Buch 
17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
Seite
380
JPEG-Download
 

A- D J. C.1224.]_,e rognede jenghizlihaa.

Conquêtesdaus lesIndes.

3 So HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS Liv. IV. Ciiai>. V.

ghiz Khan fit périr dix-huit millions, quatre-cens, soixante - dix - millepersonnes (a).

Jenghiz Khan passa le rems des grandes chaleurs à Va-lu- van , où lesPrinces ses fils & ses Généraux se rendirent; on y convint dune forme deGouvernement pour les Pays conquis en Occident; & c’est la premiersfois que l’Empereur, outre les Officiers de guerre, nomma des Ta-lu-whaou 2 agûrji, c’est-à-dire des Mandarins, qui avoient le sceau & décidoientdes Affaires Civiles.

En 1224. le Khan marcha à l’Orient vers un grand Royaume nommé• Hintá, Intû ou Sintu (*). Quand on fut arrivé a un passage étroit, quis’appelloit la Porte de fer, fortifié par la Nature & i’Art, plusieurs Mon-gols dirent qu’ils avoient vu un Monstre qui ressembloit à un Cerf, avoit.la queue d’un cheval, & une corne fur la tête, dont le poil écoit verd,qui leur avoit dit : il faut que votre Maître s'en retourne. Jenghiz Khan ,surpris de cette relation , interrogea son premier Ministre Te lu chu-tfay{ f),qui lui dit que l’animal s’appelloit Kyo-touan , qiï’il savoit quatre langues,& qu’apparemment il haïssoit le carnage. II prit occasion de-là d’cxhorterle Khan à s’en retourner, & à ne plus faire périr tant de malheureux.

Ensuite Jenghiz Khan fit piller beaucoup de villes des Indes, & voyantbien que les Grands de son armée s’ennuyoient d’une guerre dans des Payssi éloignés du leur (f), il déclara qu’il vouloir prendre la route de Tarta-rie. Plusieurs Officiers d’Occident vinrent s’établir avec leurs familles dansle Kitay. Jagatai demeura pour gouverner les Pays conquis, & eut ordrede suivre en tout les conseils de Porc/ri, Généralissime de toutes les troupes.Chu-chi ou Juji fut envoyé dans \elíincha,oì\ il mourut peu de rems après,laissint pour héritier Pa-tiî son fils, jeune Prince de grande espérance (L).

Voilà ce que ì’Histoire de la Chine nous apprend de l’expédition deJenghiz Khan dans l’Occident: ce qui,comme le Lecteur s’en appercevrafans peine, est fort difficile à concilier avec les relations des Historiens del’Occident de l’Asie; puifqu’il n’y a aucun accord ni pour Tordre des con-quêtes , ni pour les dates, ni pour les noms des lieux, pour ne pas parlerde ce qu’il y a de défectueux, & de plusieurs autres défauts.

CIÍA-

(«) Couplet T ab. Sinic. Chronol. p. 74. (b) Gaubil, p. 42.

(*) C’est - à - dire llind ou Sind, deux noms que les Orientaux donnent à une partiede l’Ir.dostan. í

(t) Ceci prouve que les Historiens Chinois n’avoient qu’une connoissance imparfaitede "expédition du Khan du côté de l’Indus contre Jalab ddm; & ils ne disent rien à cetteoccasion de ce Prince.

(j) Plusieurs Livres Chinois disent qu’une armée de Mongols alla en Arabie, & pritMctina ou Médine.