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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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4 og SUCCESSEURS DE JENGHíZ KHAN

A.D.J C. pour la paix. Les assiégés ravis de ce message lui envoyerent beaucoupi2I2. de rafraîchissemens & de présens, & il alla camper encre la riviere de LoîOSc gn<i à ÌL JVcmg'ho. Mais à peine Kay -fong -su fut - elle délivrée du siégé, qu’el-KhanT/; le suc affligée de la peste, qui en cinquante jours emporta une prodigieu-Empereur fe multitude de peuple. Après que la contagion eut cessé, l’Emperéur fitcks Mo- de grandes largesses aux Officiers qui avoient défendu la ville, régla seg° ls - Cour, & retrancha les dépenses inutiles. La paix si heureusement rétablieauroit sans-doute duré , íì deux'fâcheux événemens n’avoient renouvellela guerre.

II reçoit Un Seigneur Mogol , nommé Que- Gan-yong , avoit pris au mois deordrede J u îl!et Su-cbeu & quelques autres villes dans le Kyang-nan , & prétendoicreprendre en être Gouverneur; / icbûlû , un des Généraux Mongols, en fut mécon-loòte S 1 ’- , & envoya des troupes pour se mettre en possession de ces villes.Gan-yong s’y opposa, & tua même l’Officier d 'Achûlûr, ensuite il se décla-ra pour les Kins, & sc joignit à plusieurs de leurs Officiers qui commun-dolent dans le Chantong pour faire la guerre aux Mongols. L’EmpereurKin , trompé par de fausses espérances , prit Gan-yong à son service,& luidonna le titre de Prince. Oâay, ayant envoyé un Officier avec une suitede trente personnes, fans-doute pour traiter de la paix, les Commandansdes Kins les tuerent tous, fans que Cbeu-su en fit aucune justice (*). Su-■putay fit savoir à l’Empereur son Maître ce qui venoit de sc passer, & nedoutant point qu’il ne reçût des ordres de recommencer la guerre , il fitles préparatifs nécessaires. Effectivement OEtay le chargea aussi bien qued’autres Généraux de rentrer en campagne. Ce Prince apprit presque enmême teins que les Coréens avoient massacré ses Officiers, déserté qu’ilenvoya une armée pour les punir ( a ).

Extrémité L’Empereur des Kins avoit ordonné à ses Généraux de rassembler en unoù je trou- seul corps toutes ses troupes, qui étotem dispersées, & de venir au secoursvêla Ca- ^ | a Capitale; mais les Mongols les ayant battues avant quelles eussentf !tae " pu se joindre, Cheu-su se vit dans la nécessité de lever des paysans & des

gens de la lie du peuple ; il taxa aussi les habitans de la ville à donner letiers de chaque dixaine de mesures de ris, & à déclarer la quantité qu’ilsen avoient. Cet ordre fut exécuté avec tant de rigueur, qu’une pauvreveuve, qui avoit perdu son mari à !a guerre, sut condamnée à être fusti-gée pour avoir mêlé de la graine d armoise dans six mesures de ris qu’elleavoit déclaré. Le peuple fut effrayé de cette sévérité, & on jetta dansdes égouts ou dans des cloaques, de peur d’étre puni, une grande quantitéde ris, qu’on n’avoit point déclarée. La misere devint extrême dans laville, & FEmpereur fut obligé de faire distribuer de la bouillie aux pluspauvres. Un Docteur- ayant dit qu’on auroit pu éviter la famine, si l’on

n’avoit

(«) Gaubil, p. 71—73*

(*) Ce ne furent pas des accidens, mais la faute de l’Empereur des Kins, qui renouveilala guerre. Ce qui fait voir que ia prétendue humiliation & son affection affectée pourses sujets, n’étoient qu’hypocrísie toute pure. Auffi-tôt que le péril qui le menaçoit eutcessé, il oublia le passé, & irrita son redoutable ennemi par de nouvelles injustices.