424 SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHAN
A.D.J.C. qui se trouvèrent auprès à'Ugaday , le reprirent de ce qu’il ofoit encorfi1241. importuner le Khan, après en avoir reçu déja tant d’argent; disant qu’ilètoit injulte d’en donner tant à un seul homme, & que de la maniersKhan \ ciout il y alloit, tout ce qu’on pourroit lui donner ne dureroit gueres. LeEncreur Khan ayant pris occasion là-dessus de s’informer de ce qu’il faisoit de soneies Mo. argent, & ayant appris qu’il l’employoit à se bien habiller & à se bieng°l*. nourrir, il témoigna qu’il ne voyoit pas qu’il y eût-là dequoi tant gronderce Don-horame, & lui fit donner en même tems encorecinq-cens Dinars,en lui recommandant d’en être un peu plus ménager qu’il ne l’avoit étédes mille autres.
Exemples Un homme de la Tribu des Virats, qui haïssoit extrêmement les Maho-d* fa Jus- xnétans, vint trouver Ofikay pour lui dire que Jenghiz Khan lui étoit ap-tkt ' paru en songe, & lui avoit commandé d’aller ordonner de fa part à sonfils, de faire passer au fil de l’épée tous les Mahométans qui se trouvoientdans ses Etats. Le Khan lui demítnda si Jengbiz Khan lui avoit parlé enpersonne, ou par un truchement? fur quoi cet homme lui ayant assure1 qu’il lui avoit parlé en personne , le Khan lui demanda s’il savoir doncparler la LangueMogole? le Virât répondit que non. Ugaday lui dit alors,Mon pere ne pariait aucune Langue que ceile des Mongols , comment oses tudonc venir me dire qu il t'a parlé , vu que tu ne Jais pas la Langue qu il parloit,& que lui ne fait pas celle que tu partes. Après savoir de cette maniéréconvaincu de mensonge, il commanda que sur le champ on punît de mortson effronterie.
Une autre fois Ugaday ayant fait publier une défense de tuer à l’avenirles moutons d’une autre maniéré que par un coup de couteau dans la poi-trine, il arriva qu’un Mahométan ayant un jour acheté un mouton, luicoupa la tête en cachette. Un Mogol, soupçonnant son dessein, fur cequ’il lui avoit vu fermer soigneusement sa porte, s’avisa de monter sur letoit de la maison, & ayant été spectateur de faction du Mahométan, ilalla le saisir au collet, & le mena bien garotté au Khan, qui après avoirmûrement pesé faffaire, ordonna de faire mourir le Mogol & de mettre leMahométan en liberté , par la raison que ce dernier ayant pris toutes lesprécautions possibles pour n’être vu de personne, avoit satisfait à l’Ordon-’ nance, mais que le premier avoit contrevenu aux Loix en montant fur letoit de la maison de son voisin à son infu (â).
CHA-
(a) Abu'lghazì Khan , p. 370-374.