur demande sous diversprétextes. Les Généraux Mongols ayant employé inutilement les prières,userent de menaces, ce qui leur fit obtenir ce qu’ils demandoient, & mê-me des Officiers pour les conduire.

En passant à Derbend , ils admirèrent de quelle maniéré la Nature &l’Art avoient travaillé pour la défense de ce passage, & ils avouèrent qu’onne pouvoit le forcer, il y a entre la Mer & la Montagne un espace d’unquart de lieue de largeur, fermé par deux murailles, bâties de gravier & decoquilles pétris ensemble , ce qui fait une composition plus dure que lapierre ; & ces murailles , qui ont six pieds d'épaisseur, font fondées fur leroc , & règnent de la montagne jusqu’à la mer , deforte que les passansfont obligés de passer par les portes de fer (*) qui font à ces murs. L’es-pace que couvrent les murs fait le tiers de la ville , qui s’appelle Shahr-yûn-nân, c’est-à-dire la ville des Grecs, parcequ’elle fut bâtie par ordre d’A-lexandre le Grand; un autre partie de la ville est au pied de la montagne,& la troisième fur le penchant vers le sommet ; la seconde est la plus peu-plée ; & les trois ensemble ont près de trois quarts de lieue de longueur,quoiqu’elles soient peu larges. II y a une espece de Port, fermé par unechaîne attachée à deux Forts, qui font de l’un & de l’autre côté. Toutcela est encore défendu par un château , qui est au haut de la montagne.Mais il y a peu de commerce ( a ).

Défont les Les Orientaux disent que depuis qu’autrefois Alexandre conduisit sonDaghe- armée par Derbend, on n’en connoît point d’autre qui y ait passé que cel-íìans. )e de Jenghiz Khan. Les Alans , qu’on appelle aujourd’hui Tartares de

Daghestan, furent très-surpris de voir tout à coup paraître les Mongols, &craignant qu’ils n’en voulussent â leur liberté , ils rompirent les chemins,& ruinèrent par-tout ce qui pouvoit aider à leur subsistance. Les deuxGénéraux, irrités de ce procédé, prirent & ruinèrent Tarkû la principalede leurs villes. Ils surprirent ensuite Terki, Capitale desCircastiens, qui s’é-toient joints aux Alans , aussi bien que les Tartares Kahnuks (f) , voisinsdu Wolga & de la Mer Caspienne. Cependant les Généraux Mongols,prévoyant que si ces trois Nations mettoient fur pied toutes leurs forces,ils ne pourraient leur résister, envoyerent des Exprès aux Tribus Kalmu-ques, pour leur représenter qu’ils étoient Tartares comme eux, qu’ils nedemandoient qu’à s’en retourner dans leur Pays, & qu’ils les prioient d’ê-tre les arbitres de cette guerre. Les Kaimuks gagnés par ces raisons , &

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(a) De la Croix , p. 443-445, Abttlgbazi Khan, p. 308.

(*) Appellées de-lâ Demir Kapi par les Turcs, & Bahal ahwah, c’est-à-dire la Portedes Portes, par les Arabes. Darhend ou Derhend signifie en Persan la fermeture des Portes.

(t) Nommés fans-doute ainsi, parcs qu’ils étoient Païens, au-lieu que les deux autresNations étoient Mahométanes ou Chrétiennes.