426 SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHAN
Section „ voir sa maison vengée des maux qu’elle avoit soufferts de celîe desKins”?
1. Chu-tsay lui répondit, qu en honneur il étoit obligé d'être sensible au malheurRégence des Princes } dont il avoit reçu beaucoup de biens & d’bonneurs. Ensuite, deve-kona° lye * nu premier Ministre du Khan, il ne pensa qu’aux moyens de rendre le re-' g-ne de ce Prince glorieux. II s’appliquoit sans-cesse à lui inspirer, de-mê-me qu’à ses enfans & aux Mongols en général, de l’aversion pour le carna-ge & le pillage , & de l’amour pour les Peuples & pour la Police de l'E-tat ; & on ne sauroit assez louer les efforts qu’il fit pour réformer lesmœurs & le naturel des Mongols. U fut leur premier Maître & commeleur Législateur ; il dressa pour eux un Calendrier , qu’il perfectionna enPerse, après les Conférences qu’il eut avec les Mathématiciens de ce Pays-là.Ses «ran- ^elu étoit très - habile dans les Sciences Chinoises & dans l’Histoire, &da con- ‘ il avoit dans un degré éminent les qualités d’un grand Ministre , une fer-noíffances, meté inébranlable , une présence d’esprit extraordinaire , une vaste con-noissance des Pays soumis à son Maître , du discernement dans le choixdes sujets , des ressources assurées pour avoir toujours dans le besoin degrandes sommes d’argent «St des provisions, un zele plein de désintéresse-ment pour le service de son Prince, & il sacrifia constamment ses intérêtspersonnels à ceux de l’Etat. II fit de grandes dépenses pour attirer chezles Mongols des Ouvriers, des Officiers & des Ingénieurs de tous les Pays.A la prise de Ning-bia les Mongols commirent de grands désordres dans lepillage de la Ville & du Palais du Roi; Chu-tsay prit pour lui des Cartesde Géographie, des Livres, des Peintures, & plusieurs balots de Rhu-barbe , dont il se servit avantageusement dans la fuite pour guérir les sol-dats d’une fievre maligne & d’autres maladies dont ils furent attaqués,& par ce moyen il leur sauva la vie.
Son zele H avoit un grand zele pour l’avancement des Sciences: il sauva la vie àpour r a- des milliers de Lettrés Chinois, «St fit bâtir des Colleges, où l’on enseignoicvancement au x Mongols l’Histoire , la Géographie, l’Arithmétique & l’Astronomie.des Saen- jj g t ven j r à Pays des Igûrs, d’Arabie, de Perse, «St d’autres lieux occi-KU dentaux, quantité d’habiles gens, & fit traduire beaucoup de Livres. Onne finiroit point, si l’on vouloir faire le détail de toutes les grandes cho-ses que ce sage Ministre fit pour la gloire de son Maître & pour le bon-heur des Peuples. Rien de mieux conçu que les Réglemens qu’il fit pourles Douanes, le Commerce, les Greniers publics & la Subordination desOfficiers tant Civils que Militaires. La férocité naturelle des Mongols,leur ignorance, & la maniéré dont ils avoient été élevés apportèrent degrands obstacles à l'exécution des desseins de Telu. 11 parvint cependant àfaire abolir la coutume de choisir en certains tems les plus belles filles pourle Palais de l’Empereur. II étoit lui-même irréprochable , & il inspira àses fils & à ses petits-fils, qu’jl se fit un devoir d'élever , le même amourpour la Vertu & pour les Sciences. Un de ses fils fut en particulier très-habile , & composa sur les mémoires de ion pere l’Histoire des Kins &des Leao ( a ).
Après
(a) Qaubil , Hist. de Gentchise. p. ioi & suiv.