DANS LE MOGOLISTAN. Liv. V. Chap. II. 427
Après la mort de ce grand homme ses ennemis proposèrent à Toìyekonade faire examiner ses biens, mais cette recherche les couvrit de confusion.On trouva peu d’argent, beaucoup de Livres écrits de fa main fur THis-toire, l’Astronomie, s Agriculture, le Gouvernement & le Commerce,des Médailles, des Instrumens de Musique, d’anciens Livres, des Inscrip-tions antiques gravées fur des pierres, du marbre ou fur des métaux. Dansces voyages il avoit eu grand foin d amasser ces curiosités, au-lieu des ri-chesses immenses qu’il auroit pu acquérir. Chu-tsay eut beaucoup d’en-vieux, mais l’Histoire lui a rendu justice, & les Mongols lui donnent en-core les plus grands éloges. On voit des restes de Ton tombeau à quel-ques lieues au Sud-Ouest de la ville de Peking, & l’Histoire Chinoise desMongols rapporte assez au long la vie de ce grand Ministre. Revenonsaux affaires des Mongols.
En 1241 les Généraux des Song avoient repris Ching-tû-fu, Capitale duSe-cbuen , y avoient laissé pour Gouverneur un bon Officier nomméChin-long-chi. Mais Wang-shi-hyen (*), ayant eu ordre du Général Tabayde f assiéger, il fut trahi par un Officier qui livra la ville, après queCbin-long-cbi se fût défendu dix jours avec beaucoup de valeur. II fut pris& mené fur un chariot devant Han-cheu, ville du même district, pourobliger le Gouverneur à se rendre : mais aussitôt qu’il apprit de quoi il s’a-gissoit, il cria à haute voix qu’il falloit mourir plutôt que de lé rendre ;ces mots lui coûterent la vie. Trois-mille hommes firent une sortie surles Mongols, mais ayant été enveloppés, ils furent pâlies au fil de J’épée.Dans le même tems Tue-lima-tse, Seigneur étranger, mais distingué parfa fidélité, fut envoyé avec une fuite de soixante-dix personnes aux Songpour faire des propositions de Paix. Mais en passant par le Hu-quang,l’Officier qui commandoit à Cbang-sha , l’arrêta, &n’ayantpu l’engagerni par promesses ni par menaces d’entrer au service des Song, il le fit en-fermer dans une Forteresse, où il mourut peu de tems après , âgé de tren-te-six ans. L’Empereur Hûpilay ou Knblay Khan récompensa depuis la fi-délité de ce Seigneur en la personne de son fils.
Au commencement de Tannée 1242, Meng-kcng apprit qu’une nombreu-se armée de Mongols, commandée par un grand Seigneur de cette Nation,nommé Yeko Noyen, & par un Prince Kitan qui s’appelloit Telu-ko , avoitpassé par Si-gan-fu Capitale du Chen-Jì , & étoit entrée dans le Se-cbuen ,où elle faisoit le siégé de Lu-cheu. Toujours attentif à garder le Hu-quang ce Général fit examiner la frontière, & ayant trouvé une des vil-les qui n’étoit pas munie selon ses ordres, il fit trancher la tête au Gou-verneur. Cet exemple de sévérité rendit vigilans les autres Officiers, &les Song auroient été heureux, si tous leurs Généraux eussent été du ca-ractère de Meng-kong ( a ).
Le Prince Gan-cbi-tay , qui commandoit à Tfi-nan-fu, eut ordre en 1244
d’al-
(«) Idem, p. 88 & siiiv.
(*) C’est celui qui étoit Gouverneur de Kon-chang , & qui se rendit á Kotovan , com-oa l’a rapporté. II mourut peu de tems après Yelu-ebu-tsay } fort regretté, Gaubil.
Hhh 2
Sectiok
I.
Régencetle Tolye-kona.
Son désin-téresse-ment .
Bravoured'un Gou-verneur.
ia/jr.
Vigilancede Menjj-kong.
Quey-yeuest eiéclarí
Khan,