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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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DANS LE MOGOLISTAN. Liv. V. Chap. I. 407feu (*) , & ce feu fe commimiquoit avec tant de rapidité , qu’on avoit A. D. J.C.beaucoup de peine à f éteindre. Les murailles de Ja ville avoient été bâ* 1232.ties par l’Empereur Chi - tsong , de la Dynastie des Cheu (f), qui les avoit J'ÁL egnefait enduire d'une terre , qu'il fit apporter du Pays de tiu-lao (!) , que le Khan//teins avoit' rendue aussi dure que le fer,desorte que les boulets ne Tenta- Empereurmoient point. Les Mogols élevèrent aussi une muraille de cent-cinquante fies Mo-is de circuit, qui environnent celles de la ville; elle étoit munie de folles S°' s *profonds, de tours, de créneaux, & de trente en trente pas de corps de garde.

D’un autre côté, dès le commencement du fiege, les assiégés avoient fait II continuedevant les portes de la ville d'autres portes, qui alloient en zigzag , & leSiege.par lesquelles on ne pouvoìt passer que trois de front. Mais l’expériencefit voir que cela nuifoit aux sorties, & quand on en faifoit les Mongolss’en appercevoient d’abord. Les Kins tentèrent une sortie par un conduitqu’ils ouvrirent par-dessous les foliés dans le dessein de faire sauter les bat-teries de Suputay„ mais ils ne réussirent pas, & le Général Mogol ne putêtre surpris. Ils avoient alors dans la ville des Pao à feu qui jettoient despieces de fer en forme de bombes (§) ; elles étoient remplies de poudre,

lorfqu’on y mettoit le feu elles éclattoient avec un brait semblable à ce-lui du tonnerre, qui s’entendoit de cent Lys-, Tendrait où elles tomboientétoit entièrement brûlé , & le feu s’étendoit dans tous les environs à plusde deux-mille pieds; ce feu perçoit les cuirasses de fer. Quand les Mon- -gols sc furent logés au pied de la muraille pour saper , ils se mettoient àcouvert dans des souterrains, enforte qu’on ne pouvoìt leur nuire de des-sus les murailles. Les assiégés pour les déloger áttachoient de ces bombesà des chaînes de fer , & les faifoient descendre dans les fossés & dans lessouterrains , où elles prenoient feu par le moyen d’une meche , & fai-soient périr les ennemis ; ils avoient encore des halebardes à poudre qu’ilslançoient ; & ces deux fortes de feux étoient ce que les Mongols redou-toient le plus.

En seize jours & seize nuits d’attaques continuelles il périt de part &. Il est forcéd’autre un mil,ion d’hommes. Suputay voyant qu’il ne pouvoìt forcer la da fe re-place , chercha à fe retirer avec honneur ; il fit dire au Gouverneur qu’il Urer 'étoit inutile de sc battre plus longtems , puifqu’on tenoit des Conférences

pour

(*) Il y avoit deux sortes de Pao; le She-pao qui étoit une machine à lancer des pier-res, & le Ho-pao qui jettoit du feu. Gaubil n’a pas osé traduire Canon, parcequ’ii ne saitpas bien 6 c’étoit un canon comme les nôtres ; de même il n’ofe assurer que les bouletsdont il est parlé se tiroient comme ceux d’aujourd’hui, quoiqu’il soie certain selon lui queïes Chinois ont Tusage de la poudre depuis plus de iéoo ans. 11 s se servent quelquefoisde tubes ou canons de bois pour tirer des pierres, comme on faifoit d’abord en Europe.

(f) 11 commença à régner Tan de J. C. 954, & régna six ans.

(|) Gaubil dit qu’il ne fait où est ce Pays.

(g) Quoique nous bazardions le mot de bombes, Gaubil n’a osé y donner ce nom. IIObserve que quoique les Chinois eussent Tusage de la poudre depuis si longtems, on nevost pas qu’ils s’en servissent beaucoup dans les sièges. II se pourroit^dit-il, qu’ils ayentPerdu quelquefois l’art de servir Tartillerie; ou peut-être les boulets & l’espece de bom-bes dont il s’agit ici.n’étoient que de Tinvention de quelques particuliers, qui ne passoitsas à d’autres.

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