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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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3 94 HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. Ví.A.D.].C. „ seroit parent au premier ou au second degré ; on ne défendoit pas lest227- „ autres affinités, deforte qu’un homme pouvoit épouser les deux sœurs.

Le régné ^ Q sl p erm ic la Polygamie & l’usage des Filles esclaves”. Cela fut causeKhan? 112 d ue dans la fuite chacun prit autant de femmes L d’esclaves qu’il en pou*voit nourrir.

„ 18. Une autre Loi condamnoit les Adultérés à la mort, & il étole„ permis de les tuer quand on les surprenoit sur le fait ”. Marc Polo rap-porte que les habitans de la Province de ICaindu murmurèrent contre cetteOrdonnance, parce qu’ils a voient coutume, pour bien faire les honneurschez eux & pour mieux recevoir leurs amis, de leur offrir leurs femmes &leurs filles. Us présenteront plusieurs Requêtes au Khan pour n’être pointprivés de ce privilège. Ce Prince cédant à leur imporcunité les abandonnaà leur honte, & leur accorda ce qu’ils demandoient, mais il déclara enmême tems qu’il tenoit ces Peuples pour infâmes.

„ 19. Pour entretenir 1 amitié entre ses sujets, il régla les alliances &„ les étendit fort loin ; il permit à deux familles de s’allier quoiqu’elles„ n’eussent point d’enfans vivans. II suffisoit que l’une eût eu un fils &,, sature une fille, quoique tous deux morts, il ne falloit qu’écrire un„ contract de mariage, & faire les cérémonies ordinaires; les morts étoient„ réputés mariés, & les familles véritablement alliées”. Cet usage dureencore aujourd’hui chez les Tartares, mais la Superstition y a ajouté descirconstances: ils jettent au feu le contract de mariage, après y avoir faitquelques figures qui représentent les prétendus mariés, & quelques figuresde bêtes. 11s sont persuadés que tout cela est porté par la fumée à leursenfans, qui se marient dans l’autre Monde (a).

„ 20. II fut défendu fous de séveres peines de se baigner & de faire„ aucune sorte d’ablution, & même de laver ses habits dans les eaux cou-,, rantes, pendant qu’il seroit du tonnerre”. Les Peuples de l’ancienMo-golistan & des autres Pays voisins redoutoient si fort le tonnerre, parcequ’il faisoit de grands ravages, qu’auíîìtôt qu’ils l’entendoient gronder, ilsse jettoient tout éperdus dans les Lacs & les Rivières où ils le noyoient.Temujin , voyant que cette terreur extraordinaire lui faisoit perdre sesmeilleurs soldats, fit cette Loi, par laquelle il leur fit accroire que lesexhalaisons qu’ils excitoient en remuant l’eau, formoient principalement letonnerre, & qu’il cauferoit moins de dommage s’ils s’éloignoient de l’eau.Les Tartares observent encore cette Loi, à l’exception de ceux qui sontMahométans, qui la regardent comme une superstition qui fait violenceà un des points capitaux de la Religion Musulmane, qui ordonne de se la-ver par-tout où l’on trouve de l’eau; ils font même persuadés que ían$ces ablutions il n’y a point de salut à espérer pour eux.

„ 2i. Les Espions, les Faux-témoins, les Sodomites & les Sorciers (*)„ furent condamnés à la mort. „ 22. lï

(a) De la Croix, p. ro§.

(*) Cependant, si non s en croyons îes Missionnaires & d’atttres Auteurs, il y avoit, dateins de jcngbiz Khan & de ses successeurs immédiats, des Sorciers, comme il y ea a en-core aujourd’hui.