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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. Ví. 3 89>, juste, nous lui obéirons tous: & s’il lui pìaiíoit de nous commander de L.p>

„ baiser la verge même dont nous aurions mérités detre châtiés, nous le 1227.'

,, ferions fans peine”. L’Empereur donna à Jagatdì le Mawara’lnahr ou Le re Z” eGrande Bukharie, & plusieurs autres Pays, dont il voulut qu’on dressât ,^J en Shizun Acte particulier par écrit, pour prevénir les dissensions qui pourroient an ‘naître entre ce Prince & ses autres héritiers: ces Pays prirent dès ce tems-là l e nom à'Ulûs Chagatay, c’est-à-dire le Pays de Jagatdì. II chargeaaussi Karashar Nevian d’accompagner ce Prince dans ses nouveaux Etats,

& de poursuivre Jalah'àïïn , s’il osoit y mettre le pied. Le dernier ordrequ’il donna regardoit Shidaskû ( a ).

II ne fut pas difficile de cacher la mort de Jcnghiz Khan , parce que c’est Ses Fum-la coutume chez les Mongols, quand quelque Grand est malade, de met-tre fur fa maison un signal pour avertir qu on ne le visite pas, & onpose des sentinelles bien loin au-delà de leur demeure, pour empêcherqui ce soit d’en approcher , s’il n’est appelle (*). Après qu’on eutfait mourir Shidaskû , on déclara la mort de Jcnghiz Khan, qui plongeatoute la Cour dans la plus grande affliction (f). On porta son corps avecla derniere magnificence au lieu que ce Prince avoit choisi pour la sépul-ture. Ce fut fous un arbre d’une beauté singulière, où revenant de lachasse quelques jours avant fa maladie, il s’étoit agréablement reposé.

Dans la fuite on éleva dans cet endroit un superbe tombeau; & les peu-ples qui vinrent le visiter plantèrent d’autres arbres autour de celui qui lecouvroit, avec tant d’ordre & tant d’art, qu’ils rendirent ce monumentle plus beau du Monde(+). Ees Historiens ne disent point qu’on ait ôtéla vie à personne en portant le corps de Jcnghiz Khan en terre, & cettecoutume barbare n’étoit fondée fur aucune Loi : il est certain toutefoisqu’on a exercé cette cruauté aux funérailles des Empereurs qui lui ontsuccédé. Les Cavaliers qui accompagnoient la pompe funebre, faisoientmourir ceux qu’ils rencontroient fur leur passage, persuadés qu’ils écoientprédestinés à mourir en ce tems-là (f) ; ils égorgeoient même les plusbeaux chevaux.

Jcnghiz Khan avoit toutes les vertus requises dans les grands Conque- s<mCmr.c

(«) De la Croix, p. 486-489.

r ans, tore & fingénie.

C*) Abulghazì Khan dit que les fils de Jenghiz Khan, conformément à ses ordres,tinrent fa mort cachée,' & qu’ayant assemblé une grande armée ils alierent assiéger la villede Tangut , laquelle étant tombée entre leurs mains, après une résistance fort opiniâtre,ils firent mourir Sbirlaskâ avec bon nombre de ses soldats, & emmenèrent tout le resteen esclavage.

st) Ses fils le pleurèrent pendant trois mois, selon Abu'lghazi Khan\ & De la Croix,dit que la nouvelle de fit mort s’étant répandue par tout l’Émpire, la Cour fut rempliede Khans & de grands Seigneurs tributaires ou alliés, qui vinrent en personne consoler lesPrinces affligés,' & que cette affluence de Souverains dura au moins six mois.

(t) Suivant Abu’lghazi Khan cet endroit fut nommé Burkhan Raidi» , & il ajoute quetous les Princes de la postérité de jenghiz Khan qui font venus à mourir dans ces Pro-vinces y ont été enterrés.

(f) C’étoit plutôt un prétexte, car il 11e paroìt point que les Mongols crussent la Pré-destination,

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