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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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390 HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. VI.A.D.J.c.rans, un génie propre à former de belles entreprises, & une prudence1 reine consommée pour les conduire ; une éloquence naturelle pour persuader;Jenghiz une patience à l’épreuve de toutes les fatigues & de tous les obstacles ; uneKhan. tempérance admirable, un grand sens, une pénétration vive qui lui faisoit

-—' prendre fur le champ prelque toujours le meilleur parti ; mats il faut

avouer, dit notre Auteur, qu’il étoit sanguinaire, & qu’il traitoit ses en-nemis avec trop de rigueur (a). Le grand génie de ce Prince paroît enpartie par la discipline qu’il avoit établie parmi ses troupes, dont nousavons déja rendu compte. Quand il s’agilïoit d’entrer en campagne,chacun de ses sujets savoit combien il devoit fournir à l’équipage de far-inée; il punissoit auffi rigoureusement le vice &Je crime,qu’il récompen-sait généreusement la vertu & les belles actions. II ne se contentoit pasde choisir des hommes robustes pour la guerre, il falloit aussi qu’il leur re-marquât du génie, & il choisissoit ses Officiers parmi les plus braves d'en-tre eux. II destinoit ordinairement les meilleurs piétons d’entre les captifsà la garde des chevaux, & les plus grossiers à celle des brebis. Tant debons réglemens lui donnerent beaucoup de facilité à soumettre les Pays& les Royaumes voisins, où les choses n’étoient pas si bien réglées. IIétoit auffi accoutumé d’assembler une fois par an tous ses Officiers tant ci-vils que militaires, & d’examiner s’ils avoient la capacité requise pour sebien acquitter de.leurs emplois, ne manquant jamais de donner de grandeslouanges à ceux qui avoient le mieux rempli les devoirs de leurs charges (b)»S'iKetí- Quant à la Religion, Jenghiz Khan étoit Déiste, comme on l’a déja re-gion. marqué. Lorsqu’il entra pour la premiere fois dans la Chine, il donnaordre d’empêcher les Bonzes de se mêler en aucune façon de ce qui con-cernoit l’Armée ou la Cour, ayant bonne envie de les détruire, parceque,dit l'Histoire Chinoise de ce Prince, on ne sauroic dire exactement enquoi coníìstoít sa Religion (*).

Ses Fem- Jenghiz Khan eut beaucoup de femmes (f), & parmi celles - ci il y entnes. avoit un grand nombre qui avoient le titre d’Impératrices. Toutes cesfemmes étoient distinguées par les Palais qu’elles occupoient: ces Palais,nommés Ordií ou Ortû, étoient au nombre de quatre. La premiere & laplus considérable de ces Impératrices étoit Hyu-chen, fille de Te -in, Sei-gneur des Iiongkilats ou Kongorats , dont Qctdì & Toley étoient fils, & quipar cette raison paíìbient avant les autres. Le Khan exclut de la couronneles Princes de fa famille, dont la mere seroit de race Chinoise (c).

Voilà tout ce que l’Histoire de la Chine nous apparend des femmes deJenghiz Khan. Les Historiens Occidentaux parlent de cinq, qu’il estimoitplus que les autres. Gnzi Suren (j), fille du Khan des Naymans, qui fut

fa

(a) Da la Croix , p. 493, 494. (b) Abulgbazi Khan , p. 348-350- (0 Gaubil, p. 53.

(*) Cela semble indiquer que l’Auteur de cette Histoire étoit de la Secte de Fo; car laReligion de Jenghiz'Khan paroît n’avoir pas différé de celle de Confucius en ce qui regardela Divinité.

(t J l'miìallah dit qu'il en avoit près de cinq-cens, fans parler des concubines. De la Croix.

(I) Abu'lghazi Khan l’appclle Karizu ou Karíju , & la met la troisième en rang : 11 ditauílì qu’elle étoit veuve de Tayjan , Khan des Naymans.