A. D. J. C.
1233 -
Le régné
d 'OcbiyKhan (LEmpereurdes Mo-gols,
Tfû-Ii li-vre f Im-pératrice& les Rei-nes.
Jì est dé-pouillé detout.
Relie ac-tion de Pu-cha-quen.U ejt tué.
4x2 SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHAN
quiesça à tout ce qu’il voulm, & laissa s autorité eiTre ses mains.
Cependant T/ûli continuoit à faire le meme rô ! e à Pycnking ; il exerç*mille cruautés pour tirer de l’argent des particuliers; la miscre étoit extrê-me, & en huit jours il mourut un million de persoaq.es. Au mois d’Avrilil se saisit de tous les Princes & de toutes les Princesses du Sang, d’ungrand nombre d’Officiers ,de Médecins, d’Ouvriers en foie & autres arti-sans ; il fit tirer du Palais tous les Ornemens Royaux , les bijoux, les pierre-ries ; & mit ensuite fur trente-scpt chariots i’Impératricemere ,1’impératricerégnante, les Reines & toutes les autres femmes du Palais, & alla présenterle tout à SMpyWjjqui-fit mourir tous ceux qui étoient de la Famille Impé-riale, & envoya à Holin,ou Karakorom, les Impératrices, les Reines &leurs Suivantes. II demanda en même tems à Otìay la permission de fairemourir tous les habitans de Pyenking, pour venger la mort de tant demilliers de Mongols, qu’il avoit perdus devant cette ville en 1232: maisTelu Cbutfay s’y oppola , en dilant qu’on n’avoit pas combattu si long-tems pour n’avoir qu’un désert. L’Empereur ordonna donc à Suputay defaire mourir les Princes du sang , & de donner la vie au reste (*;. Cetordre sauva la vie à quatorze-cens-mille familles, en comptant les habitans& ceux qui s’étoient réfugiés de dehors dans la ville (f).
Tsûli ayant su que Suputay se disposoit à-entrer dans la ville , fit prépa-rer toutes choses pour son entrée ; il le reçut à la porte & le conduisit auPalais. En revenant chez lui il fut bien surpris de trouver fa maison rem-plie de soldats Mongols , qui la pillèrent , & lui enlevèrent tous ses tré-sors. U\ eut beau fe plaindre & répandre des larmes » personne ne l’écou-ta,& Suputay lui-même ne fut pas fâché de voir punir un traître à fa pa-trie. Retournons à présent à Quey-te-su pour voir ce qui s’y passoit.
Au mois de Mai l’Empereur des Kins proposa à Pu-cha-quen de surpren-dre le camp des Mongols , où cotnmandoit Te-mû-tay , en feignant de vou-loir traiter avec eux au sujet de símpératrice mere, qu’ils tenoient pri-sonnière. Pu-cha-quen , qui ne manquoit ni d’adresse ni de valeur, prit sibien ses mesures pendant que les Mongols étoient occupés du Traité qu’onleur proposoit, qu’une nuit avec quatre- cens soldats choisis il tua les gar-des avancées , pénétra dans leur camp , tua ou précipita dans la rivieretrois-mille-cinq-cens hommes , mit le feu au camp, & fe retira fans avoirperdu un seul homme. J c-inû-tay surpris ainsi, eut de la peine à fe sauver (a).
P*-
(s) Gaubil, p. 78 & suiv.
(*) st ordonna ausïï qu’on ne feroit plus de ces massacres généraux.
(f) Ces nombres paroissent excessifs, & queique peuplée qu’on nous représente la Chi-ne, il est difficile de concevoir qu’une seule ville ait contenu huit ou neuf millions d’a-mes. En comptant les quatorze-cens-mille familles, í’une portant !'autre, à raison de cinqpersonnes, calcul bien modéré, cet article seul fait sept millions. Un million avoit péride misere, fans parler de ceux qui avoient été tués dans les combats qui dévoient selonce qu’on dit, bien monter aussi à un mission, en voilà neuf. Tout cela sent furieusementl’byperbole. Comparez avec le récit de nos Historiens les Extraits tirés des Manuscrit*de- M M. Gal'aad & Vtidehu., dans le Ah,.v. Diàtonn Hifi. fc? Qít. de Mr. De Cóaufepié,T. Us- Arc. Octal K.ban. Rem. [C], Rím, du Txap.