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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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426 SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHAN

Section „ voir sa maison vengée des maux qu’elle avoit soufferts de celîe desKins”?

1. Chu-tsay lui répondit, qu en honneur il étoit obligé d'être sensible au malheurRégence des Princes } dont il avoit reçu beaucoup de biens & d’bonneurs. Ensuite, deve-kona° lye * nu premier Ministre du Khan, il ne pensa qu’aux moyens de rendre le re-' g-ne de ce Prince glorieux. II s’appliquoit sans-cesse à lui inspirer, de-mê-me qu’à ses enfans & aux Mongols en général, de l’aversion pour le carna-ge & le pillage , & de l’amour pour les Peuples & pour la Police de l'E-tat ; & on ne sauroit assez louer les efforts qu’il fit pour réformer lesmœurs & le naturel des Mongols. U fut leur premier Maître & commeleur Législateur ; il dressa pour eux un Calendrier , qu’il perfectionna enPerse, après les Conférences qu’il eut avec les Mathématiciens de ce Pays-là.Ses «ran- ^elu étoit très - habile dans les Sciences Chinoises & dans l’Histoire, &da con- ‘ il avoit dans un degré éminent les qualités d’un grand Ministre , une fer-noíffances, meté inébranlable , une présence d’esprit extraordinaire , une vaste con-noissance des Pays soumis à son Maître , du discernement dans le choixdes sujets , des ressources assurées pour avoir toujours dans le besoin degrandes sommes d’argent «St des provisions, un zele plein de désintéresse-ment pour le service de son Prince, & il sacrifia constamment ses intérêtspersonnels à ceux de l’Etat. II fit de grandes dépenses pour attirer chezles Mongols des Ouvriers, des Officiers & des Ingénieurs de tous les Pays.A la prise de Ning-bia les Mongols commirent de grands désordres dans lepillage de la Ville & du Palais du Roi; Chu-tsay prit pour lui des Cartesde Géographie, des Livres, des Peintures, & plusieurs balots de Rhu-barbe , dont il se servit avantageusement dans la fuite pour guérir les sol-dats d’une fievre maligne & d’autres maladies dont ils furent attaqués,& par ce moyen il leur sauva la vie.

Son zele H avoit un grand zele pour l’avancement des Sciences: il sauva la vie àpour r a- des milliers de Lettrés Chinois, «St fit bâtir des Colleges, où l’on enseignoicvancement au x Mongols l’Histoire , la Géographie, l’Arithmétique & l’Astronomie.des Saen- jj g t ven j r à Pays des Igûrs, d’Arabie, de Perse, «St d’autres lieux occi-KU dentaux, quantité d’habiles gens, & fit traduire beaucoup de Livres. Onne finiroit point, si l’on vouloir faire le détail de toutes les grandes cho-ses que ce sage Ministre fit pour la gloire de son Maître & pour le bon-heur des Peuples. Rien de mieux conçu que les Réglemens qu’il fit pourles Douanes, le Commerce, les Greniers publics & la Subordination desOfficiers tant Civils que Militaires. La férocité naturelle des Mongols,leur ignorance, & la maniéré dont ils avoient été élevés apportèrent degrands obstacles à l'exécution des desseins de Telu. 11 parvint cependant àfaire abolir la coutume de choisir en certains tems les plus belles filles pourle Palais de l’Empereur. II étoit lui-même irréprochable , & il inspira àses fils & à ses petits-fils, qu’jl se fit un devoir d'élever , le même amourpour la Vertu & pour les Sciences. Un de ses fils fut en particulier très-habile , & composa sur les mémoires de ion pere l’Histoire des Kins &des Leao ( a ).

Après

(a) Qaubil , Hist. de Gentchise. p. ioi & suiv.