4 o6 SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHAN
A. D. J.C. res, qu’il fit arborer fur les murailles ; il y plaça aussi ses plus mauvaises1232 . troupes, se mit ensuite à la tête de quatre-cens braves soldats, qui é-Le régné to j ent xout nuds, & les mena à toutes les attaques; son cri de guerre étoit,Khan// Lâches retirez-vous. 11 inventa de nouvelles Machines à lancer des pierres,Empereur qui pouvoient être servies par un plus petit nombre de personnes ; ellescks Mo- portoient les pierres jusqu’à cent pas, & si juste qu’il donnoic où il vou-gols. loi t. Lorsque les fléchés lui manquèrent, il prit celles que les ennemis lui
tir oient, les fit fendre'en quatre , & après les avoir armées avec des de-niers de cuivre, il les f ai soit mettre dans un tube de bois, d’où il les fai-soit partir fur les Mongols, comme des balles partent d’un mousquet. Atous les assauts on trouvoit ses braves nuds, suivis de mauvais soldats , &ils faisoient autant de bruit que dix-mille hommes en auroient pu faire.Kyang-shîn fatigua si fort les Mongols pendant trois mois, qu’ils furentobligés de lever le siégé, quoiqu’ils fussent au nombre de trente-millehommes.
Propojî- Octay , qui songeoit alors à retourner en Tartarie, fit sommer l’Empe-tìons de reur des Kins de l'e déclarer son tributaire, & de lui remettre vingt. septfaix. familles qu’il lui indiquoit, avec la femme, les enfans & les esclaves dufeu Général Ilapua. L’Empereur Cbeu - f i , charmé de l’occalion, nommades Mandarins pour traiter de la paix. Mais Suputay , feignant d’ignorercette négociation, pressa le siégé plus vigoureusement que jamais ,& fit com-bler promptement une partie des lossés, pendant que le Gouverneur, quicraignoit de nuire aux Conférences, défendoit à sc s gens de tirer fur lesMongols. Cela causa un grand désordre dans la ville : l’Empereur sortitbrusquement du Palais avec sept Cavaliers; il pleuvoir à verse, & le Prin-ce étoit déja tout couvert de la boue des passans, quand le Premier Mi-nistre avec une troupe de Mandarins arriva. Ils vouloient couvrir le Mo-narque & le garantir de la pluie, mais il dit qu’il vouloir s’exposcr com-me le moindre soldat. En le voyant le peuple fondoit en larmes & sc prof-ternoit à ses pieds, comme si tout étoit perdu. Cinquante Cavaliers vin-rent avertir ce Prince, que les fossés étoient à moitié comblés, fans qu’ilfût permis de se défendre. 11 répondit que ne vivant que pour son Peu-ple, il vouloir se déclarer sujet & tributaire des Mongols ; il ajouta qu’ilalloit envoyer le Prince son fils en ôtage :fi après cela , dit-il,sor Tache (*)ne Je retirent pas, il fera tems de Je défendre. Le même jour l’òtage partit (a).Mêconten- Suputay redoubla ses attaques , & les Kins recommencèrent à se défen-tementda dre vigoureusement ; ils lancèrent des boulets de pierre , & quoique lesSuputay Mongols n’en eussent pas de cette forme, ils faisoient rompre des meulesà cejujet. ^ mou ]j n en p] u fieurs quartiers , qu’ils faisoient jetter jour & nuit avecleurs machines. Ils renversèrent plusieurs tours, & brisèrent de grossespoutres des maisons voisines;les assiégés couvroient les maisons de fumierde cheval , de paille & ensuite de feutre , & d’autres matières qui amor-tissaient , les coups de pierre. Les Mongols sc servirent alors de Pao à
(d) Gaubil, P- 68-70.
feu,
(*) On peut dire aufli Tatan. Cc-st un nom des Mongols.
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