DANS LE MOGOLTSTAN. Liv. V. Chat*. I. 413
Pu-cha-quen , enhardi par ce succès, fit enfermer l'Empereur dans une sai- A, D J.C.1 s avec quelques domestiques. Sheu dit alors en pleurantá ceux qui écoietu i:ì 33-avec lui: „ Que les Dynasties nedur.net t par toujours,&queles Roisn’é- fôfals*t, toient pas exempts d u tribut qu’il faut payer à la mort. Jt ajouta qu’il KhanV.
„ avoit un grand rugret de n’avoir pus ,u dieu choisir les Officiers, & de Empereur,, fe voir renfermé par un Esclave qu il avoir corb'é d honneurs”. Trois desìAo-fideles sujets de i’Empenur firent Consentir ce Pnr.ce à se défaire de ce ë o1s -Traître à quelque pnx que ce íût. ils consciUcrcut à Shcu de le mander ~pour le consulter , s’il convenoi' de transporter ,a Cour à. Ijay-cheu , àprésent Ju-nlng-fu dans ie rionan: quand 11 entra dans la chambre, un desOfficiers lui donna un coup de sabre dans le côté ; lTmpereur lui-mêmelui en porta un autre; & comme Pu-cha-qaen voulost encore prendre la fui-te, celui qui lui avoit donné le premier coup le poursuivit & le tua. Ce-la se passa en Juin. Les troupes à la nouvelle de fa mort prirent les ar-mes, mais l’Empereur en personne sortit pour les apparier, & leur renditcompte de ce qui venoìt de íe passer. _ •
En ce tems-là le Général Tachar prit fur les Kins la ville de Loyang ou prise dePho-nan-fu , où commandoit le brave Kyang-shin. Voyant, après des efforts Loyang,incroyables qu’il ne pouvo.t pas tenir , il prit une troupe des soldats d’éìi- & fidélité'te, A tenta de se faire jour au tra\ers de l’armée des Mongols , mais il f* Gou 'fut pris avec ses soldats, Tachar , qui avoit conçu une haute idée de ce veineur ‘Capitaine , lui proposa de se tourner du côté du Nord , & de se proster-ner pour saluer s Empereur (Jcìay , en lui promettant les premieres Char-ges militaires ; il le refusa constamment. Les soldats le prirent par force& lui firent tourner le visage vers la Tartane , mais auffi-tôt il sc retour-na vers le Sud pour saluer «'Empereur des Kins son Maître. Tachar, le vo-yant inflexible, le fit mourir. L’Histoire de la Chine comble d’éloges ivyctng-shin , & un autre Officier nommé Tse-lye , qui commandoit avec lui. ì esMongols prirent le fils du dernier à lyen-king, & le menerent devant Lo-yang pour obliger son pere à se rendre ; mais TJe-lye ne répondit que parune grêle de fléchés. Ayant appris la trahison de Tjû-íi, il en fut iì vi-vement touché , qu’il perdit sur le champ la parole, & mourut peu detems après.
Après la mort de Pu-cha-qucn , l’Empereur Sheu laissa des troupes & un L'Kmpe-Gouverneur à Ouey-tc-fu , &. parut pour Ju-ning-fu avec quatre-cens per- reur T re ‘sonnes (*). Quand il arriva à Pocheu , ville á trois ou quatre lieues de ^fÍT"Qucy-îc-fu, qui est à-prescnt détruite, les Peuples en pleurant le mirent à mn ®genoux pour le recevoir. L’Empereur d’un air modeste leur dit, „ qu’iis„ ne dévoient faire aucun cas de lui > mais qu’ils dévoient se souvenir des„ obligations qu'ils avoient à ses ancêtres”. Le peuple versant des lar-mes , cria à haute voix Tan-sui , c'est-à-dire dix-mille ans. C’est un desnoms que les Chinois donnent à leurs Empereurs, & par ce cn le Peupletémoignoit le désir qu’ií avoit de voir régner encore iong-tems ce.Prince.
L’Em-
(*) L'Anglois porte rintre-mille, mais sa! cru être en droit de le corriger fur l’auto-tité du E. (Jaubti <$. de Mr. de Guignes , H.ít, Gén. des Huns T. I 1 L p. yi. Hem. bu Tjlad.
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