DANS.LE MOGOLISTAN. Liv. V: Chap. I. 3 ppnéraux, des Gsttíyerneurs, des Commissaires & autrès Officiers', qu’il rap- A. D. J.C,pelioit, cassoituS-changeoit comme il Je jugeoit-à-propos (à). Ce parta- I23 °’ge est fore conforme à celui dont parlent les Historiens Occidentaux. Ilsdisent que Jenghiz Khan partagea de son vivant ses Etats à ses enfans,& Khan,V.qu’après fa mort les choses demeurèrent fur le pied ou elles étoient : le EmpereurKipchak ou Kapcbak resta à Batû ; Jagatay eut pour fa part la Grande Buh * sMo *barìc, le Karazm & le Turquejian ; Tuli eut le Khorasan , la Perse & les In- g03 ‘des ; tout le reste fut le partage d'Octay , savoir le Mogolistan, le Katay 1
ou Kit ay , & les autres Pays vers POrient de la Mer de Tartarie (b).
La même année les Rois de Mulay (*) & d ’lntû vinrent en personne àKarakorom faire leur cour à OStay , tít le Seigneur du Pays & la villed ’Tsepalano (j) vint aussi se soumettre au Khan.
Jenghiz Khan , après son retour d’Occident (j.), se trouva sans provision Lmsfrtrde ris & de soieries.. Beaucoup de Grands voulurent persuader à ce Prin -.pe/'ées.ce que les Pays conquis dans le lvitay n’étoient d’aucune utilité, à moinsque d’en tuer tous les habitans ; mais que si on se défaisoit de ces gensinutiles, on pourroit faire de leur Pays de grands pâturages, qui pour-voient être d'un grand secours. Telu Chu-t/ay eut alors une belle occa-sion de faire voir aux Mongols ce qu’il savoit. II expliqua à Jenghiz Khanla maniéré dont il falloit s’y prendre pour rendre la conquête de la Chineutile. On n’a, dit ce Ministre, qu’une petite partie de la Chine ; cepen-dant, si on établit un bon ordre, les terres labourées,le sel, le fer, le profitdes rivières, L autres marchandises peuvent produire par an à l’Émpereurcinquante van de Lyang (s) ou de Taëls, quarante van de tan de ris, &huit - cens mille pièces de foie ; tout cela peut se faire sans incommoderles Peuples. Jenghiz Khan fut frappé de ce discours de Telu • chu-tsay , & ce Prince comprit dès lors qu’un Conquérant devoit penser àautre chose qu’à se rendre fameux par les massacres des ennemis;qu’il falloit des Capitaines pour combattre, mais qu’on avoit besoin deMagistrats pour gouverner,de Paysans pour labourer, de Marchands pourtrafiquer, de Mandarins pour avoir foin des revenus de l’Empire, & mê-me de Gens de Lettres. Octay , qui avoit encore mieux goûté que son perele discours de ce sage Ministre, étant devenu Empereur donna à ce Sei-gneur le soin de régler les Droits. Telu divisa le Pe-che- fi, le Chantong, leChan-Jì,& le Leaotong en dix Départemens , avec une Douane dans la villeprincipale, à laquelle d’autres moindres villes ressortoient; óc on mit desMandarins pour gouverner le Peuple.
Oíòtay
(a) Gauhil, p. 56, 57 - (D Be La Croix, p. 495.
(*) Mulay est 1 c Royaume où Toley fit de grands ravages, dans le tems que Jenghiz^■han son pere faisoit le fíege de Talkban . Gaubil. — C’eíì, serable-t-il, le Pays des Mola-° e dah ou Assassins dans le Mazanderan & dans le Kuheslan.
Ct) C’est probablement Esfarayn ou hfarayn dans le Khorasan, car les Chinois don*ttent à Ifpaban le nom de Isefaban. Gaubil.
(f) Par Pays Occidentaux les Chinois ont entendu tous ceux qui font à l'Occident deHanh où Kbamii & de Tursan.
Ct) Van est dix-mille, & le Lyang vaut environ six sheíings & huit fols d’Angleterre.